Aly Ngouille Sarr
Comme je l’avais indiqué dans mon précédent post, le Sénégal utilise trois leviers pour faire face à sa situation économique et financière actuelle. Les extraits ci-dessous viennent conforter cette analyse.
D’emblée, je voudrais préciser que, contrairement à une certaine perception, le Sénégal n’est pas aujourd’hui dans la même situation que celle du PREF (1980-1985). En effet, le PREF avait été conçu dans le cadre des programmes d’ajustement structurel soutenus par le FMI et la Banque mondiale. À l’époque, les institutions financières internationales jouaient un rôle déterminant dans la définition du diagnostic, des orientations et des mesures à mettre en œuvre par l’État sénégalais.
Aujourd’hui, la situation est différente. Le Plan de Traitement de la Dette du Sénégal (PTDS) a été élaboré par les équipes techniques du ministère de l’Économie, des Finances et du Plan, sous la conduite du ministre Cheikh Diba, avant même la conclusion de l’accord technique avec le FMI, début septembre 2026.
La différence est donc importante : l’État pose son diagnostic, définit ses priorités et négocie les solutions avec ses partenaires. Le FMI accompagne et évalue ; il ne se substitue pas à l’État dans la définition de sa politique économique.
Cela dit, il serait tout aussi malhonnête de nier que la situation actuelle comporte des mécanismes que l’on retrouve dans les périodes de gestion de crise de la dette.
• De l’ajustement, mais pas nécessairement au sens péjoratif du terme : le PRES (« Jubbanti Koom »), lancé en août 2025, vise notamment à rationaliser les dépenses publiques et à ramener le déficit de 14 % à 3 % du PIB, avec un financement reposant largement sur les ressources internes et sans recours à un nouvel endettement. C’est bien une forme d’ajustement budgétaire.
• Du reprofilage : face aux tensions de trésorerie et aux arriérés, l’État cherche à réorganiser le calendrier de remboursement de certaines échéances avec ses créanciers, plutôt que de se diriger vers un défaut. C’est une logique de reprofilage de la dette.
• De la restructuration : le PTDS prévoit un traitement spécifique de certaines composantes de la dette extérieure, notamment les Eurobonds, tout en cherchant à préserver la stabilité du système bancaire et à éviter de fragiliser la dette domestique libellée en FCFA. On est bien dans une démarche de restructuration de la dette.
Ce qui est factuel, c’est que le Sénégal traverse une situation économique et financière extrêmement complexe. Dans ce contexte, la stabilité du pays, la préservation de l’activité économique et la protection des populations doivent rester au cœur de nos préoccupations.
Nous pouvons faire de la politique, débattre, critiquer et proposer des alternatives. Mais plaçons toujours le Sénégal au-dessus de nos intérêts politiques et partisans.
Aly Ngouille Sarr
