CUDIS: Lancement à Dakar du projet «DAHIRAS»
Le CUDIS mise sur les associations islamiques pour le développement islamique
Le Cadre Unitaire de l’Islam au Sénégal (CUDIS) a officiellement donné le coup d’envoi, ce vendredi à Dakar, de son ambitieux projet « DAHIRAS ». Cette initiative, déployée sur deux ans, cible plus de 20 000 dahiras et associations islamiques à travers le pays, avec l’objectif de transformer ces structures en pôles dynamiques de spiritualité, d’éducation citoyenne, de formation professionnelle et d’inclusion économique, notamment pour les femmes rurales et les jeunes.
Selon le document remis à la presse, ce projet intervient dans un contexte de profondes mutations sociales et économiques au Sénégal. «Face à ces bouleversements, il ne s’agit pas seulement d’observer, mais d’agir concrètement en valorisant la vitalité associative de nos communautés religieuses comme levier de développement et de cohésion citoyenne », souligne le CUDIS.
Cheikh Ahmed Tidiane Sy, vice-président du CUDIS, a détaillé l’envergure de cette opération. « Avec une population composée à près de 70 % de jeunes de moins de 30 ans, et un taux de chômage des jeunes qui dépasse les 16 % à ce jour, le projet vise à renforcer leurs capacités », a-t-il expliqué. Il a également rappelé les difficultés économiques auxquelles sont confrontées les femmes rurales, représentant 55 % de la population féminine, victimes d’une exclusion persistante liée aux contraintes sociales et culturelles.
Le projet « DAHIRAS » couvrira au départ cinq grandes régions du pays : Dakar, Thiès, Diourbel, Saint-Louis, Kaolack, ainsi que la zone sud. La phase pilote concernera une cinquantaine de dahiras membres du CUDIS, avant un élargissement à 200 dahiras, puis un déploiement national. « Grâce à la formation des formateurs, nous visons à toucher à terme plus de 20 000 dahiras sur l’ensemble du territoire sénégalais », a précisé Cheikh Sy.
La formation inclura plusieurs filières, notamment l’agriculture, l’industrie agroalimentaire, l’artisanat, l’hôtellerie, la cuisine, la coiffure pour les femmes, ainsi que le renforcement des capacités en plaidoyer communautaire.
De son côté, Abdoul Aziz Mbacké Majalis, président du CUDIS, a rappelé l’importance de mobiliser ces structures endogènes pour promouvoir les valeurs morales et spirituelles qui fondent l’identité sénégalaise. Il a également annoncé le lancement de formations certifiantes destinées à outiller efficacement les membres des dahiras, afin qu’ils contribuent activement au développement du pays.
Sur le plan national, le président du CUDIS a attiré l’attention sur les récents scandales éthiques qui secouent la société sénégalaise. Il a fermement réaffirmé l’attachement du cadre unitaire aux valeurs religieuses et islamiques qui condamnent fermement ce type de comportements « déviants ».
Le CUDIS s’est félicité des initiatives législatives récentes du gouvernement, qui renforcent la réglementation sur ces questions. Il encourage l’État à poursuivre cette dynamique, reflet selon lui de la volonté du peuple sénégalais et de sa vision du vivre-ensemble.
Enfin, le CUDIS a lancé un appel solennel aux autorités pour une coopération renforcée avec les éducateurs et les religieux, acteurs essentiels de la préservation des valeurs sociétales et de la stabilité sociale.
En conclusion, le Cadre Unitaire de l’Islam au Sénégal réaffirme son engagement à contribuer, par le dialogue et la responsabilité, à la consolidation des fondements moraux, sociaux et institutionnels de la nation, pour garantir la cohésion nationale, la souveraineté culturelle, et l’avenir du Sénégal.
Abdou Thiam DOGO
