Pour briser les tabous et endiguer la recrudescence des tensions dans l’arrondissement, l’association Nguel Jamm a organisé 48 heures de sensibilisation à Niakhar. Cette initiative citoyenne vise à promouvoir une culture de paix et à responsabiliser la communauté face à des violences récentes qui ont fait plusieurs victimes parmi les jeunes.
Mobiliser la communauté pour briser le silence
Durant deux journées, les acteurs communautaires, les femmes, les jeunes et les leaders d’opinion se sont mobilisés autour d’un objectif commun : prévenir les conflits par le dialogue.
«Notre but est de promouvoir une culture de paix et de respect mutuel dans tout l’arrondissement de Niakhar», explique Souleye Diouf, président de l’association Nguel Jamm et par ailleurs proviseur du lycée Diogoye Basile Senghor de Fimela. Pour l’organisation, la lutte contre ce fléau exige l’implication directe des familles et de la société civile, au-delà de la seule action des pouvoirs publics.
Le président du Conseil consultatif de la jeunesse (CCJ) de Niakhar, Baye Sène, a fermement abondé dans ce sens : «La violence n’est jamais une solution. Elle divise les familles et compromet l’avenir de notre jeunesse. Nos divergences politiques, sportives ou associatives ne doivent jamais nous opposer»
Vers un cadre communal permanent de médiation
Pour inscrire cette dynamique dans la durée, le CCJ propose des solutions structurelles concrètes. Baye Sène plaide notamment pour la création d’un Cadre communal permanent de prévention et de médiation pour la paix.
Ce dispositif réunirait les autorités administratives, les chefs de village, les guides religieux, les groupements de femmes et les responsables des Associations sportives et culturelles (ASC). Sa mission consisterait à désamorcer les tensions, sensibiliser les 32 villages de la localité et former des « ambassadeurs de la paix » au sein des mouvements de jeunesse. Le CCJ préconise également l’adoption d’une charte communale de non-violence.
L’appui des autorités administratives
Cette forte mobilisation citoyenne a reçu un écho favorable auprès des autorités locales. Présent à l’événement, le sous-préfet de l’arrondissement de Niakhar, Moussa Ba, a salué la démarche et encouragé l’élaboration d’un plan d’action global. « Nous serons à vos côtés pour relever le défi de la non-violence dans notre arrondissement », a assuré l’autorité administrative.
À Niakhar, l’initiative de Nguel Jamm rappelle que la sécurité et la préservation de la cohésion sociale restent une construction quotidienne, portée par la responsabilité de chaque citoyen.
Abdou Salamata DIOUF, Correspondant permanent à Fatick.
