CAN Maroc 2025: quand la CAF récompense à contre-sens

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LATIF

Hakimi fair-play malgré une sanction, Regragui meilleur entraîneur devant un champion d’Afrique aux statistiques supérieures, Édouard Mendy ignoré… À force de décisions incohérentes, la CAF fragilise la crédibilité de ses propres distinctions.

Les trophées de la Confédération africaine de football sont censés célébrer l’excellence, la performance et l’exemplarité. Mais cette année encore, les choix opérés interrogent profondément. Entre paradoxes assumés et mérites ignorés, la CAF donne l’impression de naviguer à vue, au détriment de la lisibilité sportive et de
la confiance des acteurs du football africain.

Il y a des décisions qui dépassent l’entendement sportif. Comment expliquer qu’Achraf Hakimi soit sacré joueur fair-play par la CAF, tout en étant sanctionné par cette même instance pour comportement antisportif ? Le
message envoyé est pour le moins confus. Le fair-play n’est pas un concept abstrait : il se mesure à des actes, à une attitude constante sur le terrain. En associant récompense et sanction dans un même souffle, la CAF brouille ses propres repères.
Plus troublant encore est le choix du meilleur entraîneur. Walid Regragui est un technicien respectable, personne ne le conteste. Mais cette distinction pose question face au parcours de Pape Thiaw. Champion d’Afrique, meilleure attaque, meilleure défense, statistiques globales supérieures : l’entraîneur sénégalais cochait toutes les
cases de la performance objective. Dans n’importe quelle logique sportive, ce bilan aurait dû s’imposer comme une évidence.
Même incompréhension du côté des gardiens. Édouard Mendy, décisif tout au long de la compétition et pilier du sacre continental, repart sans distinction. Là encore, les faits semblent avoir été relégués au second plan.
Ces choix donnent l’impression que les Awards de la CAF obéissent davantage à des équilibres implicites qu’à des critères clairs et assumés. Or, un trophée n’a de valeur que s’il repose sur des règles transparentes, comprises de tous et appliquées avec cohérence.
Le football africain progresse, se professionnalise et ambitionne une reconnaissance mondiale. Mais cette dynamique ne peut s’accommoder de décisions perçues comme arbitraires. À force de paradoxes, la CAF risque de transformer ses récompenses en simples objets de polémique, plutôt qu’en symboles d’excellence. Il est temps que l’instance continentale fasse un choix : soit elle assume des critères strictement sportifs et mesurables, soit elle explique clairement ses orientations. Car sans transparence, il n’y a pas de crédibilité. Et sans crédibilité, il n’y a pas d’honneur à recevoir un trophée.
Abdou Latif NDIAYE 
Journaliste-Master 2 Droit et Économie du Sport

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