Nous ressaisir, seul gage de notre survie…Le PS face à lui même !

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«L’avenir appartient à ceux qui donnent à la génération montante des raisons d’espérer » disait Léopold Sédar Senghor. Cette phrase de notre illustre devancier n’est pas une simple maxime, elle est un appel à la responsabilité. Elle nous rappelle qu’un Parti n’a de sens que s’il sait se renouveler, transmettre et préparer la relève. Or, aujourd’hui, le Parti socialiste donne le sentiment d’avoir perdu ce réflexe vital, celui de s’inscrire dans la continuité de son héritage en l’adaptant aux attentes de notre temps.

Depuis 2014, aucun Congrès ordinaire ne s’est tenu alors même que nos textes l’exigent. Les instances de direction ne se réunissent plus avec la régularité prévue, et les structures de base ne sont pas renouvelées comme elles devraient l’être. Ce qui fut autrefois un modèle d’organisation et de discipline militante est désormais fragilisé par une inertie qui sape la confiance des militants et érode la crédibilité du Parti devant l’opinion publique nationale.

C’est dans ce contexte que certains camarades ont décidé de saisir le juge. Leur démarche a surpris, parfois choqué, mais elle ne peut pas être réduite à un simple acte d’hostilité. Elle exprime une inquiétude sincère, profondément ancrée, sur le devenir du Parti socialiste. Sur le plan juridique, ce recours repose sur des arguments valables. Mais il faut le dire clairement : nous n’aurions jamais dû en arriver là. Dans un Parti comme le nôtre, qui a toujours revendiqué la camaraderie et la fraternité comme principes de base, les différends auraient dû trouver solution en interne.

Le recours judiciaire, dans ces conditions, ne peut pas être vu comme une solution durable. Il est au mieux un signal, un électrochoc qui doit nous alerter sur l’état de notre organisation. Mais il reste un symptôme : celui d’une défaillance collective, celui d’un dialogue qui s’est affaibli au point de laisser le juge intervenir dans nos affaires. L’issue ne se trouve pas devant les tribunaux, elle se trouve dans notre capacité à restaurer nos propres mécanismes démocratiques et à réapprendre à discuter entre camarades.

Ce constat est d’autant plus grave que ce qui se joue dépasse largement la procédure. C’est la survie même du Parti socialiste qui est en jeu. Un Parti qui ne respecte pas ses propres statuts, qui ne tient pas ses Congrès et ne renouvelle pas ses instances, finit toujours par perdre sa légitimité. Or sans légitimité, nous ne pouvons pas prétendre jouer le rôle qui fut toujours le nôtre : être une force centrale et incontournable dans la vie politique nationale.

Nous devons donc nous retrouver autour de l’essentiel. Et l’essentiel n’est pas dans une confrontation entre générations. L’avenir du Parti ne se réduira pas à un affrontement entre jeunes et anciens. Il dépendra de notre capacité à unir toutes les forces militantes autour d’un projet commun. Aux anciens, qui ont donné quarante années de leur vie au service du Parti et de la République, il appartient aujourd’hui de faire preuve d’honneur et de générosité en acceptant de préparer la transmission. Aux plus jeunes, il revient de prendre le relais avec responsabilité, en portant les idées, l’énergie et la proximité avec une société en pleine mutation.

Ce mouvement n’est pas une option, il est une nécessité. Le peuple sénégalais, en portant récemment au pouvoir une nouvelle génération de dirigeants avec l’arrivée au pouvoir du PASTEF après l’élection du Président Diomaye Faye, a déjà montré sa volonté de changement. Si le Parti socialiste veut continuer à exister, il doit entendre ce message et proposer une incarnation nouvelle de son leadership, sans renier son héritage. C’est dans la fidélité à ce legs, mais aussi dans l’audace de le réactualiser, que nous pourrons redonner espoir aux militants et confiance au peuple.

Le recours judiciaire, dans cette perspective, ne doit pas être un motif de division. Il doit être entendu pour ce qu’il est : un rappel à l’ordre, une main tendue qui nous invite à nous ressaisir. Son utilité n’est pas d’imposer une solution extérieure, mais de nous pousser à retrouver la camaraderie et le sens des responsabilités. L’avenir du Parti socialiste ne dépendra pas d’une décision de justice, mais de notre capacité à nous rassembler, à restaurer la confiance, et à relancer ensemble un projet de reconquête du pouvoir.

Nous avons le devoir de ne pas laisser notre histoire se refermer dans l’amertume ou dans le silence. L’héritage de Senghor, de Diouf, de Tanor et de tant d’autres exige de nous ce sursaut. Ce n’est qu’en nous retrouvant autour de l’essentiel, c’est-à-dire l’unité, la légalité interne et l’ambition de servir le Sénégal, que nous pourrons écrire la nouvelle page du Parti socialiste et lui rendre sa dignité. « L’unité est la force qui permet de transformer de petites choses en grandes réalisations » rappelait Nelson Mandela. Puissions-nous en tirer la leçon : si nous savons nous rassembler, le Parti socialiste ne sera pas une relique du passé, mais une promesse d’avenir pour le Sénégal.

Mamadou Mbodji DIOUF

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