DAKAR — Le cadre est prestigieux, le message solennel et l’ambition sans équivoque. Ce mardi 29 septembre 2026, au Grand Théâtre de Dakar, le Président de la République, Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a présidé la cérémonie officielle d’installation du Conseil consultatif des Jeunes du Sénégal.

Créée par décret le 5 décembre 2025, cette nouvelle instance marque un tournant institutionnel majeur. Réunissant des conseillères et conseillers venus des quatorze régions du pays, elle devient désormais l’interlocuteur privilégié de l’État, de ses ministères et de ses partenaires. Sa mission : émettre des avis éclairés pour alimenter la feuille de route stratégique de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050.
Un engagement tenu et un nouveau pacte de vérité
En procédant à cette installation, le Chef de l’État a tenu l’engagement ferme pris devant la jeunesse à Thiès le 30 mars dernier. S’adressant directement à la nouvelle assemblée, le Président Faye a prôné un parler-vrai sans concession :
«Chez nous, on parle beaucoup de la jeunesse et on décide trop souvent sans elle. Cela devait changer, et cela ne pouvait plus attendre», a-t-il martelé devant une assistance captive, avant d’ajouter : «Ce qui vous concerne se décidera désormais avec vous».
Invitant les conseillers à être les porte-paroles sans filtre des réalités du terrain, il s’est engagé à les recevoir chaque fois que la situation l’exigera. Dans la foulée, le Gouvernement, les collectivités territoriales, le secteur privé ainsi que les partenaires au développement ont tous été sommés d’ouvrir grand leurs portes à ce nouveau Conseil.
Dans un discours vibrant et direct, le Président de la République a délivré des messages forts sur la responsabilité, le débat démocratique et l’avenir numérique :
Sur la vérité et le rôle du Conseil :
«Je ne vous demande pas de m’approuver. L’approbation, un Président en reçoit toujours plus qu’il n’en mérite.»
Sur l’éthique du débat public :
«Le débat, oui. La contradiction, toujours. Mais le mensonge et l’injure, jamais.»
Sur l’intelligence artificielle et le développement scientifique :
«Servez-vous de l’IA comme d’un outil. Un esprit qui ne travaille plus s’éteint comme un bras que l’on ne lève plus», avertissant qu’il refuse «une jeunesse sénégalaise cliente de l’intelligence des autres».
Sur la responsabilité de bâtir sur place :
«Vous avez devant vous ce que personne d’autre n’a à ce point, tout l’avenir, et le courage que l’on attend de vous est de le bâtir ici.»
Au-delà du symbole, le défi de l’action
En installant ce Conseil consultatif, le pouvoir en place franchit un cap décisif dans l’inclusion politique et citoyenne de la jeunesse. Les paroles présidentielles, empreintes d’exigence et d’émancipation, tracent un cap clair : la jeunesse ne doit plus être une simple spectatrice, mais le moteur de la transformation nationale. Le défi sera désormais de transformer ces avis consultatifs en politiques publiques concrètes.
Abdou Latif NDIAYE
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