La commune de Fatick a vécu, ce samedi 31 octobre 2026, au rythme de la solidarité et de la santé préventive. Sous la houlette d’Abdoulaye Ndiaye, la structure «Jeunesse And dolel Kamah» a marqué les esprits en organisant une grande journée de dépistage gratuit et un panel d’experts axé sur la sensibilisation contre le cancer du sein et du col de l’utérus. Un événement fort, abrité par le centre de santé de la localité, qui rappelle que la lutte contre ces pathologies ne doit souffrir d’aucun répit.
Une urgence de santé publique au cœur des priorités nationales
Au Sénégal, le cancer du col de l’utérus demeure le deuxième cancer le plus fréquent chez la femme. Face à la gravité de cette maladie et à la recrudescence des cas, les pouvoirs publics ont érigé la lutte contre les cancers féminins en priorité absolue de santé publique. Cette stratégie nationale repose sur un triptyque fondamental : la prévention par la vaccination, le dépistage précoce et la prise en charge adaptée des malades.
Dans cette dynamique, le vaccin contre le papillomavirus humain (HPV), principal responsable du cancer du col de l’utérus, a été intégré au Programme élargi de vaccination (PEV). Une bouffée d’oxygène, ciblant spécifiquement toutes les jeunes filles âgées de 9 à 14 ans.
Pourtant, le défi reste immense. Comme l’a rappelé l’un des messages forts de la journée, le cancer du col de l’utérus est aussi fréquent que mortel. Son traitement, particulièrement lourd et onéreux, ne garantit pas toujours la guérison, en particulier lorsque la maladie est diagnostiquée à un stade avancé.
Des voix unies pour briser les barrières
La mobilisation des autorités locales, des professionnels de la santé et de la société civile a permis de porter un message d’espoir, mais aussi d’appel à l’action.
Mme Diouf, porte-parole de l’amicale des femmes du district sanitaire de Fatick, a insisté sur l’arme précieuse que représente la prévention moderne : «Nous demandons aux parents de faire vacciner leurs filles, car elles ont aujourd’hui la chance que nous n’avions pas à notre enfance. Je salue le dynamisme de notre amicale au service de la santé et des populations.»
Venu représenter le directeur régional de la santé de Fatick, Pape Beydi Niang responsable des ressources humaines de la DRS a souligné quant à lui que malgré la menace de ces deux fléaux, «leur prévention, leur dépistage précoce et une prise en charge rapide permettent de réduire considérablement leurs conséquences sur la vie des femmes.»
De son côté, Saydou Diallo, directeur de l’Unité départementale de l’assurance maladie de Fatick (UDAM), a invité les populations à rejoindre la mutuelle pour sécuriser l’accès aux soins, qualifiant cette journée d’opportunité unique pour s’informer. La rencontre a également enregistré les interventions de Souleymane Lo, coordonnateur du parti Tabax, réaffirmant l’attachement de M. Boubacar Camara au bien-être des femmes, ainsi que de Maty Ba, s’exprimant au nom des bajenu gokh.
Bilan d’Octobre Rose : Des chiffres qui interpellent
Le point culminant de cette journée a été l’exposition des données de terrain présentées par Dr Niakhna Ndiaye, responsable de la santé et de la reproduction au district sanitaire de Fatick. Le bilan des activités d’Octobre rose témoigne de la forte demande mais aussi de la réalité de la menace. Durant ce mois de sensibilisation, Fatick a enregistré les statistiques suivantes. Pour le dépistage du col de l’utérus, 662 femmes ont été examinées, révélant 32 cas de cols suspects. Concernant le dépistage du sein, 10 cas de nodules mammaires ont été détectés. Pour la vaccination HPV, 351 jeunes filles sont immunisées. Le district sanitaire de Fatick a réussi pour la
planification familiale (PF) à prendre en charge 220 femmes.
Des chiffres alarmants mais salvateurs, commentés par Dr Rougy Diallo, chef du service de gynécologie à l’hôpital régional Marieme Faye Sall de Fatick : « Au-delà du ruban rose, nous avons une pensée pieuse pour les femmes emportées par la maladie, pour celles qui sont guéries et pour toutes celles qui vivent et luttent au quotidien. Je lance un appel pressant à toutes les femmes pour qu’elles adoptent le dépistage de routine et pratiquent l’auto-palpation des seins dix jours après l’apparition des règles. »
Pour Abdoulaye Ndiaye de la jeunesse And Dolel Kamah “Le dépistage est tout simplement acte de courage et de vie. Le principal allié de la maladie, c’est le silence et la peur. Souvent, la peur du diagnostic l’emporte sur l’espoir de la guérison. Pourtant, un examen de routine qu’il s’agisse d’une mammographie ou d’un frottis cervical ne prend que quelques minutes, mais il peut sauver une vie entière.
Se faire dépister, ce n’est pas seulement prendre soin de soi. C’est un acte d’amour envers ses enfants, son conjoint, ses parents et toute notre communauté”.
Recommandations et perspectives : Vers un engagement permanent
Au terme de cette journée riche en échanges, plusieurs recommandations majeures ont été formulées à l’attention des différents acteurs. Les femmes sont appelées à fréquenté régulièrement les structures sanitaires, a participé activement aux campagnes de dépistage et consultez sans délai devant le moindre signe inhabituel. « N’ayez ni peur ni honte de vous faire dépister. » a martelé Pape Beydi Niang.
Les professionnels de santé doivent renforcer les activités de sensibilisation, de dépistage, d’orientation et de suivi, tout en garantissant un accueil respectueux et confidentiel.
Les professionnels de santé demandent aux vaillantes Bajenu Gox de poursuivre la sensibilisation de proximité, à combattre les préjugés tenaces et à continuer d’encourager les femmes à franchir les portes des structures de santé. Pour terminer, les autorités et partenaires eux sont priés de maintenir et renforcez le soutien aux initiatives de prévention et de prise en charge des cancers du sein.
La grande leçon de cette mobilisation à Fatick est limpide. Pour la jeunesse And Dolel Kamah,la lutte contre les cancers féminins ne doit en aucun cas se limiter au mois d’octobre. Elle doit s’imposer comme un combat de chaque instant, un engagement permanent pour sauver des vies.
Glissant dans la politique la jeunesse And Dolel Kamah a demandé à Boubacar Camara de descendre à Fatick et de s’enquérir des difficultés de la commune.
Abdou Salamata DIOUF
Correspondant à FATICK
