À Diouroup, l’heure n’est plus aux discours sur les réalisations, mais aux comptes à rendre. Le responsable politique Mamadou DIOUF monte au créneau et somme la municipalité de lever le voile sur sa gestion, documents à l’appui.
Membre fondateur des Patriotes Républicains et consultant en administration territoriale, gouvernance publique et décentralisation, M. DIOUF rappelle d’emblée le sens qu’il donne à l’action publique : « La République n’est pas un espace pour se servir, mais un cadre institutionnel pour servir. » Pour lui, l’obligation des élus ne s’arrête pas à la communication sur les réalisations : « Bien servir, c’est aussi rendre compte de la manière dont les ressources publiques sont utilisées. »
Le responsable des Patriotes Républicains pointe du doigt une série de documents que la municipalité n’aurait toujours pas communiqués, malgré des demandes répétées : budgets primitifs et supplémentaires, comptes administratifs, comptes de gestion, procès-verbaux des délibérations du Conseil municipal, Programmes d’Investissement Annuels (PIA), listes des marchés publics attribués, ainsi que le Plan de Développement Communautaire (PDC).
« Notre démarche est simple : nous ne demandons pas seulement à voir ce qui a été réalisé, nous voulons comprendre comment cela a été réalisé », a-t-il affirmé, énumérant les questions qu’il juge essentielles : quel financement, quel montant, quelle procédure, quel prestataire, quel marché, quel niveau d’exécution, quels résultats pour les populations.
Selon lui, la visibilité d’un ouvrage ne suffit pas à en garantir la bonne gestion : « Une réalisation publique ne doit pas être seulement visible : elle doit être documentée, vérifiable et évaluable. »
M. DIOUF appelle ainsi la municipalité « à davantage de transparence et de redevabilité », estimant que la publication des documents administratifs et financiers permettrait à chacun « de se faire une appréciation objective de la gestion communale ».
Il tient toutefois à préciser que sa démarche ne vise personne en particulier : « Notre démarche n’est dirigée contre aucune personne. Elle est dirigée contre l’opacité et pour le droit des populations à l’information », insistant sur le fait que cette exigence doit valoir pour tous, « sans considération de bord politique ».
Sur le fond, le responsable politique rappelle que les ressources de la commune sont un bien collectif : « Les ressources de Diouroup appartiennent à la collectivité. Elles ne sont pas un gâteau à partager. »
Il conclut par un triptyque qui résume sa position : « Le peuple a le droit de savoir. Le citoyen a le droit d’être informé. Et celui qui gère au nom de la collectivité doit accepter de rendre compte à la collectivité », plaidant pour une gouvernance locale fondée sur « la transparence, la participation citoyenne, la redevabilité et l’intérêt général ».
Mamadou Lamine TOURÉ
