Souveraineté, droits humains et procès politique : réponse à Seydi Gassama  

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Par Elimane Abdoul FALL

Les récentes déclarations de Seydi Gassama, à propos d’une candidature internationale non encore officielle de l’ancien Président Macky Sall, posent un problème de fond : celui de la confusion entre plaidoyer pour les droits humains et règlement de comptes idéologique.

Quelle que soit l’appréciation portée sur son bilan national, la présence de Macky Sall à l’ONU constituerait pour le Sénégal et l’Afrique un atout diplomatique fondé sur une reconnaissance internationale établie.

En cherchant à établir un lien direct et exclusif entre Macky Sall et les violences politiques survenues au Sénégal entre 2021 et 2024, pour le disqualifier, M. Gassama propose une lecture réductrice et sélective d’une crise autrement plus complexe. Ces événements résultent de responsabilités partagées, de stratégies de confrontation, de radicalisation des discours et de tensions institutionnelles. Les résumer à un seul homme relève davantage de l’instrumentalisation politique que de l’analyse rigoureuse.

Mais au-delà de cette tentative de réécriture, une constante traverse les prises de position de M. Gassama depuis plus d’une décennie : une hostilité persistante à l’égard de Macky Sall, enracinée dans un désaccord idéologique ancien. Durant tout son magistère, l’ancien Président a assumé de ne pas faire des réformes sociétales sensibles (qui ne font pas consensus au Sénégal) une priorité de l’action publique. Ce choix, conforme aux orientations majoritaires de la société sénégalaise, n’a jamais varié.

Que ce désaccord existe est légitime dans une démocratie. Qu’il serve aujourd’hui à disqualifier un parcours international et à tenter d’orienter la position diplomatique du Sénégal et de l’Afrique toute entière à travers une ONG comme Amnesty Internationale, l’est beaucoup moins.

La défense des droits humains ne gagne rien à devenir sélective, passionnelle ou punitive. Elle perd en crédibilité lorsqu’elle confond universalité des principes et pression idéologique, ou lorsqu’elle cherche à affaiblir un État souverain parce qu’un Président élu a refusé d’ériger certains combats en politiques publiques prioritaires.

Le Sénégal mérite un débat exigeant, mais équitable. L’Afrique mérite une lecture de ses trajectoires politiques respectueuse de la souveraineté des peuples. Et les droits humains méritent mieux que d’être instrumentalisés au gré des rancœurs politiques.

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