Invitée de l’émission “TEGUI TOUMA”, Mame Diarra Bousso NDIAYE a dénoncé l’abandon de Kaolack et les difficultés économiques du pays. La syndicaliste réclame des solutions urgentes pour les jeunes et une meilleure exploitation des atouts de la région.
Invitée de l’émission “TEGUI TOUMA”, Sokhna Mame Diarra Bousso NDIAYE, enseignante de formation à l’École Supérieure Appliquée, spécialiste en développement communautaire et syndicaliste au SADEF, chargée de communication du SADEF de Kaolack et membre du Bureau Genre chargée de la formation du réseau académique de l’IA de Dakar, s’est exprimée sur plusieurs sujets d’actualité. Présidente d’une association qui milite en faveur de l’éducation, de la santé, du social, de la culture et de l’environnement, elle est revenue en priorité sur les difficultés économiques que traverse le Sénégal.
En évoquant la conjoncture, Mame Diarra Bousso NDIAYE a tenu à relativiser. “On ne dira pas que c’est le Sénégal seulement qui est en difficulté mais le monde entier”, a-t-elle déclaré. Selon elle, des stratégies et mécanismes ont été posés sur la table pour apporter un soulagement aux populations. Elle pointe toutefois du doigt le “phénomène d’étranglement de la dette” qui pèse lourdement sur les économies africaines et complique l’atténuation des chocs. “En matière de vulnérabilité, l’Afrique est très touchée dans toutes les tranches d’âge et dans tous les secteurs d’activités”, a-t-elle souligné.
Pour elle, les autorités doivent impérativement agir. “Je peux dire qu’il peut y avoir une stratégie pour atténuer parce que souvent ce sont des problématiques que nous ne maîtrisons pas. Nos leaders doivent essayer de poser des stratégies. Même pas longtemps il y a eu la hausse du carburant. Un pays qui dispose de ressources naturelles, notamment le pétrole et le gaz, nos dirigeants doivent trouver des solutions”, a martelé l’invitée de “TEGUI TOUMA”. Elle estime que dans un pays doté de telles ressources, les populations devraient bénéficier de soins sanitaires abordables et d’un meilleur niveau de vie. “Normalement, tous les secteurs sont affectés. Nous avons besoin de solutions. Bref, des solutions urgentes, malheureusement en vain”, a-t-elle regretté.
Mame Diarra Bousso NDIAYE s’est aussi inquiétée de la perte de confiance des citoyens, particulièrement dans le secteur informel. “Actuellement, les “gorgolus ” n’ont plus confiance en personne. Ils ne savent plus sur quel pied danser, surtout dans le secteur informel”, a-t-elle poursuivi. Elle rappelle avoir travaillé, deux ans avant l’arrivée du nouveau régime, sur un document stratégique intitulé “la vie chère” avec 8 pays d’Afrique de l’Ouest. Ce document aurait été transmis aux secrétaires généraux et le président de la République les avait reçus. Si le premier gouvernement a posé quelques actes, elle juge le bilan insuffisant. “On continue d’alerter et le front syndical frappera fort si l’État ne respecte pas ses engagements”, a-t-elle prévenu.
S’agissant de la région de Kaolack, dont elle est originaire, Mame Diarra Bousso NDIAYE estime que sa position géographique est un véritable atout. Elle cite l’usine de la SONACOS et le port comme des opportunités dont l’exploitation reste à optimiser. Elle salue par ailleurs certaines initiatives en faveur de l’emploi des jeunes comme _Agri-Jeune_ et le PADES qui ont réalisé des actions concrètes. Pour elle, Kaolack doit viser la souveraineté dans l’agriculture, l’élevage et l’artisanat.
Elle dresse cependant un constat sévère sur la ville. “Depuis Abdoulaye Diack à nos jours, la ville est laissée à elle-même. On doit avoir des projets porteurs pour les jeunes”, a-t-elle conclu.
Propos recueillis par Moustapha NDIAYE
