Transition énergétique au Sénégal: Le projet FETE mise sur la maintenance solaire pour renforcer l’autonomisation des femmes

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L’association SUXALI JIGGEN, en partenariat avec Women Engage for a Common Future (WECF), a organisé à Dakar une journée de restitution des résultats d’une étude de faisabilité portant sur la création d’une filière de maintenance et de réparation des équipements solaires. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet FETE (Femmes engagées pour la transition énergétique et l’eau).

Des impacts économiques et climatiques jugés positifs

Selon Mme Fatou Ndoye, présidente de SUXALI JIGGEN, la phase pilote du projet a généré des impacts significatifs, notamment sur le plan économique. « Le projet a permis aux femmes de renforcer leur autonomisation économique, ce qui se manifeste notamment à travers la réduction de la facture énergétique », a-t-elle souligné.

Au-delà de l’aspect financier, des retombées environnementales ont également été observées. D’après Mme Ndoye, les bénéficiaires ont pu réduire leur empreinte carbone tout en développant une meilleure compréhension des enjeux climatiques. L’accès aux technologies solaires constitue ainsi un levier stratégique pour soutenir la transition énergétique au Sénégal, en particulier dans les secteurs productifs.

Une filière de maintenance, enjeu central

Malgré ces avancées, plusieurs défis demeurent. Le principal concerne la maintenance des infrastructures solaires. « Après l’installation des équipements, un accompagnement durable est indispensable pour garantir leur longévité », a insisté la présidente de SUXALI JIGGEN.

La mise en place d’une filière structurée de maintenance et de réparation apparaît dès lors comme une priorité. L’objectif est d’assurer un service de proximité capable de répondre aux besoins des groupements d’intérêt économique (GIE) et des micro-entreprises féminines, notamment en milieu rural et périurbain.

Le défi du financement reste également crucial. Les initiateurs du projet plaident pour la mise en place de mécanismes adaptés permettant aux organisations de femmes d’accéder plus facilement aux équipements solaires, condition essentielle à l’élargissement de l’initiative au-delà de la phase pilote.

Former une nouvelle génération de techniciennes solaires

Le projet FETE, financé par la Région Eau de France, concerne actuellement dix groupements féminins regroupant plus de 300 femmes entrepreneures actives dans la transformation de fruits, de légumes, de céréales et de produits halieutiques.

Pour Anne Barre, chargée du plaidoyer genre et climat à WECF, la pérennisation des acquis passe par la formation. « Nous voulons structurer une filière de maintenance et de réparation capable de former des jeunes femmes techniciennes qui interviendront auprès des GIE et des petites entreprises féminines », a-t-elle expliqué.

Dans un contexte où les micro-entreprises féminines du secteur agroalimentaire peinent à accéder aux équipements solaires et aux formations spécialisées, cette démarche ambitionne de créer un écosystème durable, combinant transition énergétique, création d’emplois féminins et développement local.

À travers le projet FETE, les acteurs engagés démontrent ainsi que la transition énergétique peut constituer un puissant levier d’inclusion économique et sociale, tout en répondant aux impératifs climatiques du Sénégal.

M SARR

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