Fatick – Du 17 au 22 août 2026, une mission de prospection, d’identification et d’évaluation des besoins en matière d’inclusion numérique s’est déroulée dans les régions de Fatick et de Kaffrine. Cette initiative, portée par le ministère des Télécommunications et du Numérique (MTN), en partenariat avec la GIZ, vise à mieux prendre en compte les besoins des personnes en situation de handicap, des populations vivant dans les zones défavorisées et des personnes numériquement analphabètes.
Une approche participative et inclusive a été privilégiée au cours de cette mission. Elle s’est appuyée notamment sur des entretiens avec les différentes parties prenantes – autorités administratives, collectivités territoriales, associations de personnes handicapées, établissements d’enseignement, structures de formation et opérateurs TIC –, mais également sur des focus groups avec les populations cibles et des visites de terrain destinées à évaluer les conditions d’accès aux outils numériques.
Dans chacune des deux régions, l’équipe du ministère des Télécommunications et du Numérique et de la GIZ a été reçue pendant deux jours par les autorités compétentes. Ces rencontres ont également été l’occasion d’organiser un débat sur les TIC et le handicap, sous la forme d’échanges et de séances de mise à niveau.
L’objectif était de mieux identifier les obstacles auxquels sont confrontées les populations vulnérables et d’évaluer leurs besoins dans le cadre du Programme d’inclusion numérique des personnes handicapées et des populations numériquement analphabètes dans les pôles territoriaux.
Pour Lahatt Sylla, responsable du projet au ministère des Télécommunications et du Numérique, cette démarche s’inscrit dans une vision plus large de la transformation numérique du pays.
« La transformation numérique constitue aujourd’hui un levier essentiel pour le développement économique, l’amélioration des services publics et le renforcement de la participation citoyenne. Cependant, cette transformation ne peut produire tous ses effets que si elle bénéficie à l’ensemble des citoyens, sans exclusion », souligne-t-il.
Les populations vulnérables au cœur de la démarche
Le responsable du projet insiste particulièrement sur la situation des personnes en situation de handicap et des populations qui disposent encore de faibles compétences numériques.
« Nous constatons encore que certaines catégories de la population rencontrent des difficultés d’accès et d’utilisation des technologies numériques. C’est notamment le cas des personnes vivant avec un handicap ainsi que des populations qui ne disposent pas encore des compétences nécessaires pour utiliser les outils numériques », explique Lahatt Sylla.
Selon lui, ces réalités imposent la mise en place de politiques publiques capables de répondre aux besoins spécifiques des différentes catégories de citoyens.
À travers le programme d’inclusion numérique et de promotion d’un numérique durable et sûr, inscrit dans le New Deal Technologique (NDT), l’État du Sénégal entend ainsi mieux prendre en charge les préoccupations des populations vulnérables, notamment les personnes en situation de handicap, les populations vivant dans les zones défavorisées et les personnes numériquement analphabètes.
L’ambition est de contribuer à la construction d’une société de l’information accessible à tous et fondée sur les principes d’inclusion et d’équité. Les ateliers organisés dans la zone centre s’inscrivent précisément dans cette dynamique.
Identifier les obstacles et proposer des solutions
Pour Lahatt Sylla, les rencontres organisées à Fatick et Kaffrine constituent « une étape importante du processus de mise en œuvre de ce programme ».
Elles doivent permettre de favoriser un dialogue direct avec les acteurs territoriaux afin de mieux comprendre les besoins des populations concernées, d’identifier les obstacles à l’accès et à l’utilisation du numérique, mais aussi de recueillir des propositions concrètes susceptibles d’améliorer l’inclusion numérique dans les territoires.
Dans la zone centre, les résultats de ces travaux devraient notamment permettre d’orienter le développement d’initiatives adaptées en matière d’accessibilité des plateformes numériques, de formation aux usages du numérique et d’accompagnement des populations vulnérables.
« L’inclusion numérique est aujourd’hui une condition essentielle pour garantir l’égalité des chances, l’accès aux services publics et la participation de tous à la vie économique et sociale », rappelle le responsable du projet.
Il estime, à ce titre, que l’engagement des différents acteurs sera déterminant pour identifier des solutions adaptées aux réalités locales et construire « un numérique plus accessible, plus équitable et plus inclusif ».
Les personnes handicapées réclament une approche collaborative
Du côté des organisations de personnes handicapées, l’initiative est accueillie favorablement. Pour El Hadji Mapate Diouf, président de l’Union régionale des associations de personnes handicapées de Fatick, l’atelier a permis de mettre en évidence le rôle majeur des technologies de l’information et de la communication dans l’inclusion et l’autonomisation des personnes handicapées.
« L’atelier a mis en lumière l’importance cruciale des Technologies de l’Information et de la Communication pour l’inclusion et l’autonomisation des personnes handicapées dans notre région », se réjouit-il.
Il estime que le programme vient renforcer et fédérer les nombreuses initiatives locales déjà engagées par son organisation en faveur de l’accessibilité numérique.
« Nous avons identifié des besoins pressants en matière d’accessibilité numérique, de formation aux outils numériques adaptés et de développement de contenus inclusifs », souligne-t-il.
Selon lui, les TIC constituent un puissant levier pour réduire les barrières auxquelles sont confrontées les personnes handicapées et faciliter leur accès à l’éducation, à l’emploi, à la culture et à la participation citoyenne.
El Hadji Mapate Diouf plaide ainsi pour une démarche collaborative dans la mise en œuvre du programme. « Il est impératif que les personnes handicapées soient au cœur de la conception et de l’évaluation des solutions TIC, afin de garantir leur pertinence et leur efficacité », insiste-t-il.
À terme, les conclusions de la mission menée à Fatick et Kaffrine devraient contribuer à l’élaboration d’actions concrètes en faveur d’un accès plus équitable au numérique et d’une meilleure inclusion des populations vulnérables dans les territoires.
Abdou Salamata DIOUF
Correspondant à Fatick
