Dans cet entretien accordé, le responsable politique de Grand Parti, Fallou Gaye, évoque plusieurs sujets d’actualité phare. La situation politique au sein de son parti, la situation politique nationale, la guéguerre entre Pastef et Kiiraay et la situation socio-économique.
Vous êtes responsable politique de GP. Comment se porte votre parti ?
Le Grand Parti traverse aujourd’hui une période de transition et de clarification. Comme beaucoup de formations politiques ayant connu des évolutions importantes, nous vivons un moment de réflexion sur notre avenir. Mais nous pouvons vous dire qu’il existe encore des militants, des responsables et des sympathisants qui restent attachés à l’identité, aux valeurs et à l’histoire du Grand Parti. Notre objectif est de préserver ce patrimoine politique et d’agir dans le respect des textes et des règles démocratiques qui régissent notre formation.
Lors d’une conférence de presse tenue à Pikine, vous vous étiez démarqués de la décision de votre leader, Malick Gackou, qui a rejoint le parti Pastef. Maintenez-vous toujours cette position ?
Notre position reste constante. Nous considérons que toute décision engageant l’avenir d’un parti politique doit être prise conformément à ses textes et à travers des instances régulièrement convoquées. Ce n’est pas une question de personnes, mais de principes et de respect de la démocratie interne. Nous respectons les choix individuels de chacun, y compris celui du président Malick Gakou mais nous restons attachés à l’idée que l’avenir du Grand Parti doit être décidé collectivement par ses instances compétentes.
Justement qui gère actuellement le Grand Parti ?
C’est précisément l’une des questions qui se posent aujourd’hui. Il existe des responsables, des militants et des cadres qui continuent à se réclamer du Grand Parti. La situation mérite d’être clarifiée dans le respect des textes, des procédures et, si nécessaire, des décisions des autorités compétentes. L’essentiel, pour nous, est d’éviter les divisions inutiles et de privilégier le dialogue afin de préserver l’unité de ceux qui restent attachés au parti.
Quelle lecture faites-vous de la guéguerre entre Pastef et Kiiraay ?
Nous pensons que les Sénégalais attendent avant tout des solutions à leurs préoccupations quotidiennes : le coût élevé de la vie, l’emploi, l’éducation, la santé et les perspectives pour la jeunesse. Les divergences politiques existent dans toutes les démocraties, mais elles doivent être gérées dans le dialogue, le respect mutuel et dans l’intérêt supérieur de la Nation. Le Sénégal a besoin d’un climat politique apaisé, favorable au travail et aux réformes.
Êtes-vous déçus ou non de la gestion du pays, trois ans presque depuis l’arrivée de Diomaye Faye et de Sonko, au pouvoir ?
Il appartient aux citoyens d’apprécier l’action des autorités. En tant qu’acteur politique, nous pensons qu’il est important de reconnaître les efforts entrepris tout en posant, lorsque cela est nécessaire, des questions sur certains choix ou certaines orientations. Le Sénégal traverse des défis importants, notamment sur le plan économique et social. Les populations attendent des résultats concrets sur le pouvoir d’achat, l’emploi, l’investissement et les services publics. Le débat politique doit rester centré sur ces questions essentielles.
Que vous inspire la situation économique du Sénégal ?
La situation économique est un sujet de préoccupation pour beaucoup de Sénégalais. La hausse du coût de la vie, les difficultés des entreprises, le chômage des jeunes et les contraintes budgétaires constituent des défis réels. Mais chaque difficulté doit aussi être considérée comme une opportunité de réforme. Le Sénégal dispose d’atouts considérables : sa jeunesse, son agriculture, sa pêche, son potentiel énergétique, son secteur privé et sa position stratégique. Nous pensons qu’il faut renforcer la confiance, soutenir la production nationale, accompagner les PME, investir dans les infrastructures et créer davantage d’opportunités pour les jeunes et les femmes. Le débat économique doit être un débat de solutions et non de divisions. Notre responsabilité collective est de préserver la stabilité du pays, de renforcer notre démocratie et de toujours placer l’intérêt du Sénégal au-dessus des intérêts partisans.
M Sarr
