Le succès politique d’un diplomate-politique
La maison de Baye Mayoro Diop, située à Médinatoul Lonkine, à quelques encablures du chemin de fer sur l’axe Diourbel-Touba, apparentée à Keur Gou Mag, nom de l’un des plus célèbres quartiers de Diourbel où Cheikh Ahmadou Bamba fut placé en résidence surveillée par le colon, ne désemplit presque plus depuis l’installation de leur fils à la tête de la Direction du Crous de Bambey.
Il n’y a rien d’étonnant à ce qu’il en soit ainsi. Car, si l’on regarde le passé comme le présent, il y a toujours quelque chose de singulier dans la vie d’un directeur général, et les mobilisations qui l’accompagnent sont souvent à la hauteur de sa fonction.
Sauf que ce qui étonne et émerveille chez le DG Baye Mayoro Diop, c’est sa manière d’avoir transformé le seuil de sa maison en un vaste lieu d’audience. Les personnes qui ont rendez-vous avec lui se présentent par groupes, selon l’ordre d’arrivée, assises sur des chaises en plastique ou sur des nattes, le regard tourné vers le leader de Kiiraay, dont les déplacements et les gestes n’échappent au regard attentif de personne.
Pour simplifier les choses, là où ses prédécesseurs recevaient dans leurs grands salons, dont l’accès était souvent difficile et très filtré, Baye Mayoro Diop privilégie les audiences en plein air pour être plus accessible et plus proche de ses militants, de ses sympathisants et, plus largement, des populations de Diourbel.
Nous passons ainsi d’une logique protocolaire classique, dans laquelle un DG était perçu comme un homme à part, entouré de ses proches et de ses gardes, à celle du Diisso, du dokh dajié ak ndaw yi, de la diplomatie et du relationnel, non pas virtuels, mais réels et tangibles.
Ici, pas d’exception : tout le monde est traité avec la même dignité.
C’est, en tout cas, une autre manière de repenser notre rapport à la politique, de rapprocher le pouvoir des populations et de remettre ces dernières au centre des initiatives censées contribuer à leur épanouissement.
Autant dire que l’endurance et la patience sont deux vertus qui caractérisent l’homme politique-diplomate qu’est Baye Mayoro Diop. Il peut recevoir jusqu’à 2 heures du matin, de façon quasiment ininterrompue. Selon le témoignage de son frère, Baye Mayoro Diop ne dormirait que quatre heures par nuit.
La méthode à la Jacques Chirac
Mais ce qui renforce surtout son ancrage politique à Diourbel et contribue à sa popularité, c’est la méthode à la Jacques Chirac qu’il semble avoir adoptée. Elle renvoie notamment au plaisir que l’ancien président français éprouvait à serrer les mains des personnes qu’il croisait.
Il est souvent rapporté que Jacques Chirac pouvait serrer plusieurs milliers de mains au cours de certaines journées de campagne électorale. Le geste de serrer la main d’un connu comme d’un inconnu, Baye Mayoro Diop s’y adonne avec la même constance et le même engagement, selon plusieurs de ses compagnons.
Il est ainsi fréquent de le voir saluer et serrer la main de toutes les personnes qu’il rencontre lors d’une cérémonie, qu’il s’agisse d’un mariage, d’un deuil, d’un baptême ou de tout autre rassemblement.
« Diisso Ak Baye Mayoro », une politique de proximité
On le voit donc bien : la montée en puissance du DG Baye Mayoro Diop à Diourbel, à travers son programme « Diisso Ak Baye Mayoro », doit surtout son succès à une philosophie simple : les problèmes doivent être traités « quartier après quartier, rue après rue », en marchant main dans la main avec les populations.
À vrai dire, à une époque où il faut prendre conscience que faire de la politique, c’est aussi l’art de gérer la société et les hommes qui y vivent, Baye Mayoro Diop semble avoir fait de la proximité, de l’écoute et du contact direct les ressorts de son action.
Une méthode qui, à Diourbel, nourrit déjà les commentaires sur son avenir politique et alimente l’hypothèse d’une candidature à la mairie de la commune.
Dr Oumar Mboup
