Jusqu’à présent, dans de nombreux pays, l’on ne dispos pas de chiffres fiables sur les travailleuses domestiques en Afrique de l’Ouest. Mais au Sénégal, en Cote d’Ivoire et au Burkina Faso, des statistiques seront bientôt disponibles, sur les travailleuses domestiques. Des enquêtes, dans ce sens, sont en cours dans ces trois pays.
Selon Dr Oumy Ndiaye, Dr Oumy Ndiaye, coordonnatrice du PASTDOM Afrique de l’ouest, au Sénégal l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) conduit une étude nationale consacrée aux travailleuses domestiques et agences de placement. L’enquête couvre les régions de Dakar, Diourbel, Kaolack, Louga, Saint-Louis et Thiès et porte sur 1 300 ménages employeurs. « L’objectif est de documenter les conditions de travail, la santé et le bien-être des travailleuses ainsi que d’analyser l’intervention des agences de placement dans le secteur » a renseigné Dr Ndiaye. « La Côte d’Ivoire est également engagée dans cette révolution. L’Agence nationale de la statistique (ANStat) a annoncé la réalisation d’une enquête nationale auprès de 854 ménages sur la même thématique. Cinq grandes villes sont ciblées : Abidjan, Bouaké, Korhogo, Man et Yamoussoukro, offrant ainsi une toute première photographie nationale des réalités et des enjeux liés au travail domestique. Une enquête de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) du Burkina Faso a couvert 1 524 travailleurs et travailleuses domestiques. Les données montrent que plus de trois quarts des travailleuses domestiques dans le pays sont des femmes et des filles » a ajouté Dr Oumy Ndiaye coordonnatrice du PASTDOM Afrique de l’ouest. D’après des chiffres de l’Organisation internationale du travail (OIT), environ 200 000 travailleuses domestiques exerçaient au Sénégal en 2015. Mais des chercheurs estiment que les 630 000 ménages de la seule région de Dakar pourraient en employer entre 300 000 et 400 000. « Un écart du simple au double, dans un secteur qui occupe 9,6 millions de personnes sur le continent et 75,6 millions dans le monde. Ce flou n’est pas une simple lacune technique : ce qui n’est pas compté ne pèse pas dans la décision publique. Le travail domestique a longtemps été partout, sauf dans les statistiques » a-t-elle martelé. A l’en croire, ces initiatives, fruit d’un travail acharné de sensibilisation et de plaidoyer mené par le CRADESC (Centre de Recherche et d’Action sur les Droits Économiques, Sociaux et Culturels) ne devraient pas se limiter à l’ANSD, l’ANStat et à l’INSD. « Elles méritent d’être étendues à l’ensemble des instituts de statistiques des Etats africains ».
M SARR
