Violences à l’université: Ousmane Sonko assume avoir ordonné l’intervention des forces de l’ordre à l’UCAD  

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Face aux députés, le Premier ministre a reconnu avoir instruit le ministre de l’Intérieur de dépêcher les forces de défense et de sécurité sur le campus de l’Université Cheikh Anta Diop. S’il justifie cette décision par des menaces visant des infrastructures stratégiques, il admet néanmoins des « abus inacceptables » commis lors des opérations, tout en affirmant que les franchises universitaires ne s’appliquent pas au campus social.

Le Premier ministre Ousmane Sonko a livré une déclaration forte sur les événements survenus à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Devant la représentation nationale, le chef du gouvernement a reconnu sans détour avoir donné des instructions directes au ministre de l’Intérieur pour l’envoi des forces de l’ordre sur le campus.

Selon lui, cette décision est intervenue après des informations jugées préoccupantes émanant des services de renseignement. « Nous avons été informés de ce qui se préparait à l’UCAD. Certains étudiants voulaient brûler la bibliothèque, le restaurant, le COUD… », a-t-il déclaré, évoquant des menaces sérieuses contre des infrastructures qu’il qualifie de stratégiques et symboliques pour l’université.

Face à ce qu’il considère comme un risque imminent pour les biens publics, le Premier ministre dit avoir pris ses responsabilités. « J’ai appelé le ministre de l’Intérieur pour prendre ses responsabilités », a-t-il affirmé, assumant pleinement son rôle dans la chaîne décisionnelle. Dans un ton ferme, il a ajouté : « Si c’était à refaire, nous allons le refaire. »

Toutefois, dans le même élan, le chef du gouvernement a reconnu des dérives lors de l’intervention. Il a concédé que « des incidents malheureux et des manquements de la part des FDS ont été notés », dénonçant un usage disproportionné de la force. « Ce n’est pas du maintien de l’ordre. Ce sont des abus inacceptables », a-t-il martelé, promettant que les responsabilités seraient situées.

Sur la question sensible des franchises universitaires, Ousmane Sonko a tenu à faire une distinction claire. Selon lui, ces franchises concernent essentiellement les espaces académiques. Le campus social, a-t-il soutenu, « est comme tous les quartiers de Dakar », estimant que les forces de sécurité y sont habilitées à intervenir pour maintenir l’ordre public au même titre que dans n’importe quelle zone urbaine.

Enfin, dans un exercice qu’il a présenté comme un devoir de transparence, le Premier ministre a affirmé assumer sa part de responsabilité politique. « Je fais partie de la chaîne de responsabilité car c’est moi qui ai donné les instructions, même si nous ne l’avions pas souhaité », a-t-il déclaré.

Une sortie qui relance le débat sur l’équilibre entre préservation de l’ordre public et respect des libertés académiques, dans un contexte universitaire déjà marqué par de vives tensions.

 

Abdou Latif NDIAYE 

 

 

 

 

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