Banjul- Pap Saine appelle la CAF à revoir ses décisions sur le Sénégal et le format de la CAN
Le journaliste chevronné Pap Saine critique vivement la décision de la CAF d’attribuer la victoire de la CAN au Maroc au détriment du Sénégal, deux mois après la finale. Il dénonce une entorse aux règles du jeu et alerte également sur les réformes du calendrier de la compétition.
La polémique enfle autour de la dernière Coupe d’Afrique des Nations. Pap Saine, co-éditeur du journal The Point et ancien attaché de presse de la Confédération africaine de football (CAF), a exprimé une vive opposition à la décision de l’instance dirigeante du football africain de retirer le titre au Sénégal pour l’attribuer au Maroc.
S’exprimant lors d’un entretien accordé ce week-end, le journaliste, fort d’une expérience de couverture de seize éditions de la CAN, n’a pas mâché ses mots. «C’est la première fois qu’une équipe sacrée championne se voit retirer son titre deux mois après», a-t-il déclaré, qualifiant la décision de « précédent dangereux » pour le football africain.
Au cœur du litige, un épisode survenu lors de la finale. Selon Pap Saine, les rapports officiels de l’arbitre et du commissaire de match avaient validé la victoire du Sénégal. Malgré une interruption de la rencontre — les joueurs sénégalais ayant quitté la pelouse pendant une quinzaine de minutes avant de revenir — aucune sanction n’avait été prise sur le moment.
Le journaliste s’appuie notamment sur les Lois du Jeu de l’IFAB, reprises par la CAF, pour défendre sa position. « L’arbitre est le seul juge sur le terrain, et ses décisions sont définitives et sans appel », rappelle-t-il, estimant que toute révision ultérieure du résultat constitue une violation de ce principe fondamental.
Pap Saine évoque également un précédent historique remontant à 1976, lors d’un match opposant le Maroc à la Guinée. Là aussi, une interruption de jeu avait eu lieu, sans remettre en cause le résultat final. Pour lui, la situation actuelle crée une rupture inédite dans la décision de la CAF, fondée en 1957.
Face à cette décision contestée, le Sénégal envisagerait un recours devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), en Suisse. D’après Pap Saine, une équipe de six avocats, dont le spécialiste suisse du droit du sport Me Serge Vittoz, aurait été mobilisée pour défendre les intérêts du pays. Le journaliste rappelle que ce dernier avait déjà contribué à une victoire juridique du Sénégal dans une affaire liée aux éliminatoires de la Coupe du monde 2018.
Au-delà de cette affaire, Pap Saine s’inquiète des orientations récentes de la CAF. Il critique notamment la décision de faire passer la CAN à un rythme quadriennal à partir de 2028, contre une organisation biennale jusqu’ici. « Cela va tuer l’esprit de la compétition », prévient-il, redoutant une perte d’engouement des supporters.
Il déplore également d’autres réformes, comme la suppression du Championnat d’Afrique des nations (CHAN), compétition dédiée aux joueurs évoluant sur le continent. Pour lui, ces choix risquent d’affaiblir la promotion des talents locaux et de creuser davantage les inégalités dans le football africain.
«La CAF ne doit pas être une affaire personnelle », conclut Pap Saine, appelant à une gouvernance plus transparente et respectueuse des règles établies. Pendant ce temps, sur les réseaux sociaux, la colère des supporters sénégalais ne faiblit pas, signe d’une crise qui pourrait durablement affecter l’image du football africain
SOURCE: Musa SISE (Gambie)
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