Le mandat actuel du président Bassirou Diomaye Faye est pris dans un piège qui a déjà néantisé la moitié du quinquennat et menace d’anéantir la moitié restante si des solutions d’urgence ne sont pas prises immédiatement.
Jamais dans l’histoire politique du Sénégal un régime n’a eu, au bout de seulement deux ans et quelques mois d’exercice, à autant abîmer le pays au quadruple plan politique, économique, social et diplomatique.
AU PLAN POLITIQUE
La configuration actuelle, avec un président opposé à sa propre majorité parlementaire qui se positionne tout de go contre les initiatives de l’exécutif, ouvre l’ère d’une guerre des institutions qui menace la stabilité politique qui a toujours fait la réputation de notre modèle républicain et démocratique.
La fréquence des votes bloqués de l’exécutif et la floraison des commissions d’enquête parlementaires offrent le spectacle lancinant d’une vaudevillisation de nos institutions.
Cette guerre politique au-delà des institutions a un impact négatif sur la gestion d’État. Pour conforter son leadership, le chef de l’État cherche une assise politique et se sert naturellement de son pouvoir décrétal pour construire et massifier son organisation politique, parfois au détriment des règles de bonne gouvernance. Quant au président de l’Assemblée nationale, il fait de son cabinet un exutoire de recasement de ses militants politiques.
AU PLAN ÉCONOMIQUE
Le poids de la dette et l’arrêt des financements par les bailleurs traditionnels et de l’investissement extérieur comme intérieur ont plongé le pays dans un marasme sans précédent. La capacité d’investissement de l’État est nulle à cause d’un service de la dette insoutenable et l’essentiel des chantiers sont à l’arrêt.
Le chômage, surtout des jeunes, bat tous les records et on assiste même à des pertes d’emplois.
Les programmes sociaux hérités du régime précédent sont pour la plupart en pause faute d’argent ou insuffisamment exécutés. Face à cette situation, l’État a recours à un endettement toxique qui accentue le poids et la charge de la dette et accroît les vulnérabilités.
AU PLAN SOCIAL
La société sénégalaise est polarisée par la haine entre militants de Pastef et les autres Sénégalais.
AU PLAN DIPLOMATIQUE
Le Sénégal sort d’une longue période de torpeur et de baisse du prestige de notre politique étrangère. Fort heureusement, une reprise en main est en train d’être opérée.
DES SOLUTIONS D’URGENCE POUR SORTIR DE L’IMPASSE
Face à cette montée des périls, il urge de stopper l’escalade par une dissolution de l’Assemblée nationale dès que la loi le permet et l’organisation d’élections législatives pour dépasser l’impasse institutionnelle actuelle et débloquer l’économie du pays pour soulager le peuple qui vit une situation difficile.
En effet, notre pays a besoin d’une coïncidence retrouvée entre l’exécutif et la majorité parlementaire ou alors une véritable cohabitation qui repose sur le partage de l’exécutif entre le Président de la République et un gouvernement formé par le parti ou la coalition de partis qui a la majorité parlementaire.
Il y va de la stabilité de notre pays et de la préservation de notre modèle de république démocratique laïque et sociale.
Cheikh Gueye
Expert fiscal, inspecteur des impôts à la retraite
