M TALLA SYLLA,  LE SÉNÉGAL N’EST NI UN TROPHÉE NI UN TAPIS ROULANT POUR LES AMBITIONS PERSONNELLES

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Monsieur Talla Sylla,

Votre tribune, sous le prétexte fallacieux de la « grandeur du Sénégal », est une insulte à la mémoire des victimes, une moquerie envers les familles endeuillées, et une tentative éhontée de blanchir l’impunité sous le vernis de l’unité nationale. Vous osez invoquer l’Histoire, mais laquelle ? Celle qui compte ses morts par dizaines, ses blessés par centaines, ses économies exsangues, ou celle qui ferme les yeux sur les détournements massifs de deniers publics au nom d’une prétendue « exception sénégalaise » ?

 

La grandeur ne se décrète pas, elle se mérite.

Elle ne s’écrit pas dans des discours lyriques sur la Téranga alors que des étudiants meurent dans des manifestations réprimées dans le sang. Elle ne se construit pas en sacrifiant la justice sur l’autel d’une candidature internationale, fût-elle celle d’un ancien président dont le bilan est entaché de soupçons de corruption, de répression, et de gouvernance clanique. Le Sénégal n’a pas besoin d’un nouveau « symbole » à l’ONU : il a besoin de comptes rendus, de réparations, et d’institutions qui protègent ses citoyens au lieu de les écraser.

 

Parler d’unité nationale alors que des familles pleurent leurs enfants, c’est une obscénité.

Abdoulaye Ba n’est pas une abstraction, Monsieur Sylla. C’est un jeune homme dont le sang a coulé sur le bitume de nos rues, comme celui de tant d’autres avant lui. Vouloir tourner la page sans justice, c’est piétiner leur mémoire. La « grandeur » que vous invoquez ne peut reposer sur l’oubli des crimes, ni sur l’impunité des responsables. Elle ne peut se contenter d’une amnistie bricolée pour apaiser les tensions *sans régler les comptes*.

 

Le monde nous observe ? Tant mieux.

Qu’il voie donc un Sénégal qui refuse de se soumettre aux calculs politiciens, qui exige des comptes pour chaque franc CFA détourné, pour chaque vie brisée. Qu’il voie un président qui place la justice au-dessus des alliances, et la dignité du peuple au-dessus des intérêts partisans. Macky Sall à l’ONU ? Très bien. Mais d’abord, Macky Sall devant la justice sénégalaise, pour répondre des actes commis sous son mandat. Sinon, votre « grandeur » n’est qu’une mascarade, et votre « Sénégal éternel » une coquille vide.

 

La vraie audace, Monsieur Sylla, ce n’est pas de soutenir un prédécesseur controversé.

C’est d’oser dire : *« Au Sénégal, personne n’est au-dessus des lois. »* C’est de garantir que les détournements seront punis, que les familles des victimes seront entendues, et que les institutions seront réformées pour empêcher que l’Histoire ne se répète. La jeunesse sénégalaise ne rêve pas de symboles creux. Elle exige des actes concrets : **emplois, justice, transparence**.

 

Votre appel à la magnanimité sonne comme une capitulation.

La République n’est pas une « famille » où l’on enterre les conflits sous le tapis pour sauver les apparences. C’est un contrat social, fondé sur la responsabilité et l’équité. Si le président Faye veut vraiment incarner la grandeur, qu’il commence par rompre avec la culture de l’impunité. Qu’il prouve que le Sénégal n’est plus le pays où l’on achète l’oubli des crimes avec des postes internationaux.

 

Au nom de ce Sénégal qui souffre, au nom de ceux qui ont tout perdu, refusons l’hypocrisie.

La vraie grandeur, c’est de regarder la vérité en face, même quand elle dérange. Elle est dans le courage de dire : *« Non, nous ne sacrifierons pas la justice pour une photo à l’ONU. »*

 

Le Sénégal mérite mieux que des compromis honteux. Il mérite une justice implacable, une mémoire respectée, et un avenir où aucun citoyen ne mourra plus pour avoir osé réclamer ses droits.

 

C’est cela, la grandeur. Le reste n’est que poudre aux yeux.

 

Pap Souleye NDIAYE

 Eco Citoyen 

 La dignité d’un peuple se mesure à sa capacité à exiger la vérité, même contre ses propres dirigeants. 

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