SAINT-LOUIS – La Commission régionale de gestion des frontières (CRGF) de Saint-Louis a tenu, mardi 14 juillet 2026, sa réunion ordinaire sous la présidence du gouverneur, Al Hassane Sall. Les travaux ont été marqués par la présentation de la Politique nationale de gouvernance des frontières (PNGF) et la validation du plan d’action annuel de la commission.
Une feuille de route à l’horizon 2034
Présentant le document, Mountaga Diallo, consultant auprès de la Commission nationale de gestion des frontières, a rappelé que cette politique découle d’une recommandation de l’Union africaine invitant les États membres à se doter d’un cadre stratégique de gouvernance des frontières.
Élaborée selon une approche participative, cette politique vise à améliorer la connaissance des frontières du Sénégal tout en renforçant les conditions de vie économiques, sociales et sécuritaires des populations vivant dans les zones frontalières.
À l’horizon 2034, l’ambition est de disposer de frontières clairement identifiées, reconnues, sécurisées et propices à un développement durable, dans un climat de paix et de stabilité.
La politique repose sur six axes stratégiques : la délimitation et la démarcation des frontières ; le renforcement de la gouvernance sécuritaire ; la coopération transfrontalière ; le développement des zones frontalières ; la gestion des mobilités, des migrations et du commerce transfrontalier ; enfin, le renforcement des capacités des acteurs intervenant dans ces espaces.
Une région aux quatre types de frontières
Selon Mountaga Diallo, Saint-Louis présente la particularité de cumuler quatre types de frontières : une frontière aérienne avec l’aéroport Ousmane Masseck Ndiaye, une frontière fluviale matérialisée par le fleuve Sénégal, une frontière maritime avec la Mauritanie et une frontière terrestre de 2,5 kilomètres dans la zone de Gokhou Mbacc.
S’agissant de la frontière terrestre, il a indiqué qu’elle est déjà matérialisée depuis les travaux de la commission mixte sénégalo-mauritanienne de juin 1971. En revanche, les frontières fluviale et maritime restent insuffisamment délimitées.
Pour le consultant, l’un des principaux défis de la politique nationale consiste à achever ce processus de matérialisation afin de prévenir les tensions récurrentes entre les communautés sénégalaises et mauritaniennes.
Le gouverneur insiste sur la sécurité et l’implication des communautés
Le gouverneur Al Hassane Sall a rappelé que la gestion d’une région frontalière exige une approche spécifique en raison des nombreux enjeux qui y sont liés.
Selon lui, les zones frontalières sont confrontées à des défis tels que les trafics illicites, les flux migratoires, les échanges commerciaux transfrontaliers et parfois des conflits.
Face à ces réalités, il a souligné la nécessité d’impliquer davantage les communautés, de renforcer les infrastructures, de promouvoir le développement territorial et de consolider le dispositif sécuritaire à travers l’action coordonnée des forces de défense et de sécurité, de la douane et des services sociaux de base.
«Nous faisons nôtre cette politique et, avec l’ensemble des acteurs, nous veillerons à sa mise en œuvre afin de préserver la paix, de renforcer la sécurité et de favoriser la fluidité des échanges», a déclaré le gouverneur.
À l’issue de la réunion, les membres de la Commission régionale de gestion des frontières ont procédé à la validation du plan d’action annuel de la CRGF.
B. Diaw