Plus de 650 élèves bénéficient de fournitures scolaires offertes par Serigne Momar Sokhna, qui plaide également pour une revalorisation des bourses de sécurité familiale.
À Latmingué, dans le département de Kaolack, la rentrée scolaire met en lumière les difficultés financières auxquelles sont confrontées de nombreuses familles rurales. En procédant, vendredi, à la distribution de fournitures scolaires à plus de 650 élèves, l’opérateur économique et président du mouvement GMDS, Serigne Momar Sokhna, a associé un geste de solidarité à un plaidoyer en faveur d’un renforcement de la protection sociale.
Dans un contexte marqué par la période de soudure et l’attente des premières récoltes, la prise en charge des dépenses scolaires représente une charge supplémentaire pour les ménages dont les revenus dépendent essentiellement des activités agricoles. L’achat des fournitures constitue ainsi un défi pour certaines familles, contraintes de concilier les besoins éducatifs de leurs enfants avec les dépenses quotidiennes.
C’est dans ce contexte que s’inscrit l’initiative de Serigne Momar Sokhna. En apportant un appui matériel à plus de 650 élèves de la commune, il entend contribuer à alléger les charges parentales et à favoriser une reprise effective des apprentissages dès les premiers jours de la rentrée, conformément à l’esprit du concept « Oubi Tey, Jàng Tey ».
Au-delà de l’école, la question de la protection sociale
Mais l’initiative a également servi de tribune pour soulever la question de l’accompagnement des ménages vulnérables. Prenant la parole lors de la cérémonie, le président du mouvement GMDS a interpellé le chef de l’État sur les limites du dispositif des bourses de sécurité familiale face aux difficultés économiques rencontrées dans le monde rural.
Serigne Momar Sokhna a notamment plaidé pour une augmentation des montants versés aux bénéficiaires et un élargissement du nombre de ménages éligibles. Selon cette orientation, un renforcement de ces transferts sociaux permettrait de mieux soutenir les familles durant les périodes où les revenus agricoles se font attendre.
Son plaidoyer pose ainsi la question de l’adaptation des mécanismes de solidarité nationale aux réalités du calendrier agricole. Pour les ménages vivant principalement de l’agriculture, la période précédant les récoltes peut accentuer les tensions financières, au moment même où les parents doivent faire face aux dépenses liées à la scolarisation de leurs enfants.
L’éducation, un enjeu de solidarité collective
À Latmingué, la distribution de fournitures scolaires dépasse donc le cadre d’une assistance ponctuelle. Elle remet au centre du débat la nécessité d’articuler soutien à l’éducation et accompagnement social des familles les plus fragiles.
Si l’intervention de Serigne Momar Sokhna constitue une contribution à l’effort de scolarisation, elle souligne également l’importance d’une mobilisation collective autour des conditions d’apprentissage des enfants. Car, au-delà de l’accès à l’école, la disponibilité des fournitures et la capacité des parents à assumer les dépenses scolaires demeurent des enjeux essentiels pour favoriser une rentrée dans de meilleures conditions.
Mouhamed Moustapha Camara Correspondant à Kaolack
