Kaolack / Pacte social : les syndicats dénoncent des engagements non exécutés et passent à l’offensiveLe Front syndical pour la défense du travail veut passer à une nouvelle phase de sa mobilisation. Réunis en assemblée générale ce mercredi à Kaolack, les responsables syndicaux ont dressé un bilan critique de la mise en œuvre des engagements pris dans le cadre du Pacte national de stabilité sociale et économique. Face à la persistance de plusieurs revendications, ils annoncent le renforcement de la mobilisation sur l’ensemble du territoire, avec notamment une marche nationale et un nouveau préavis de grève de 72 heures prévu du 20 au 23 octobre.
Pour les organisations syndicales, l’heure n’est plus seulement à l’attente des engagements, mais à leur concrétisation. Après plusieurs mois de discussions avec le gouvernement, notamment à travers les ministères en charge de la Fonction publique et du Travail, le Front estime que plusieurs dossiers restent encore sans réponse satisfaisante.
Les syndicats dénoncent des engagements non encore concrétisés
Prenant la parole lors de l’assemblée générale, le secrétaire général de la CNTS, Modou Guiro, a rappelé le chemin parcouru depuis le dépôt du premier préavis de grève jusqu’à la signature du Pacte national de stabilité sociale et économique.
Selon lui, ce processus devait permettre de trouver des réponses aux préoccupations majeures des travailleurs. Il cite notamment le pouvoir d’achat, les conditions de travail, les libertés syndicales, la sécurité de l’emploi, la protection sociale et l’application des accords conclus avec les centrales syndicales.
Mais, à l’issue de l’évaluation du niveau d’exécution du pacte, le constat dressé par les syndicats reste marqué par « des retards et des difficultés » dans la concrétisation de plusieurs engagements.
« Nous avons engagé le dialogue et la négociation. Des engagements ont été pris. Mais aujourd’hui, nous constatons que plusieurs d’entre eux tardent encore à être exécutés », a indiqué Modou Guiro.
Pouvoir d’achat, emploi et libertés syndicales au cœur des revendications
Au cœur du mécontentement syndical figurent les questions liées au pouvoir d’achat et aux conditions de travail. Le Front réclame également des avancées sur les libertés syndicales, la protection de l’emploi, la protection sociale et l’application effective des accords sectoriels.
Les licenciements de travailleurs constituent également un point de préoccupation majeur. Les syndicats demandent la réintégration des travailleurs concernés par certaines mesures de licenciement et appellent au respect des droits syndicaux dans les entreprises et administrations.
À ces revendications s’ajoutent plusieurs dossiers sectoriels portant notamment sur l’éducation, la santé, le logement, la fiscalité sur les salaires et les pensions de retraite.
Les organisations syndicales souhaitent également voir aboutir certains accords concernant des entreprises et secteurs considérés comme stratégiques.
La CSS et la question de l’emploi inquiètent les syndicats
La situation de la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS) figure également parmi les préoccupations exprimées au cours de l’assemblée générale.
Pour le Front syndical, les difficultés rencontrées par certaines unités de production doivent être suivies avec une attention particulière en raison de leurs conséquences potentielles sur l’emploi et les revenus de milliers de travailleurs et de leurs familles.
Cette question s’inscrit, selon les syndicalistes, dans une problématique plus large liée à la préservation des emplois et au renforcement de la protection des travailleurs.
De la base à la mobilisation nationale
Le Front syndical entend désormais renforcer son implantation à la base. Les prochaines semaines seront ainsi consacrées à une série d’activités destinées à informer et mobiliser les travailleurs.
Des assemblées générales régionales, des conférences, des rencontres avec les travailleurs ainsi que des séances d’information et de sensibilisation sont annoncées.
L’objectif est de créer une dynamique collective autour des revendications et de préparer les travailleurs aux prochaines étapes du plan d’action.
Cette mobilisation doit également déboucher sur une marche nationale, dont le principe a été annoncé par les responsables syndicaux.
Un nouveau préavis de grève en perspective
La principale annonce issue de cette rencontre reste toutefois le dépôt d’un nouveau préavis de grève de 72 heures, prévu du 20 au 23 octobre.
Cette décision marque une nouvelle étape dans le bras de fer engagé autour de l’application des accords et de la satisfaction des revendications des travailleurs.
Pour le Front syndical, il ne s’agit cependant pas de fermer définitivement la porte aux négociations. Les responsables syndicaux maintiennent leur disponibilité au dialogue, tout en exigeant des réponses concrètes et un calendrier précis pour l’exécution des engagements.
« La lutte continue », ont réaffirmé les responsables syndicaux, appelant les travailleurs à rester mobilisés, unis et déterminés.
Mouhamed Moustapha Camara Correspondant à Kaolack
