Affaire ASER-AEER POWER EPC/Conférence de presse Jean-Michel Sène : malgré les attaques, l’énigme des 37 milliards demeure
Face à la presse ce mercredi, le directeur général de l’ASER a opté pour une posture offensive, s’en prenant aux médias et défiant Thierno Alassane Sall. Pourtant, au cœur de la controverse, les interrogations majeures sur la gestion des fonds publics demeurent intactes. Et c’est précisément là que se situe l’attente des Sénégalais.
La sortie médiatique de Jean-Michel Sène, ce mercredi, était annoncée comme un moment de clarification dans un contexte marqué par de vives interrogations autour de la gestion de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER). Mais à l’arrivée, c’est davantage le ton combatif que les réponses concrètes qui auront retenu l’attention.
Face aux journalistes, le directeur général a choisi de hausser le ton, dénonçant des « attaques orchestrées » contre son institution et allant jusqu’à affirmer que certains professionnels des médias seraient « payés » pour nuire à l’ASER. Une accusation grave, mais restée sans éléments de preuve rendus publics.
Dans la même dynamique, il s’en est pris frontalement à Thierno Alassane Sall, qu’il a défié d’apporter la moindre preuve de détournement le concernant. Une stratégie de confrontation directe qui, si elle galvanise le débat politique, ne répond cependant pas aux préoccupations de fond.
Car au-delà des échanges musclés et des invectives, une série de questions précises continue de hanter le dossier. Où sont passés les 37 milliards de FCFA évoqués dans le débat public ? Quelle traçabilité pour ces fonds ? Et surtout, qui est cet opérateur étranger, souvent désigné comme «l’Espagnol», au cœur de certaines transactions évoquées, et quel a été exactement son rôle ?
Ces interrogations, portées avec insistance par Thierno Alassane Sall, n’ont pas reçu de réponses détaillées lors de cette conférence de presse. Or, ce sont précisément ces zones d’ombre qui alimentent la suspicion et fragilisent la confiance des citoyens.
Dans un contexte où la gouvernance publique est scrutée avec une exigence accrue, l’opinion attend davantage que des passes d’armes. Elle réclame des faits, des chiffres vérifiables, des explications transparentes. Attaquer la presse ou défier un contradicteur politique peut détourner momentanément l’attention, mais ne saurait constituer une réponse aux enjeux de reddition des comptes.
En définitive, cette conférence de presse laisse un goût d’inachevé. Elle illustre une fois de plus le fossé entre communication de défense et exigence de transparence. Et tant que les réponses aux questions essentielles ne seront pas apportées, le cœur du problème restera entier.
A Latif NDIAYE
