RFI/AFP : Numéro 3 de la Fifa et voix dissidente contre le projet d’ouverture de l’instance à des investisseurs privés, finalement abandonné, le Français Kevin Lamour a été remercié. Ce départ intervient dans un climat de tensions autour de la gouvernance de Gianni Infantino, candidat à sa réélection en 2027.
Le n°3 français de la Fifa, Kevin Lamour, qui avait désavoué le projet de son patron Gianni Infantino d’ouverture de l’instance à des investisseurs privés, finalement abandonné, a quitté ses fonctions, a annoncé lundi un porte-parole de la fédération mondiale.
« La Fifa peut confirmer que la collaboration entre la Fifa et Kevin Lamour, en sa qualité de directeur général des opérations de la Fifa, a pris fin le 17 août 2026 », a indiqué un représentant interrogé par l’AFP après la divulgation de l’information par The Athletic.
« La Fifa remercie Kevin pour ses deux années de service et lui souhaite bonne chance pour l’avenir. Aucun autre commentaire ne sera fait à ce sujet », a-t-il ajouté.
À la Fifa depuis plus de deux décennies, Kevin Lamour a été en fait licencié, selon une information de The Athletic que L’Équipe a confirmée. Le Français de 45 ans n’avait déjà pas été convié à la réunion de crise des cadres de la Fifa organisée par Gianni Infantino début août, au Maroc.
Anciennement employé par l’UEFA, le dirigeant occupait depuis novembre 2024 le poste de directeur général des opérations, d’où il supervisait des secteurs administratifs clés, comme le juridique, la communication et les ressources humaines.
Il a été l’une des voix les plus haut placées à critiquer le projet de Gianni Infantino d’ouvrir la Fifa à des investisseurs privés, un plan qui, en dépit de son abandon, continue de fracturer le milieu du football, sur fond de débat autour de la gouvernance de l’Italo-Suisse, candidat à sa réélection en mars 2027.
« C’est le projet d’une seule personne […] Non seulement ce projet ne doit pas voir le jour… mais le moment est désormais venu pour les dirigeants du monde du football de se poser les bonnes questions et de prendre les bonnes décisions », avait écrit M. Lamour dans un communiqué envoyé à l’agence de presse AP et publié le 31 juillet.
Les employés de la Fifa « méritent mieux que le mépris et l’intimidation », avait-il insisté. « Si cela signifie que je perds mon emploi, tant pis […] Je comprendrai et respecterai cette décision. Au moins, je dormirai bien cette nuit. »
Kevin Lamour n’a pas été le seul cadre de la Fifa à se désolidariser de Gianni Infantino : l’ancien entraîneur Arsène Wenger et le secrétaire général Mattias Grafström, considéré comme le n°2 de la Fifa, ont tous les deux salué l’abandon du projet porté par leur patron.
