Crises universitaires: Thierno Alassane Sall accuse Ousmane Sonko de renier ses engagements

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En conférence de presse ce dimanche, Thierno Alassane Sall a violemment attaqué le Premier ministre Ousmane Sonko, dénonçant un «revirement fondamental » sur la question des bourses universitaires et une gestion «répressive » de la crise sur les campus. Le leader de la République des Valeurs parle d’« une crise nationale » et accuse le gouvernement de manipulation et de manque d’empathie.

La tension monte d’un cran sur le front universitaire. Face à la presse, ce dimanche, le député et président du parti République des Valeurs n’a pas mâché ses mots. Selon lui, le malaise actuel procède d’« une confrontation entre deux visions de l’université », opposant les engagements passés du leader de Pastef à la ligne désormais assumée par l’exécutif.

« C’était la vision annoncée dans le projet, celle de Sonko qui allait à l’université dire aux étudiants : vous avez tous droit à la bourse », a rappelé TAS. Pour le parlementaire, le discours actuel du gouvernement, invoquant la pauvreté du pays pour justifier la réforme des bourses, constitue une rupture brutale avec les promesses antérieures. « Ce changement est vécu par les jeunes comme une trahison intolérable », a-t-il insisté.

Au-delà du fond, l’ancien ministre critique la méthode. Il reproche au gouvernement un déficit de dialogue et une posture de fermeté assumée. Citant une déclaration du ministre de l’Enseignement supérieur à l’Assemblée nationale — « ça passera ou ça casse » — il dénonce une logique d’imposition plutôt qu’une démarche pédagogique et concertée.

Une «crise nationale» aux ramifications multiples

Pour Thierno Alassane Sall, la crise universitaire n’est que le révélateur d’un malaise plus profond. « Jamais le Sénégal n’a été aussi malade », a-t-il lancé, évoquant pêle-mêle l’échec de la campagne agricole, le pillage présumé de données informatiques par des sociétés étrangères et l’impasse de certaines affaires judiciaires.

Selon lui, le pouvoir chercherait à détourner l’attention. « L’autre lâcheté de ce gouvernement, c’est de dire qu’il y a des opposants derrière », a-t-il affirmé, rejetant toute tentative d’instrumentalisation politique du mouvement estudiantin. À l’en croire, le Premier ministre chercherait des boucs émissaires pour masquer ses difficultés à gérer la situation.

Il a également dénoncé ce qu’il qualifie de « manque d’empathie du régime », fustigeant la tenue d’activités festives au CICES pendant que les universités traversaient, selon lui, « une sorte de tragédie ».

«La terreur de la répression»

Le député est aussi longuement revenu sur les violences enregistrées sur le campus. Présentant ses condoléances à la famille de l’étudiant Abdoulaye Ba, décédé le 9 février, ainsi qu’à celle du journaliste Georges Déthié Diop, il a dressé un tableau alarmant des affrontements.

Il a évoqué des étudiants blessés, dont l’un aurait perdu un œil, et dénoncé l’usage disproportionné de la force par les forces de l’ordre. « Comment peut-on tirer à bout portant avec une arme sur une personne désarmée ? C’est le comble de l’intolérable », a-t-il déclaré.

Pour TAS, certains jeunes auraient agi par désespoir, cherchant à échapper à une situation qu’il décrit comme marquée par « la terreur de la répression ».

À travers cette sortie musclée, le leader de la République des Valeurs place le gouvernement face à ses engagements passés et appelle à un changement de cap. Reste à savoir si cette interpellation trouvera un écho au sein de l’exécutif ou si la fracture entre le pouvoir et une partie de la jeunesse universitaire continuera de se creuser.

Abdou Latif NDIAYE

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