À Kaffrine, la santé communautaire gagne du terrain. À Nganda et Kélimane, les agents de santé communautaire (ASC) multiplient les visites auprès des ménages pour rapprocher les services de santé des populations. En août, 884 visites à domicile ont été effectuées par les équipes accompagnées par la Foundation for a Healthier Senegal (FOHSEN), avec 809 patients évalués.
Derrière ces chiffres se dessine une stratégie de proximité qui consiste à aller chercher le patient au sein même de sa communauté plutôt que d’attendre qu’il franchisse les portes d’une structure sanitaire. Grossesses, santé des enfants, vaccination, orientation des malades et suivi après référence constituent les principaux axes de cette intervention.
L’un des faits marquants du mois d’août concerne le suivi des femmes enceintes. Leur nombre est passé de 246 en juillet à 350 en août, soit une progression de 42,3 %. Une évolution qui illustre la place croissante accordée au suivi prénatal dans les activités communautaires.
« Ces résultats traduisent une activité communautaire soutenue au niveau des deux postes de santé, notamment dans le suivi des femmes enceintes », explique Ibou Ndao, point focal de FOHSEN à Kaffrine.
Au-delà de l’orientation, assurer le suivi du patient
À Nganda, 540 visites à domicile ont été réalisées en août. Les ASC ont ainsi assuré le suivi de 114 adultes, 146 enfants et 229 femmes enceintes.
Mais c’est surtout le suivi des patients après leur orientation vers une structure sanitaire qui retient l’attention. Alors que le nombre de patients référés est passé de 94 à 57 entre juillet et août, le taux de suivi post-référence a fortement progressé, passant de 18,1 % à 52,6 %.
Cette progression de 34,5 points de pourcentage met en évidence un enjeu essentiel de la santé communautaire : l’orientation vers une structure de soins ne constitue pas la fin du parcours. Le retour vers le ménage permet aux ASC de vérifier la prise en charge, d’identifier d’éventuelles difficultés et de maintenir le contact avec le patient.
« L’amélioration du suivi post-référence à Nganda est un indicateur encourageant. Elle montre l’importance du suivi des patients après leur orientation vers une structure de santé », souligne Ibou Ndao.
À Kélimane, la dynamique se poursuit
À Kélimane, les équipes ont également renforcé leur présence sur le terrain. Le nombre de visites à domicile est passé de 309 en juillet à 344 en août.
Ces interventions ont permis de suivre 82 adultes, 117 enfants et 121 femmes enceintes. Les patients référés vers le centre de santé sont, eux, passés de 64 à 68. Le taux de suivi post-référence s’est établi à 36,8 %, contre 37,5 % le mois précédent.
La progression du nombre de visites traduit ainsi une volonté de maintenir un contact régulier avec les ménages, notamment pour les catégories nécessitant une attention particulière.
La vaccination au cœur de la prévention
Le travail des ASC ne se limite pas au suivi des malades. Les visites à domicile constituent également une occasion de contrôler la situation vaccinale des enfants et de détecter d’éventuels retards.
Dans les deux zones d’intervention, 88,2 % des enfants suivis ont présenté leur carnet de vaccination. Parmi les carnets examinés, 98,3 % des enfants étaient à jour pour le BCG et 86,6 % pour le Penta3.
Ces données mettent en évidence le rôle des agents communautaires dans la prévention, notamment par l’identification précoce des enfants susceptibles d’avoir besoin d’une mise à jour vaccinale.
Des agents au plus près des ménages
Cette approche de proximité s’inscrit dans le modèle de soins communautaires développé avec l’appui de FOHSEN. L’organisation avait déjà mis en avant, à Nganda, une approche fondée sur l’information, la sensibilisation et l’orientation des populations à travers les visites à domicile et les activités communautaires.
À l’échelle des deux postes de santé, 15 ASC sont actifs. Selon les données communiquées, 86,7 % d’entre eux ont atteint leur objectif mensuel de visites à domicile.
Pour Ibou Ndao, ces indicateurs montrent l’importance du travail réalisé directement auprès des familles, notamment dans l’identification précoce des besoins et l’orientation des patients.
À Nganda comme à Kélimane, les ASC apparaissent ainsi comme un maillon de proximité entre les ménages et les structures sanitaires. Avec leurs visites, ils contribuent à maintenir le contact avec les patients, à accompagner les femmes enceintes, à surveiller la vaccination des enfants et surtout à éviter que l’orientation vers un centre de santé ne marque la fin du suivi.
Mouhamed Moustapha Camara Correspondant à Kaolack.
