Retour de Sonko à l’Assemblée : le FDR exige l’annulation de la décision et appelle à la mobilisation
Dans une déclaration rendue publique ce 3 juin 2026, le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) a vivement contesté la présence d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale. La coalition de partis et mouvements politiques estime que son retour au Parlement est contraire à la Constitution et au Code électoral. Elle soutient la saisine du Conseil constitutionnel par des députés de l’opposition et appelle à une mobilisation nationale pour défendre les institutions républicaines.
Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) hausse le ton dans le débat portant sur le retour d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale. Dans une déclaration signée par sa Conférence des leaders, la plateforme politique considère que la réintégration du leader de Pastef au sein de l’hémicycle est à la fois « illégale et illégitime » et demande son exclusion immédiate.
Le FDR se félicite d’abord de la réaction qu’il qualifie de « rapide » des forces politiques et citoyennes face à ce qu’il décrit comme une « tentative de coup d’État parlementaire ». Selon la plateforme, 147 partis et mouvements ont déjà signé, le 24 mai dernier, une déclaration dénonçant cette initiative, témoignant ainsi d’une large mobilisation en faveur du respect des règles institutionnelles.
Dans le même élan, le Front salue la saisine du Conseil constitutionnel par des députés de l’opposition. Pour ses responsables, cette démarche dépasse les clivages partisans et s’inscrit dans une volonté de préserver l’État de droit, la stabilité institutionnelle et les acquis démocratiques du Sénégal.
Au cœur de l’argumentaire du FDR figure l’interprétation du Code électoral et de la Constitution. La coalition rappelle notamment que l’article LO172 du Code électoral prévoit qu’un ministre élu député perd son mandat parlementaire s’il ne quitte pas le gouvernement dans un délai de huit jours. Selon elle, les modifications apportées au règlement intérieur de l’Assemblée nationale ne sauraient suffire à contourner cette disposition.
Le Front soutient également que l’article 54 de la Constitution encadre strictement les conditions de retour d’un ancien député devenu membre du gouvernement. Selon son analyse, toute mesure permettant une telle réintégration devrait nécessairement passer par une loi organique et non par une simple modification du règlement intérieur de l’Assemblée nationale.
Le FDR accuse ainsi le parti Pastef d’avoir violé simultanément la Constitution, le Code électoral et le règlement intérieur de l’institution parlementaire. La coalition estime que ce dernier ne peut traiter que de l’organisation et du fonctionnement de l’Assemblée nationale, conformément aux dispositions constitutionnelles, et non modifier indirectement les règles relatives au mandat des députés.
Rejetant les accusations d’instrumentalisation politique formulées par Ousmane Sonko, le Front considère que le recours introduit devant le Conseil constitutionnel relève exclusivement d’un combat pour le respect de la légalité républicaine. Il appelle par conséquent à l’annulation de la décision ayant permis son retour à l’Assemblée nationale.
En conclusion, le FDR invite les forces vives de la Nation à se réunir autour d’un plan d’action destiné à empêcher toute violation des lois et à préserver les institutions de la République. « Ensemble, sauvegardons la République du Sénégal », conclut la déclaration datée de Dakar, le 3 juin 2026.
Abdou Latif NDIAYE
