FADP : le Comité de gestion valide la transparence et appelle à réformer
Après la sortie du ministre de la Communication, Alioune Sall, chiffres à l’appui, suivie de celle du CDEPS avec Mamadou Ibra Kane, Maïmouna Ndour Faye et Mamadou Wane, plusieurs acteurs du secteur ayant siégé au Comité de gestion du FADP sont montés au créneau. Tous ont reconnu une gestion transparente du fonds, tout en appelant à un dialogue inclusif pour engager des réformes structurelles du secteur.
Le débat autour du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP) semble amorcer un tournant. Après une séquence marquée par des interrogations et des critiques, les prises de parole se font désormais plus nuancées, presque convergentes.
En première ligne, le ministre de la Communication, Alioune Sall, qui a récemment présenté un rapport détaillé sur la répartition du fonds, mettant en avant des données chiffrées et les critères appliqués. Une démarche de reddition des comptes saluée par plusieurs professionnels des médias.
Dans la foulée, le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal, à travers ses figures de proue comme Mamadou Ibra Kane, Maïmouna Ndour Faye et Mamadou Wane, a également tenu une conférence de presse. Là encore, si des réserves ont été formulées, le principe de transparence dans la gestion du FADP n’a pas été fondamentalement remis en cause.
Mais ce sont surtout les membres du Comité de gestion du fonds, souvent en retrait du débat public, qui ont apporté un éclairage décisif. Invités dans l’émission « Lantor » de la télévision nationale, plusieurs d’entre eux ont unanimement reconnu que la répartition s’est faite selon des critères objectifs, adossés à une plateforme technique et à des textes réglementaires validés en amont.
Parmi eux, Moustapha Cissé a insisté sur la rigueur méthodologique ayant encadré le processus, évoquant un « travail scientifique » basé sur des données vérifiées. Dans le même sillage, Cheikh Thiam a rappelé que les travaux se sont appuyés sur un cadre consensuel en vigueur depuis 2021, renforcé par un décret d’application ne faisant aucune distinction entre médias publics et privés.
De son côté, Mamadou Thior a souligné le respect strict des critères de répartition, invitant les entreprises de presse à mieux se préparer pour les prochaines éditions. Une position partagée par Mamadou Ndiaye, directeur du CESTI, qui a salué une « méthodologie transparente jusqu’au bout », tout en précisant que son institution n’est pas bénéficiaire directe du fonds.
Au-delà de cette reconnaissance quasi unanime, un point fait consensus : la nécessité d’aller plus loin. Les acteurs appellent à l’instauration d’un dialogue inclusif et permanent entre les autorités et les professionnels des médias. Objectif : adapter les textes, notamment le Code de la presse, aux réalités actuelles d’un secteur en pleine mutation.
Car, comme le rappellent plusieurs intervenants, le ministre n’a fait qu’appliquer un cadre légal déjà validé par l’ensemble des acteurs avant son adoption par l’Assemblée nationale. Dès lors, les éventuelles insuffisances relèvent moins de la mise en œuvre que de la pertinence des textes eux-mêmes.
Dans un contexte de transformation accélérée du paysage médiatique, entre montée en puissance du numérique et fragilisation économique des organes traditionnels, la gestion du FADP apparaît ainsi comme un révélateur des défis plus larges du secteur.
Entre satisfaction assumée et vigilance revendiquée, les acteurs des médias tracent une ligne claire : consolider les acquis en matière de transparence, tout en engageant, sans tarder, les réformes de fond nécessaires à la viabilité et à l’indépendance de la presse sénégalaise.
Synthèse : Abdou Latif NDIAYE
