La tension monte dans la commune de Keur Socé département de Kaolack, où les populations contestent la fermeture annoncée de plusieurs mini-forages à compter du 18 septembre prochain. Une décision qui suscite colère et inquiétude dans plusieurs villages, notamment Gniline Goumack, Daga Sambou et Ndiouffene Prethi.
Selon les populations, une délégation de Flexeau, accompagnée du sous-préfet de Ndiédieng et des forces de l’ordre, a effectué une tournée dans la zone pour informer les habitants de la mesure envisagée.
À Gniline Goumack, l’annonce passe particulièrement mal. Le forage Mame Samba Ndoumbé, réalisé en mars 2025 sur fonds propres des populations pour un coût de 14 152 785 F CFA TTC, constitue, selon les habitants, une infrastructure essentielle pour l’approvisionnement en eau potable du village et des localités environnantes.
L’ouvrage comprend notamment un château d’eau d’une capacité de 30 m³, installé sur une hauteur de 8 mètres, ainsi que 3 kilomètres de réseau d’adduction d’eau potable (AEP). Il dessert environ 3 500 habitants, d’après le comité de gestion.
Pour les populations, la fermeture de cet équipement reviendrait à remettre en cause un investissement réalisé grâce à leur propre contribution et à les priver de leur principale source d’eau potable. Elles dénoncent ainsi une décision qu’elles jugent « inhumaine » et redoutent une pénurie d’eau dans plusieurs villages de la commune.
Face à cette situation, les habitants annoncent leur volonté de se mobiliser avant l’échéance du 18 septembre. Une grande manifestation est envisagée, ainsi qu’un point de presse destiné à alerter l’opinion publique et à interpeller les autorités.
Les populations de Keur Socé lancent par ailleurs un appel au gouvernement, au ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement, aux élus locaux, à la société civile ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers, afin qu’une solution soit trouvée pour garantir durablement l’accès à l’eau potable dans la zone.
Mouhamed Moustapha Camara Correspondant à Kaolack.
