TER : l’ingénieur Samba Ndiaye plaide pour un nœud ferroviaire stratégique à Mbour

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L’ingénieur d’État en génie civil et ancien Directeur général de la SIRN ainsi que des Grands Trains du Sénégal, Samba Ndiaye, propose une réorientation stratégique du projet d’extension du TER. Dans une contribution citoyenne, l’ancien maire de Ndoffane défend la création d’un nœud ferroviaire à Mbour reliant l’AIBD, la Petite Côte et Thiès, tout en appelant à confier l’exploitation intégrale du TER aux sociétés nationales.

 Le débat sur l’avenir du transport ferroviaire au Sénégal continue de susciter des contributions d’experts et d’anciens responsables du secteur. Dans une analyse rendue publique, l’ingénieur d’État en génie civil Samba Ndiaye plaide pour une approche territoriale plus ambitieuse dans l’extension du Train express régional (TER).

Ancien Directeur général de la Société nationale des chemins de fer du Sénégal (SIRN) et des Grands Trains du Sénégal (GTS), et ancien maire de Ndoffane dans le département de Kaolack, M. Ndiaye estime que le prolongement du TER doit intégrer un nœud ferroviaire stratégique à Mbour, afin de maximiser les retombées économiques et touristiques de l’infrastructure.

 Sa réflexion intervient après la diffusion par la RTS d’un reportage consacré à la visite au Sénégal de partenaires européens, notamment de l’Union européenne et de l’Agence française de développement (AFD), venus étudier le financement des études de l’axe reliant l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD) à la ville de Thiès.

 Mbour, pivot touristique et économique

 Selon l’ingénieur, l’ambition affichée par le Sénégal de faire de l’AIBD un hub aérien africain doit s’accompagner d’une stratégie ferroviaire capable de faciliter la mobilité des visiteurs internationaux.

 Dans cette perspective, il estime que la première destination touristique à valoriser reste la station balnéaire de Saly Portudal, qui constitue le principal pôle touristique du pays et qui rayonne sur plusieurs localités de la Petite Côte telles que Nianing, Mbodiène ou encore Pointe Sarène.

À cela s’ajoute, rappelle-t-il, le poids économique du département de Mbour, considéré comme le premier pôle de pêche du Sénégal, ce qui renforce son rôle stratégique dans le développement économique national.

 «Toutes ces activités font de cette zone un axe majeur de notre développement socioéconomique», souligne-t-il.

 L’option AIBD–Mbour–Thiès

 Dans sa contribution, Samba Ndiaye suggère que la future extension du TER privilégie un tracé AIBD–Mbour–Thiès, en commençant par la section AIBD–Mbour.

 Cette configuration permettrait, selon lui, de relier deux capitales départementales – Mbour et Thiès – tout en ouvrant la possibilité d’un prolongement vers la ville religieuse de Tivaouane à partir du nœud ferroviaire de Thiès, en direction du nord.

 Même si cette option représente un tracé plus long – environ 100 km contre 40 km pour l’axe direct AIBD–Thiès – l’ancien patron des chemins de fer estime que la vitesse du TER, pouvant atteindre 160 km/h, permettrait de compenser le temps de trajet tout en renforçant l’intégration régionale.

 Il précise également que cette vision n’exclut pas la prise en compte d’un axe direct Diamniadio–Thiès d’environ 42 km dans la future carte ferroviaire nationale.

 Plaidoyer pour une exploitation nationale du TER

 Au-delà des aspects techniques du tracé, Samba Ndiaye appelle aussi à un tournant stratégique dans la gestion du Train express régional.

 Il déclare avoir toujours défendu, lors des réunions de coordination au ministère en charge du secteur ferroviaire, le transfert complet de l’exploitation du TER aux sociétés nationales sénégalaises.

 Pour lui, cette orientation constituerait un acte fort de souveraineté économique et de confiance dans les compétences nationales.

«La confiance en nos propres ressources humaines est un signal fort de souveraineté», soutient-il.

 Une contribution d’expert du rail

 Cette prise de position s’inscrit dans une logique de réflexion sur la place du ferroviaire dans le développement du Sénégal à l’horizon 2050. Fort de son expérience à la tête de structures majeures du secteur, Samba Ndiaye entend ainsi alimenter le débat public sur les choix structurants qui détermineront l’efficacité du réseau ferroviaire national.

 Se présentant lui-même comme un «Saloum-Saloum», l’ingénieur conclut sa contribution par un appel à une vision ferroviaire intégrée, capable de relier les grands pôles économiques, touristiques et religieux du pays.

 

Abdou Latif NDIAYE 

 

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