Développement agricole: Balingore accueille la première édition du Festival Foumangaffe pour promouvoir la mangue de Casamance
Les 19 et 20 juin 2026, la commune de Balingore, dans le département de Bignona, sera le théâtre de la première édition du Festival Foumangaffe. Portée par des organisations agricoles locales et la diaspora casamançaise d’Europe, cette initiative ambitionne de faire de la mangue un véritable moteur de développement économique, social et environnemental tout en renforçant la compétitivité de la filière sur les marchés nationaux et internationaux.
La Société Coopérative Fouleor de Balingore, la Coopérative agricole pour le Développement de Djinaky et la diaspora casamançaise d’Europe organiseront, les 19 et 20 juin prochains, la première édition du Festival Foumangaffe. L’événement, placé sous le thème « Promouvoir la mangue de Casamance, et d’origine Sénégal sur les marchés nationaux et internationaux », bénéficie du partenariat de la commune de Balingore.
À travers cette manifestation, les organisateurs entendent mettre en lumière le potentiel considérable de la filière mangue, considérée comme un levier stratégique de développement local. L’objectif est notamment d’encourager les pratiques de production durable, de promouvoir la transformation industrielle et artisanale des fruits, d’améliorer les circuits de commercialisation et de renforcer les capacités d’exportation des acteurs du secteur.
Durant deux jours, producteurs, transformateurs, investisseurs, chercheurs et décideurs publics échangeront autour des défis et opportunités liés à la valorisation de la mangue. Le programme prévoit des panels scientifiques, des tables rondes, des conférences ainsi qu’une exposition permanente consacrée aux produits dérivés de la mangue et aux innovations du secteur.
Des ateliers techniques de formation seront également proposés aux acteurs de la filière. Ils porteront notamment sur la gestion durable des vergers, la lutte contre la mouche des fruits, les techniques de récolte écologique, la conservation et la transformation de la mangue ainsi que les normes d’hygiène et de qualité requises pour accéder aux marchés internationaux.
Cette première édition se veut aussi une plateforme de mobilisation de l’investissement privé local et de la diaspora sénégalaise dans les filières prioritaires de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050. Elle réunira des représentants des ministères sectoriels, des collectivités territoriales, des coopératives agricoles, des PME et PMI agroalimentaires, des institutions financières, des structures d’appui aux entreprises, des ONG, des organisations communautaires de base, ainsi que des instituts de recherche et des universités.
Au Sénégal, la mangue est principalement produite en Casamance et dans la zone des Niayes. La production nationale est estimée entre 125 000 et 130 000 tonnes par an, dont plus de la moitié provient de la Casamance. Malgré ce potentiel, la filière reste confrontée à plusieurs contraintes majeures : pertes post-récolte importantes, insuffisance des infrastructures de conservation et de transformation, prolifération de la mouche des fruits et difficultés d’écoulement des récoltes.
Chaque année, des milliers de tonnes de mangues sont ainsi perdues faute de débouchés adaptés. Pourtant, les perspectives de valorisation sont nombreuses à travers la production de mangues séchées, de jus, de poudres, de chips, de confitures ou encore de produits cosmétiques dérivés.
Pour Mme Salimata Badji, présidente du comité d’organisation du Festival Foumangaffe et membre de la diaspora sénégalaise basée à Londres, cette situation constitue un véritable paradoxe. « Je me suis toujours demandé pourquoi toutes ces mangues qui pourrissent ne pourraient pas être transformées en jus, en mangues séchées, en confitures ou en poudres, voire servir à la fabrication de produits cosmétiques comme cela se fait déjà ailleurs », a-t-elle déclaré.
À travers le Festival Foumangaffe, les organisateurs espèrent ainsi faire émerger une nouvelle dynamique autour de la mangue sénégalaise et contribuer à la création de valeur ajoutée, d’emplois et de revenus durables pour les communautés rurales de Casamance.
Abdou Latif NDIAYE
