Trois mois après sa nomination à la tête du gouvernement par le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, le Premier ministre Al Amine Lo a prononcé, ce 8 septembre 2026, sa déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale. Un exercice salué par le Dr Philippe Malick Dioné, membre de KIIRAAY, les Patriotes Républicains, qui a particulièrement retenu l’accent mis sur la souveraineté alimentaire, les risques climatiques, les coopératives agricoles et les aménagements hydro-agricoles.
Dans une note d’analyse, le Dr Dioné félicite d’emblée le chef du gouvernement pour « son courage et la pédagogie exemplaire » dont il a fait preuve. « Ce n’était pas évident qu’un Premier ministre se présente devant une Assemblée nationale avec une majorité écrasante de 130 députés qui n’est pas en phase avec l’actuel gouvernement », souligne-t-il.
Pour le membre de KIIRAAY, les quatre priorités évoquées par Al Amine Lo sont liées et constituent « parmi les socles les plus importants de notre économie ». Il adhère particulièrement à la volonté du Premier ministre de voir émerger des « champions des PME », une orientation que son mouvement défend depuis longtemps à travers les coopératives agricoles communautaires. « Nous avons besoin de champions des terroirs et ces derniers peuvent nécessairement provenir des coopératives agricoles », écrit-il.
Mais pour que ces coopératives deviennent de « véritables leviers propulseurs de notre économie », le Dr Dioné identifie deux préalables : la terre et l’eau. Il plaide ainsi pour « une gestion foncière rigoureuse et inclusive » et rappelle toute l’importance du PROCASEF, le Projet de cadastre et de sécurisation foncière. Il appelle à « sensibiliser les populations rurales et à mieux les encadrer afin qu’elles puissent sécuriser leurs terres et les valoriser ».
Sur la question de l’eau, il reprend la métaphore du Premier ministre comparant les douze mois de salaire des fonctionnaires aux trois mois de revenus des paysans. Pour lui, la solution passe par la réalisation d’ouvrages hydro-agricoles dans un contexte de « stress hydrique croissant ». Il insiste également sur la REUT, la réutilisation des eaux usées traitées, qu’il considère comme une stratégie à « valoriser et vulgariser ».
S’appuyant sur les modèles climatiques qui prévoient une baisse des précipitations et une hausse des températures, il estime qu’« aucune goutte d’eau ne devrait s’infiltrer ou s’évaporer sans être valorisée ». Il propose notamment des techniques simples de traitement à base de matériaux locaux, la modernisation de l’exhaure manuel et le déploiement de systèmes de pompage photovoltaïques, le Sénégal disposant, selon lui, de « 3 000 à 3 700 heures d’ensoleillement par an ».
Le Dr Dioné voit dans une bonne maîtrise de l’eau la clé pour faire des coopératives agricoles des « modèles de résilience climatique, des pourvoyeurs d’emplois et des centres de création de valeur ajoutée ». Il recommande également de structurer l’aval de la production à travers des unités de stockage et des agro-box de transformation.
En conclusion, reprenant l’invite du Premier ministre à « produire ce que nous mangeons et manger ce que nous produisons », le responsable politique affirme que « la souveraineté alimentaire ne se décrète pas. Elle se construit dans les territoires, par la science, l’investissement, la maîtrise de l’eau et la valorisation de notre production locale ».
Moustapha Ndiaye
