Il est des personnes dont la disparition laisse un vide immense, non seulement au sein d’une famille, mais aussi dans toute une communauté. Ndeye Fatou était de ces êtres rares dont la bonté, la générosité et l’humanité dépassaient largement les liens du sang.
Ndeye, comme tout le monde l’appelait affectueusement, était une femme au cœur d’or. Elle savait donner à manger à ceux qui avaient faim, accueillir ceux qui n’avaient nulle part où aller et offrir un refuge à ceux que la vie avait abandonnés.
La porte de sa maison n’était jamais fermée.
Elle accueillait sans distinction. Elle offrait le gîte et le couvert, parfois même à des personnes sans famille, à des démunis, à des malades mentaux errant dans les rues de Fatick. Pour elle, chaque être humain avait droit à la dignité, à un repas et à un peu de chaleur humaine.
Ndeye donnait sans jamais rien attendre en retour. Elle pouvait offrir son dernier repas à quelqu’un qui en avait davantage besoin qu’elle. Cette générosité naturelle la poussait à penser aux autres avant de penser à elle-même.
Née à Kaolack, Ndeye Fatou avait profondément adopté Fatick, cette ville calme, ouverte et généreuse qu’elle considérait comme sa véritable terre d’appartenance. Pour beaucoup, elle était devenue une véritable fille de Mame Mindiss, figure tutélaire et symbole protecteur de la ville de Fatick.
Dans le quartier de Croisement T.P., son nom et son visage étaient connus de tous. Elle y était respectée, aimée et appréciée pour son sens du partage et sa disponibilité. Sa maison était devenue, au fil des années, un véritable lieu d’accueil, de solidarité et de fraternité.
Aujourd’hui, Fatick pleure. Le Sine pleure. Une famille est en deuil. Et avec elle, tous ceux qui ont un jour bénéficié de la générosité de Ndeye Fatou ressentent profondément cette disparition.
Ndeye était ma sœur cadette. Elle laisse derrière elle ses enfants et une descendance qui portent désormais la responsabilité de préserver et de perpétuer son précieux héritage de solidarité et d’humanité : Yacine Ndiaye, Cheikh Diallo, Nar Lo, Mamour Lo, Mame Dame Mbaye, Amie Ndiaye et Rama Fall.
À vous, ses enfants et ses proches, je voudrais dire que votre mère ne vous a pas seulement laissé un nom et des souvenirs. Elle vous a transmis un héritage bien plus précieux : le sens du partage, la générosité, la compassion et l’amour des autres.
Ndeye s’en est allée, mais son œuvre ne doit pas disparaître avec elle. Je souhaite que sa descendance puisse continuer à tendre la main aux sans-famille, aux sans-abri, aux oubliés et à tous ceux qui auront besoin d’un peu de réconfort.
Ma sœur, ton départ nous fait mal. Ton absence sera difficile à accepter. Mais nous trouverons certainement une consolation dans le souvenir d’une vie consacrée au bien et au service des autres.
Que la terre du Sine t’accueille avec douceur.
Que Mame Mindiss veille symboliquement sur cette fille qui a tant donné à Fatick.
Et surtout, que le Bon Dieu, dans Son infinie miséricorde, t’accorde Son pardon et t’accueille dans Son Paradis éternel.
Adieu Ndeye.
Adieu ma sœur cadette.
Adieu, femme au cœur d’or, qui savais donner sans compter.
Tu nous as quittés, mais ton souvenir restera vivant dans nos cœurs et dans les rues de Fatick.
Dors en paix, ma sœur.
Ton œuvre continuera de vivre à travers tes enfants et à travers tous ceux que tu as aidés au cours de ta vie.
À Dieu, Ndeye Fatou.
Qu’Allah t’accorde Son pardon, Sa miséricorde et le repos éternel au Firdaws.
Amine.
Ton grand frère,
LIMALE SOW ELIMANE
