France 24/AFP-De l’Angleterre à l’Italie, en passant par l’Espagne et l’Allemagne, les grands clubs européens n’ont pas lésiné sur les dépenses cet été. En revanche, en France, la Ligue 1 a été plus timorée, réalisant plus de ventes que d’achats.
La Premier League anglaise et ses transferts aux sommes parfois déraisonnables ont animé le mercato de l’été en Europe où des géants chancelants, comme le Real Madrid, l’AC Milan ou la Juventus ont recruté fort pour ne pas vivre de nouvelles déconvenues sportives. La Ligue 1, de son côté, n’a jamais autant vendu, subissant une cure minceur pour renflouer les caisses de ses clubs.
Angleterre : les plus gros transferts de l’été
La Premier League s’est encore muée en grande agitatrice du mercato estival, entre achats frénétiques de riches (Tottenham, Chelsea) et ventes copieuses sous contraintes financières (Newcastle, Aston Villa).
Au moins huit des dix plus gros transferts de l’été ont été réalisés par des clubs anglais. Chelsea arrive en tête avec Morgan Rogers, acheté à Aston Villa (138 millions d’euros), devant Manchester City et Elliot Anderson de Nottingham Forest (135 millions d’euros), puis Liverpool et le Parisien Bradley Barcola (125 millions d’euros si l’on exclut les bonus possibles).
Mais le record absolu pour un transfert en Premier League sera battu si Manchester City confirme l’achat de l’Argentin Enzo Fernandez à Chelsea, scellé mardi pour 145 millions d’euros selon la presse locale.
Par ailleurs, l’ailier international sénégalais Iliman Ndiaye, ancien joueur de l’OM, est passé mardi d’Everton à Manchester City – avec un contrat de cinq ans – pour 75 millions d’euros, bonus compris, selon les médias.
France : opération dégraissage
La tendance de cet été est nette : les 18 clubs de Ligue 1 ont bien plus vendu qu’acheter. Selon le site spécialisé Transfermarkt, ils ont en effet vendu pour près d’1,2 milliard d’euros et acheté pour un peu plus de 570 millions.
Les caisses des clubs de L1 se sont donc remplies. Elles en avaient bien besoin. La réalité économique du football français, dont la santé financière inquiète depuis quelques années notamment en raison de droits TV trop faibles pour soutenir l’économie du championnat, contraint de toute façon les clubs à se montrer de moins en moins dépensiers.
Mais tous ne sont toutefois pas logés à la même enseigne. Et évidemment, comme depuis plusieurs saisons, le Paris SG fait exception. Le club parisien enregistre la plus grosse part de ces transactions hexagonales, tout en parvenant au passage à récupérer un pactole non négligeable.
Double champion d’Europe, le club de la capitale a déboursé un peu plus de 150 millions d’euros pour faire venir de l’AS Monaco Maghnes Akliouche (50 millions d’euros), du FC Barcelone Ferran Torres (45 millions d’euros), de l’Ajax Amsterdam Mika Godts (45 millions d’euros) et d’Aston Villa l’international français Lucas Digne (7 millions d’euros).
Mais les ventes de Barcola (125 millions d’euros, Liverpool), Gonçalo Ramos (74 millions d’euros, AC Milan), Ibrahim Mbaye (55 millions d’euros, Aston Villa), Randal Kolo Muani (38 millions d’euros, Juventus) et Lee Kang-in (35 millions d’euros, Atlético) lui ont rapporté plus du double.
Au registre des départs, Lille s’est lui aussi pas mal débrouillé en cédant pour 100 millions d’euros le Marocain Ayyoub Bouaddi, 18 ans, sans doute l’un des futurs cracks du football mondial, transféré à Manchester City. Un beau coup financier pour le Losc, moins pour la L1. Plus globalement, si le championnat de France ressort bénéficiaire financièrement de cet été, il s’est clairement amoindri sportivement.
À l’image de l’Olympique de Marseille… Le club phocéen est au régime sec. Son propriétaire Franck McCourt n’a pas sorti son chéquier cet été. Les dirigeants marseillais, sous surveillance étroite de la DNCG, étaient contraints de vendre pour pouvoir acheter.
Mais l’OM s’est au final peu délesté, ne réalisant que deux ventes importantes, avec les départs de Mason Greenwood pour Fenerbahçe (39 millions d’euros) et de Facundo Medina pour Leverkusen (23 millions d’euros), en plus des départs de quelques gros salaires (Pierre-Emerick Aubameyang, Géronimo Rulli, Leonardo Balerdi).
