AND Samm JIKKO YI dénonce un scandale d’abus sexuels et presse le gouvernement de criminaliser l’homosexualité
Ce lundi, 16 février 2026 à Dakar, le mouvement AND Samm JIKKO YI a tenu une conférence de presse consacrée à l’actualité nationale, marquée par la dénonciation d’un scandale majeur d’abus sexuels. Lors de cette allocution, la porte-parole Adja Ndeye Diop a également lancé un ultimatum au gouvernement pour qu’il criminalise l’homosexualité au Sénégal.
Selon Mme Diop, une enquête conjointe menée par les polices sénégalaise et française a récemment permis de démanteler un réseau criminel transnational, impliqué dans des abus sexuels sur mineurs et la transmission volontaire du VIH/SIDA. Le principal suspect, Pierre Robert, ressortissant français surnommé «le patron du mal» par la presse locale, aurait recruté des jeunes désœuvrés pour participer à des vidéos pornographiques. Les victimes, des mineurs, auraient été droguées et contaminées volontairement au VIH lors d’actes filmés et diffusés en direct. «On peut affirmer sans risque que ce monsieur Robert est l’un des rares nostalgiques de la traite négrière», a affirmé le mouvement, établissant un parallèle audacieux.
Saisissant cette tribune, AND Samm JIKKO YI a remis en cause le cadre juridique sénégalais. «Le Sénégal est à 96 % musulman et profondément croyant. Comment lui a-t-on imposé un système de gouvernance laïque ?», s’est interrogée sa porte-parole. L’organisation critique la Constitution sénégalaise qu’elle considère comme une «réplique exacte de la Constitution française d’inspiration maçonnique», ainsi que les conventions internationales ratifiées par Dakar, notamment le Protocole de Maputo, qu’elle accuse d’entraver la répression de l’homosexualité. «L’article 319, alinéa 3 du Code pénal peut tout réprimer, sauf l’homosexualité», dénonce l’organisation, qualifiant la loi de «laxiste».
Depuis l’arrivée des nouvelles autorités en mars 2024, AND Samm JIKKO YI détaille ses démarches auprès du pouvoir. Une première lettre a été adressée le 24 mai 2024 pour rappeler les promesses de campagne, suivie d’une autre le 13 janvier 2025 au président Bassirou Diomaye Faye et au Premier ministre Ousmane Sonko. Des audiences ont eu lieu le 20 février 2025 avec le président de l’Assemblée nationale et le 20 mai 2025 avec le groupe parlementaire Pastef. En parallèle, le mouvement a organisé deux grands rassemblements, dont la «Journée Raibon» à Kolda en janvier dernier. Mais, déplore Adja Ndeye Diop, «toutes ces démarches n’ont abouti qu’à de vagues promesses restées lettre morte».
L’organisation rappelle que le gouvernement actuel, élu sur des promesses de rupture et de souveraineté nationale face aux pressions internationales sur les questions de genre, s’est engagé à criminaliser l’homosexualité. Elle fixe désormais une date butoir, le 8 avril prochain, faute de quoi elle se réserve le droit d’engager d’autres actions, dont la nature reste à préciser. «D’une façon ou d’une autre, cette question devra être réglée», avertit-elle.
Abdou Thiam Dogo
