Réunies à Cotonou, des organisations de la société civile venues de plusieurs régions d’Afrique ont lancé une mobilisation en faveur de la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’ONU. Elles défendent un leadership africain fondé sur la paix, le dialogue et le multilatéralisme.
La candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations unies franchit une nouvelle étape. Des organisations de la société civile africaine issues de l’Afrique de l’Ouest, du Centre, du Nord et de l’Est se mobilisent désormais pour porter cette candidature et faire entendre, à travers elle, les aspirations du continent au sein de la gouvernance mondiale.
Réunies vendredi 14 août 2026 à Cotonou, ces organisations ont lancé leur démarche autour du thème : « Pour un leadership africain au service de la paix, du multilatéralisme et de la communauté internationale ». La mobilisation est conduite par le Coordonnateur général Cyrille Nguiegang.
Pour les initiateurs, l’enjeu dépasse la seule candidature d’un ancien chef d’État. Il s’agit de promouvoir une représentation africaine susceptible de contribuer à la recherche de solutions aux grandes crises internationales et à la construction d’un ordre mondial plus équilibré.
Trois niveaux de décision
Les organisations engagées dans cette campagne mettent en avant l’expérience de Macky Sall aux niveaux national, continental et international. Elles considèrent cette maîtrise des trois espaces de décision comme l’un des principaux atouts de sa candidature.
Au niveau national, son expérience est présentée comme celle d’un dirigeant ayant exercé les responsabilités de chef de l’État et conduit des politiques publiques. Au niveau continental, elles soulignent son passage à la présidence de l’Union africaine. Enfin, sur le plan international, elles mettent en avant son implication dans plusieurs dossiers diplomatiques majeurs.
Les OSC rappellent notamment son rôle dans les initiatives diplomatiques engagées en 2022 face aux conséquences de la guerre en Ukraine. Elles estiment que cette expérience illustre sa capacité à dialoguer avec des interlocuteurs aux positions divergentes et à défendre les préoccupations africaines dans les grandes négociations internationales.
L’Afrique veut peser dans la gouvernance mondiale
La mobilisation s’appuie également sur les positions régulièrement défendues par Macky Sall en faveur d’une réforme de la gouvernance mondiale. Les organisations citent notamment son plaidoyer pour une réforme du Conseil de sécurité des Nations unies et pour une meilleure représentation de l’Afrique dans les grandes instances internationales.
Pour elles, la candidature de Macky Sall doit ainsi être comprise comme une opportunité de renforcer la voix du continent dans les espaces où se décident les grands équilibres politiques, économiques et diplomatiques.
Le mouvement entend toutefois éviter toute lecture conflictuelle de cette démarche. Il ne s’agit pas, selon ses promoteurs, d’opposer l’Afrique au reste du monde, mais de faire de l’Afrique un acteur davantage présent dans la recherche de solutions aux défis communs.
Une campagne autour de la paix et du multilatéralisme
À travers cette mobilisation, les OSC africaines veulent porter une vision du leadership continental fondée sur le dialogue, la paix et le multilatéralisme. Elles entendent fédérer les acteurs de la société civile autour d’une ambition : faire de la candidature de Macky Sall un vecteur de réflexion sur la place et le rôle de l’Afrique dans le système international.
Sous la conduite de Cyrille Nguiegang, les organisations annoncent ainsi la poursuite de leurs initiatives à travers le continent afin de rassembler davantage de soutiens autour de cette candidature.
En toile de fond, une interrogation structure leur démarche : comment transformer l’expérience d’un dirigeant africain en une contribution nouvelle au service d’une Organisation des Nations unies plus efficace, plus représentative, plus inclusive et davantage tournée vers la paix ?
Pour les initiateurs de cette mobilisation, la réponse passe par une présence africaine plus forte au cœur du multilatéralisme mondial.
Abdou Latif NDIAYE
