Limogeage de Bassirou KÉBÉ: Bougar DIOUF dénonce une “sanction de la vérité”

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Bassirou Kébé, DG SN-HLM limogé

Le président de l’Union des Panafricanistes Sénégalais (UPS), Bougar Diouf, s’oppose fermement au limogeage de Bassirou Kébé. Dans une déclaration au ton grave et argumenté, il estime que cette décision envoie un signal inquiétant pour la démocratie et appelle à une application équitable de la responsabilité politique au sein du gouvernement.

Une opposition assumée et structurée

La réaction ne s’est pas fait attendre. Bougar Diouf, président de l’Union des Panafricanistes Sénégalais (UPS), a publiquement exprimé son désaccord avec la décision de limoger Bassirou Kébé. Selon lui, cette mesure ne saurait être interprétée comme un simple ajustement administratif, mais comme une sanction infligée à une parole jugée dérangeante.

Pour le leader panafricaniste, la question dépasse largement le cas individuel. « La vérité ne doit jamais être sanctionnée », martèle-t-il, estimant que dans une République, la redevabilité envers le peuple prime sur toute logique de confort politique.

La redevabilité au cœur du débat

Bougar Diouf rappelle qu’occuper une fonction stratégique au sein de l’État implique d’assumer la réalité, y compris lorsqu’elle expose des difficultés ou des retards dans la mise en œuvre des engagements. À ses yeux, le peuple sénégalais attend des résultats concrets, non des discours.

Il pointe un décalage ressenti par de nombreux citoyens entre les promesses de rupture et leur traduction effective dans les politiques publiques. « On ne peut pas incarner la transformation tout en reproduisant les pratiques que l’on dénonçait hier », souligne-t-il, évoquant une exigence de cohérence entre la parole et l’action.

La critique interne, mécanisme démocratique

Au cœur de son argumentaire, le président de l’UPS défend la légitimité de la critique interne. Dans une démocratie mature, affirme-t-il, la contradiction ne constitue ni une trahison ni une faute politique, mais un mécanisme d’alerte permettant de corriger les trajectoires.

Sanctionner une voix critique, estime-t-il, risque d’installer un climat où « l’alignement prime sur la sincérité » et où le silence devient un refuge stratégique. Une telle dynamique affaiblirait, selon lui, la confiance citoyenne.

Une responsabilité jugée “sélective”

Au-delà du limogeage, Bougar Diouf soulève la question de l’équité dans l’appréciation des responsabilités politiques. Il cite plusieurs dossiers ayant suscité des controverses publiques.

Il évoque notamment le ministre de l’Intérieur, Mouhamadou Bamba Cissé, dont la communication autour d’une vidéo liée aux événements universitaires a été vivement commentée. Il mentionne également la ministre Yassine Fall, dans le contexte des déclarations faites autour du dossier impliquant Farba Ngom.

Le ministre de l’Enseignement supérieur est aussi cité pour sa gestion des tensions universitaires et des franchises académiques. D’autres noms sont avancés, tels que Cheikh Tidiane Dièye dans les débats liés à l’ONAS, ou encore Jean Michel Sène dans l’affaire dite « ASER », autant de dossiers qui, selon lui, auraient pu justifier un examen politique plus approfondi.

Pour Bougar Diouf, si des fautes politiques doivent être sanctionnées, elles doivent l’être de manière globale et équitable. À défaut, cela donnerait l’image d’une justice politique à géométrie variable.

Vers une remise à plat gouvernementale ?

Dans une analyse plus large, le président de l’UPS estime que la situation aurait pu conduire à une réévaluation complète de l’équipe gouvernementale dirigée par Ousmane Sonko, voire à une dissolution du gouvernement afin de « repartir sur des bases plus claires ».

Au fond, insiste-t-il, la question centrale reste celle de la culture politique à bâtir : loyauté aveugle ou responsabilité assumée ? Communication stratégique ou résultats mesurables ? Gouvernance verticale ou concertation élargie ?

Un débat qui dépasse les personnes

Pour Bougar Diouf, le limogeage de Bassirou Kébé soulève un enjeu de principe : celui de la place de la vérité dans l’action publique. Il considère que la démocratie se consolide par le débat, la transparence et l’acceptation de la contradiction.

«L’histoire retient toujours ceux qui ont eu le courage de parler», affirme-t-il, maintenant sa position selon laquelle la décision prise n’est «ni juste ni opportune».

Abdou Latif NDIAYE 

 

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