À la conférence de presse de KIIRAAY, tenue mardi à Dakar, Aminata Touré a livré une riposte musclée aux accusations portées contre elle par Ousmane Sonko sur la gestion financière du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Entre défi à l’IGE, dénégation catégorique et offensive politique, l’ancienne Première ministre refuse de se laisser enfermer dans le dossier des « fonds spéciaux ».
La réponse est tombée, sèche et sans détour. Accusée par Ousmane Sonko d’avoir mis en place, à la tête du CESE, des « fonds spéciaux sans aucun texte le prévoyant » et d’avoir perçu personnellement plus de 2,136 milliards de FCFA, Aminata Touré a choisi l’offensive plutôt que la défensive.
Lors de la conférence de presse de KIIRAAY, mardi à Dakar, l’ancienne présidente du CESE a rejeté en bloc les accusations visant sa gestion. Pour elle, le dossier ne repose sur aucune matière susceptible de déboucher sur des poursuites judiciaires.
« Nous n’avons rien à craindre »
Aminata Touré s’est notamment appuyée sur les investigations déjà menées pour soutenir sa position. Selon elle, l’ancien président de la République Macky Sall « sait bien qu’il n’y a aucune matière à poursuivre », après les enquêtes effectuées.
L’ex-présidente du CESE a même lancé un défi à ses détracteurs : « Il faut demander à l’IGE de venir contrôler les fonds dont vous disposez. » Une manière de retourner l’accusation contre les actuels responsables et de réclamer, une nouvelle fois, un examen public et contradictoire du dossier.
« Nous n’avons rien à craindre car nous n’avons rien à nous reprocher », a-t-elle martelé, rappelant qu’elle réclame depuis 2024 une audition publique de l’Inspection générale d’État afin que toute la lumière soit faite sur les conclusions du rapport.
Offensive frontale contre Sonko
Mais la sortie d’Aminata Touré ne s’est pas limitée aux questions financières. Face à Ousmane Sonko, elle a également choisi le terrain moral et politique.
« Il n’a aucune leçon de morale à nous donner », a-t-elle lancé, reprochant au président de l’Assemblée nationale d’avoir, selon elle, renié plusieurs de ses propres engagements et déclarations.
La Haute représentante du président de la République est même allée plus loin : « Il doit raser les murs car tout ce qu’il avait dit, il l’a renié. »
Une charge particulièrement virulente qui traduit le niveau de tension entre les deux personnalités. Aminata Touré balaie également la menace d’éventuelles poursuites : « Il ne peut rien contre moi », affirme-t-elle, convaincue qu’aucun élément sérieux ne pourrait juridiquement fonder une procédure contre elle.
Le dossier de l’IGE en toile de fond
Cette bataille politique intervient alors que le rapport de l’IGE portant sur la gestion du CESE a été transmis au Pool judiciaire et financier. À ce stade, aucune décision judiciaire n’est intervenue concernant Aminata Touré.
La polémique reste donc ouverte. D’un côté, Ousmane Sonko met en avant les conclusions et les interrogations issues du rapport de contrôle. De l’autre, Aminata Touré conteste les accusations, réclame la transparence et met au défi les autorités de pousser les investigations jusqu’au bout.
Les « martyrs » au cœur de l’offensive politique
Aminata Touré a également élargi son propos aux priorités politiques du moment. Réagissant à l’annonce selon laquelle les grandes réformes pourraient être soumises au référendum, elle estime que d’autres dossiers urgents méritent l’attention des autorités, notamment celui des « martyrs ».
Selon elle, le pouvoir actuel ne ferait pas de ce dossier une priorité en raison d’une volonté politique qu’elle assimile à une logique de règlement de comptes avec l’ancien président de la République.
Au-delà du face-à-face entre Aminata Touré et Ousmane Sonko, cette conférence de presse de KIIRAAY révèle surtout une nouvelle escalade dans le débat politique sénégalais. Le dossier du CESE, loin d’être juridiquement clos, devient désormais un véritable front politique, où chaque camp entend imposer sa lecture des faits.
Aminata Touré hausse le ton face à Sonko : «Il doit raser les murs car tout ce qu’il avait dit, il l’a renié.»

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