Espagne : sept recrues pour le Real, le Barça frappe fort
Après deux saisons sans titre majeur, le Real Madrid s’est lancé dans une spectaculaire reconstruction, incarnée par le retour de José Mourinho sur le banc et plusieurs renforts estivaux. L’objectif premier est de déloger le FC Barcelone du trône de champion d’Espagne.
Le club madrilène a réalisé son mercato le plus dépensier depuis 2021, avec plus de 220 millions d’euros dépensés pour les signatures de l’ailier ivoirien du RB Leipzig Yan Diomandé, 19 ans, du champion du monde espagnol Marc Cucurella venu de Chelsea, du défenseur français Ibrahima Konaté de Liverpool, du milieu portugais Bernardo Silva de Manchester City, du latéral néerlandais Denzel Dumfries de l’Inter Milan, du jeune attaquant espagnol Carlos Espi de Levante et de l’espoir de Santander Sergio Martinez.
En face, le Barça d’Hansi Flick a laissé filer ses deux buteurs les plus prolifiques, Robert Lewandowski et Ferran Torres, sans parvenir à attirer l’Argentin Julian Alvarez, considéré comme intransférable par l’Atlético Madrid.
Le géant catalan s’est cependant renforcé avec les arrivées de l’ailier anglais Anthony Gordon, de l’Allemand Karim Adeyemi et, surtout, de l’international brésilien Gabriel Jesus, qui s’est engagé pour trois ans en provenance d’Arsenal à quelques heures de la fermeture du marché des transferts. Le Barça a aussi chipé Rodri, autre champion du monde, à son rival madrilène et enregistré l’arrivée du jeune espoir belge Jesse Bisiwu, 18 ans.
En plus de conserver Alvarez, l’Atlético a misé sur Lee Kang-in, le Sud-Coréen du PSG, le milieu danois Morten Hjulmand, le latéral espagnol Alejandro Grimaldo et le défenseur argentin Cristian Romero pour rebâtir une équipe capable de rivaliser avec les deux ogres espagnols. Les “Colchoneros” ont également fait venir pour une saison l’attaquant international canadien et ancien Lillois Jonathan David, arrivé en prêt de la Juventus.
Italie : l’AC Milan et la Juventus en pointe pour freiner leur déclassement
Après une nouvelle saison décevante qui les a privés de la rémunératrice Ligue des champions, l’AC Milan et la Juventus Turin ont été les deux clubs de Serie A les plus actifs en dépensant chacun 160 millions d’euros.
Les Milanais ont battu leur record pour un transfert en mettant 74 millions d’euros sur la table pour Gonçalo Ramos (PSG) et dépensé 50 millions d’euros pour un autre joueur de Ligue 1, Diego Moreira (Strasbourg). La Juve aussi a recruté en L1, Randal Kolo Muani (42 millions d’euros), sans avenir au PSG, et s’est débarrassé du gros salaire de l’ancien Lillois Jonathan David, décevant la saison dernière, prêté à l’Atletico Madrid.
L’Inter Milan, champion en titre et grand favori, a recruté anglais, 30 millions d’euros à chaque fois pour Djed Spencer (Tottenham) et Curtis Jones (Liverpool), sans oublier John Stones, arrivé libre de Manchester City.
Allemagne : le Bayern rapide, Nkunku de retour à Leipzig
Demi-finaliste de la Ligue des champions, le Bayern a rapidement bouclé son mercato estival avec deux recrues, pour un total de 100 millions d’euros, officialisées début juillet en plein Mondial 2026 : les internationaux allemand Nathaniel Brown, véritable couteau suisse pouvant jouer latéral gauche ou numéro 10, et marocain Ismael Saibari, révélation offensive des Lions de l’Atlas à la Coupe du monde.
Dortmund s’est montré actif sur le marché avec les arrivées du défenseur français Joane Gadou et de deux jeunes internationaux grecs prometteurs, Konstantinos Karetsas (18 ans) et Giannis Konstantelias (23 ans). Malheureusement, Konstantelias s’est blessé (rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche) dès la première journée de Bundesliga et va manquer une grande partie de la saison.
Stuttgart a misé sur le jeune attaquant allemand Dzenan Pejcinovic, alors que Christopher Nkunku a été prêté pour une saison au RB Leipzig, où il avait éclos au haut niveau entre 2019 et 2023.
