Coalition Diomaye Président / Bougar Diouf démonte son “exclusion” et interpelle Aminata Touré: «La souveraineté d’un parti ne se sanctionne pas»
Le président de l’Union des Panafricanistes Sénégalais (UPS) conteste vigoureusement son exclusion annoncée de la Coalition Diomaye Président par sa coordonnatrice, Aminata Touré. En cause : son soutien à la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies. Pour Bougar Diouf, la décision est juridiquement infondée, politiquement incohérente et contraire aux principes du pluralisme démocratique.
La rupture est consommée, mais le débat ne fait que commencer. Dans une déclaration dense et argumentée, Bougar Diouf, président de l’Union des Panafricanistes Sénégalais (UPS), réfute catégoriquement toute « auto-exclusion » de la Coalition Diomaye Président, consécutive à une conférence de presse de son parti soutenant la candidature de Macky Sall au Secrétariat général de l’ONU.
Pour lui, la communication de la coalition dirigée par Aminata Touré repose sur une interprétation erronée du droit politique et des textes encadrant les alliances partisanes.
Une question de droit avant d’être politique
Bougar Diouf invoque d’abord la Constitution sénégalaise, qui consacre la liberté d’association politique, l’autonomie des partis et le pluralisme démocratique. « Une coalition est une alliance contractuelle, non une autorité hiérarchique », rappelle-t-il.
Selon lui, aucun texte public ne prévoit de mécanisme disciplinaire permettant à la coalition de prononcer une exclusion sans procédure contradictoire, délibération formelle et notification régulière. En l’absence de règlement intérieur clair ou de clause disciplinaire explicite, la déclaration d’exclusion serait, selon ses termes, « politiquement déclarative mais juridiquement inopposable ».
Position internationale ou faute politique ?
Au cœur de la controverse : le soutien affiché par l’UPS à la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies.
Bougar Diouf insiste : il ne s’agit ni d’un acte d’hostilité envers le président en exercice, Bassirou Diomaye Faye, ni d’une remise en cause des engagements pris au sein de la coalition. « C’est un positionnement diplomatique et panafricain », affirme-t-il, relevant du débat stratégique international et non de la politique intérieure.
Il souligne par ailleurs ce qu’il considère comme une incohérence politique : Aminata Touré, qui s’est publiquement opposée à cette candidature, disposerait-elle d’un droit d’opinion que les autres formations membres n’auraient pas ? « Pourquoi sanctionner un choix souverain d’un parti alors que l’expression d’un désaccord est admise au sein même de la coalition ? », interroge-t-il.
Discipline ou uniformité ?
L’affaire met en lumière une tension classique dans les coalitions politiques : jusqu’où va la discipline collective ?
Bougar Diouf défend une conception pluraliste de l’alliance. « La loyauté n’implique pas l’alignement absolu », soutient-il. Pour lui, la cohésion d’une coalition mature repose sur la capacité à intégrer des sensibilités différentes, notamment sur des questions internationales qui ne relèvent pas directement du programme gouvernemental.
Il avertit également des conséquences d’une exclusion jugée irrégulière : contestation juridique possible, fragilisation politique et atteinte à l’image démocratique de la coalition.
Vers un bras de fer politique ?
Le président de l’UPS affirme n’avoir reçu aucune notification formelle conforme aux principes élémentaires du droit organisationnel. Il annonce qu’un point de presse sera prochainement organisé pour informer l’opinion nationale et internationale.
Au-delà du cas individuel, cette controverse pose une question plus large : une coalition majoritaire peut-elle exiger l’uniformité totale de ses membres sur des enjeux extérieurs au pacte initial ?
Entre souveraineté partisane et discipline collective, le débat est désormais public. Et il pourrait bien redessiner les équilibres internes de la Coalition Diomaye Président.
Abdou Latif NDIAYE
