Une lecture systémique de la communication politique du parti KIIRAAY, LES PATRIOTES RÉPUBLICAINS et du PASTEF sous l’angle des perceptions de la Programmation Neuro Linguistique (PNL) de Richard Bandler et de John Grinder et de l’Analyse Transactionnelle (AT) d’Éric Bern (des méthodes d’analyse systémique qui montrent comment un même fait politique peut-être perçu différemment selon les représentations, les expériences et la position relation de chaque acteur) permet de comprendre que communicants et leaders politiques des deux camps gagneraient à passer de la logique d’affrontement communicationnel à la construction d’un discours axé sur le fait, la légitimité et le résultat.
Les militants de la coalition Diomayeprésident dans leur communication doivent éviter de faire apparaître KIIRAAY comme le parti de Diomaye contre Sonko. Ils peuvent travailler à construire une identité propre à travers les concepts de : la République, la stabilité, la responsabilité, le rassemblement, l’intérêt national, les projets, les réalisations entre autres.
De leur côté, les militants du Pastef doivent éviter dans leur communication de transformer KIIRAAY en obsession en construisant un discours qui porte sur des axes stratégiques pour un parti d’opposition à savoir projet, bilan, résultats, mobilisation et perspectives.
Pour les deux formations politiques, c’est une question de maîtrise du cadre communicationnel en prenant la troisième position perceptuelle de la PNL, l’observateur. Cette posture conduit le militant ou le leader à se poser une question fondamentale avant chaque communication : Comment un sénégalais qui n’est d’aucune des deux obédiences va-t-il percevoir mon message ? Il est également important d’utiliser la position existentielle, « Je suis ok – tu es ok » qui permet de se dire, « ils sont bons, nous sommes bons », afin de déconstruire cette pensée d’une autre position existentielle, « Je suis ok- tu n’es pas ok ». Cette dernière position pousse les militants à développer une communication de « nous somme bons, ils sont mauvais », qui est une stratégie dangereuse, en ce sens qu’elle peut-etre efficace dans le court terme pour mobiliser mais elle rend le système de communication rigide et radicalise les militants.
Les communicants et leaders des deux structures doivent passer de ce système rotatif : KIIRAAY attaque- Pastef répond, Pastef attaque KIIRAAY répond vers un nouveau système bâti sur : adversaire attaque- vérification- réponse courte et factuelle et retour à la réalité. Cela permettra à chaque organisation d’être le centre de son propre débat, d’assainir les échanges dans l’espace publique surtout numérique et de casser la boucle rétroaction négative.
Diène Ngom, Doctorant en Science de l’information et de la Communication (SIC) option communication politique au GIRMEC du CESTI/ETHOS/UCAD
Auditeur dans le Master, Défense, Sécurité et Paix du CHEDS
