Cheikh Oumar Diagne charge le régime Diomaye-Sonko: «Ce pouvoir ne fera rien d’important pour le Sénégal»
Ancien Directeur des moyens généraux de la Présidence avant son limogeage, le secrétaire général du RV/ACD, Cheikh Omar Diagne, a livré ce lundi une charge frontale contre le régime Diomaye-Sonko. Lors d’une conférence de presse, il a dénoncé ce qu’il qualifie de décalage entre le discours souverainiste affiché par le pouvoir et la réalité économique du pays.
La rupture semble désormais totale entre Cheikh Omar Diagne et le pouvoir qu’il a brièvement servi. Limogé de son poste de Directeur des moyens généraux de la Présidence, le leader du Rassemblement pour la Vérité And Ci Degg (RV/ACD) s’est montré particulièrement sévère à l’égard du régime en place.
Face à la presse ce lundi, il a dressé un tableau sombre de la gouvernance actuelle, accusant les autorités de s’enfermer dans les querelles politiques au détriment des préoccupations des populations.
Selon lui, les Sénégalais attendent des réponses concrètes à leurs difficultés quotidiennes, alors que le pouvoir « s’enlise dans les polémiques et les affrontements politiques ».
Dans son réquisitoire, Cheikh Omar Diagne s’est également attaqué à la politique économique du régime. Il estime que l’économie sénégalaise reste entravée par un système de financement peu favorable aux entreprises. Il a notamment dénoncé le coût du crédit, dont le taux avoisinerait les 7 %, qu’il considère comme un frein majeur à l’investissement et à la création de richesses.
L’ancien responsable de la Présidence a aussi pointé la forte présence des banques étrangères dans le paysage financier national, qu’il accuse de privilégier la rentabilité immédiate plutôt que l’accompagnement du développement économique du pays. Pour lui, une réforme en profondeur du système bancaire, monétaire et assurantiel s’impose si le Sénégal veut réellement changer de cap.
Mais c’est sur la question de la souveraineté économique que le leader du RV/ACD s’est montré le plus virulent. Alors que le pouvoir revendique un discours souverainiste, il souligne que plusieurs secteurs stratégiques de l’économie restent dominés par des opérateurs étrangers, notamment turcs, chinois ou encore des consortiums d’entreprises françaises.
Il estime ainsi que les ambitions affichées de promouvoir de grands champions économiques nationaux peinent à se concrétiser, certains d’entre eux ayant déjà déposé le bilan.
Enfin, Cheikh Omar Diagne a alerté sur la détérioration du climat des affaires au Sénégal. Selon lui, le pays, malgré ses nombreux atouts, perd progressivement en attractivité face à certains voisins de la sous-région.
Il cite notamment la Côte d’Ivoire qui, d’après lui, attire désormais d’importants investissements internationaux, y compris européens, au détriment de Dakar.
Une sortie qui confirme la rupture entre l’ancien responsable de la Présidence et le régime, et qui ouvre un nouvel épisode dans le débat politique autour de la gouvernance économique du pays.
