Les rideaux sont tombés sur la 17e Conférence des Parties (COP17) de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), tenue du 17 au 28 août 2026 à Oulan-Bator, en Mongolie. Au terme de cette importante rencontre consacrée notamment à la lutte contre la désertification, la sécheresse et la dégradation des terres, la délégation sénégalaise tire un bilan jugé satisfaisant.
Point focal de la délégation sénégalaise, le Directeur des Eaux et Forêts, des Chasses et de la Conservation des sols, le Colonel-major Babacar Dione, estime que le Sénégal a su mettre en valeur son expertise et son expérience dans la gestion durable des terres et la lutte contre les effets de la sécheresse.
« L’expertise sénégalaise a été bien exportée parce que beaucoup de membres de la délégation ont participé à des sessions et à des événements parallèles pour mettre en exergue l’expérience et le savoir-faire sénégalais en matière de lutte contre la désertification et la sécheresse », explique-t-il.
Selon lui, l’expérience du Sénégal en matière d’inclusion sociale et communautaire a également suscité l’intérêt des partenaires. « Il s’agit aussi de l’inclusion sociale et communautaire mise en œuvre pour préserver les pâturages et lutter contre la dégradation des terres. Cela a été salué par les différents partenaires », souligne le Colonel-major Babacar Dione.
Un portefeuille de 1,3 milliard de dollars
La COP17 a également été marquée par plusieurs annonces et engagements financiers en faveur de la restauration des terres et de la lutte contre la sécheresse. « Il y a beaucoup d’engagements qui ont été pris lors de cette COP. Il y a un portefeuille de 1,3 milliard de dollars consacré au financement de la restauration des terres dans 23 pays », informe le Directeur des Eaux et Forêts.
Il cite également le partenariat mondial porté par l’Arabie saoudite, à travers des projets destinés à financer des initiatives de lutte contre la sécheresse et la dégradation des terres dans différents pays.
Dans ce contexte, le Sénégal « a tiré son épingle du jeu » à travers sa participation aux différents événements parallèles. « Différents acteurs sont en jeu et l’expérience sénégalaise a été mise en exergue, notamment pour renforcer les droits des communautés par rapport au foncier. Le pastoralisme a également été promu », indique-t-il.
Une délégation d’une trentaine de personnes
Le Colonel-major Babacar Dione souligne par ailleurs l’importance de la délégation sénégalaise, forte d’une trentaine de participants et présidée par le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Aliou Gory Diouf. « Le Sénégal a eu une bonne participation parce qu’il y avait une délégation forte d’une trentaine de personnes, présidée par le ministre Aliou Gory Diouf et moi-même en tant que point focal national », précise-t-il.
Après la cérémonie officielle, les travaux se sont poursuivis avec des sessions plénières et techniques consacrées aux principales problématiques liées à la désertification et à la sécheresse. « Les scientifiques réfléchissent par rapport aux différentes thématiques : la sécheresse, la désertification… », explique le Directeur des Eaux et Forêts.
Le Luxembourg mobilise 400 millions de dollars
Parmi les autres annonces importantes, le Luxembourg a mis en place, selon le Colonel-major Babacar Dione, un fonds de prêt de 400 millions de dollars destiné à mobiliser davantage le secteur privé.
« Le Luxembourg a mis en place un fonds de prêt de 400 millions de dollars pour capter les financements du secteur privé et les pousser à investir dans la restauration des terres dégradées et la lutte contre la sécheresse », renseigne-t-il.
Le ministre Aliou Gory Diouf a également pris part au lancement de la troisième phase de l’Observatoire sur la résilience à la sécheresse hydro.
Présenté de manière exclusive à la délégation sénégalaise, cet observatoire constitue, selon le Directeur des Eaux et Forêts, un véritable outil d’aide à la décision. « C’est un outil d’aide à la décision qui montre le niveau de vulnérabilité et de résilience du pays par rapport à la lutte contre la sécheresse », explique le Colonel-major Babacar Dione.
Au final, la participation sénégalaise à cette COP17 aura permis de valoriser l’expertise nationale, de promouvoir les droits des communautés, le pastoralisme et les approches inclusives, tout en ouvrant de nouvelles perspectives de financement pour la restauration des terres et la résilience face à la sécheresse.
Pape Bakary DIATTA
