CAN MAROC 2025: Retour sur les péripéties d’une compétition

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Sénégal-Maroc 1-0 (2)

De notre envoyé spécial au Maroc : Cheikh Fantamady Keita
La 35e coupe d’Afrique des nations de football (CAN) qui vient de se tenir au Maroc du 21
décembre 2025 au 18 janvier 2026, a baissé ses rideaux dans le dépassement et les
interrogations. Pour une compétition qui était parti être pour la meilleure de toute l’histoire de la
CAN, an plan organisationnel, le Royaume du Maroc est tombé très bas. Votre fidèle Quotidien
revient sur les tenants et aboutissants de cette compétition qui a retenu l’attention du monde
entier durant un mois.
Réputé être un pays d’accueil par la diversité de sa culture et la bonne entente avec les frères africains,
le Maroc a perdu un atout de taille : celui de convaincre sur ses capacités de pays d’accueil. Car une
semaine après la finale rocambolesque ayant opposé les « Lions » du Sénégal et les « Lions de
l’Atlas », les débats et commentaires sont toujours entretenus à travers le continent africain, l’Europe, les
Etats-Unis, l‘Asie et l’Océanie ; parce que tout simplement des populations de ces continents avaient
rallié le Royaume Chérifien avec l’espoir de vivre d’intenses moments de football.
Et cela fut le cas sauf dans certains détails qui avaient leur importance dans le déroulement de la
compétition. Et c’est le Maroc censé de donner bonne figure qui a été aux-avants-premières de ce que le
public, les supporters détestaient le plus : le mauvais arbitrage. Tout a tourné d’ailleurs autour de cela.
Comment pouvait-on en arriver là ? C’est simple, le Maroc a organisé pour gagner, mais pas pour avoir
le satisfecit de la communauté du football. Et une semaine après cette finale mémorable qui a vu le
Sénégal commettre le « crime de lèse-majesté » devant sa Majesté, en remportant le trophée
continental, les péripéties de cette finale sont encore ressassées dans le landerneau du football.
En fait, le Maroc avait bien préparé cette CAN, sauf qu’il n’avait pas prévu de se voir battre devant son
peuple à l’ultime étape de cette compétition. 50 ans après avoir remporté son unique trophée en 1976,
les « Lions de l’Atlas » espéraient retrouver cette coupe chez eux. Au coup de sifflet final, ils ont
déchanté dans un Complexe Sportif Moulay Abdellah de Rabat qui était plein à craquer, qui était tout
acquis à leur cause en ce dimanche 18 janvier 2026. Une date que le Maroc n’est pas près d’oublier, une
date qui restera comme un cauchemar pour le football marocain pour plusieurs raisons. Tout cela, dans
et autour du rectangle vert : Arbitre dépassé, VAR complaisante, stadiers et forces de l’ordre partisans,
influence grandissante des organisateurs, public hostile, FIFA et CAF partisantes, président de
Fédération camerounaise et ancienne star des « Lions indomptables » Samuel Eto’o, qui écope de
quatre matches de suspension « pour mauvaise conduite » dans les tribunes.
Dans la Zone Mixte, où les joueurs des deux équipes sont censés répondre à la volée aux journalistes,
aucun marocain n’a voulu s’exprimer. Pire, Pape Thiaw n’a pas pu parler devant la presse. Quand le
sélectionneur sénégalais s’est présenté en conférence de presse, il est de coutume de l’applaudir. Mais
ce dimanche soir, Pape Thiaw a été accueilli par les huées des journalistes locaux, mécontents de son
comportement et de celui du Sénégal. Certains se sont même levés pour boycotter sa prise de parole, lui
demandant de dégager.
Ils ont ensuite fait un esclandre avant que des journalistes sénégalais ne s’en mêlent et que la situation
ne s’envenime. Le sélectionneur a quitté la salle sans avoir pu dire un mot. Devant la tension, la
Confédération africaine de football a préféré ensuite annuler la conférence de presse de Pape Thiaw
pour des raisons de sécurité. Des actes qui ont sauté aux yeux de tous ceux qui suivaient cette CAN de
prés ou de loin. Malgré ces faits, les marocains cherchent à se dédouaner, mais les faits sont têtus, ils
ont été vus par tout le monde au stade et à travers le petit écran.
Mais à leurs yeux, il fallait chercher la petite bête et elle fut toute trouvée : le Sénégal qui a commis un
« crime de lèse-majesté ». Mais, ils oublient que si Brahim Diaz n’avait pas joué au plus malin avec une
Panenka qu’il ne maitrise pas, les « Lions » de l’Atlas n’en seraient pas là aujourd’hui à accuser l’autre
camp. Car cette fête du football était parti pour être belle, même si certains stades n’étaient pas pleins, à
l’exception du Complexe Sportif Prince Moulay Abdellah, antre des « Lions de l’Atlas ». Comme disait un
supporter camerounais au sortir du match Maroc-Cameroun : « Nous étions partis pour une CAN qui
devait être la fête du football. On nous a entraîné dans la haine. Nos tam-tam et tambours, nos flûtes et
guitares ont tenté de jouer la symphonie. Elle est restée inachevée. Dommage pour la FIFA et la CAF »,
le dépit était partout sur les visages.
Dommage également pour le Maroc qui a voulu jouer sur deux fronts : celui de l’organisation et de la
participation, oubliant que la réussite de l’une n’entraîne pas forcément celle de l’autre. Et, c’est ainsi que
la confusion de ces deux tableaux a parasité le spectacle et braqué le monde contre ce pays. Dommage
!!!

Ailleurs, les sons de cloche sont presque identiques avec notamment l’implication des médias qui y sont
allés de leurs commentaires. Ainsi, pour l’AFP, « la CAN-2025 s’est déroulée dans un climat de suspicion
généralisée vis-à-vis des arbitres, accusés tout au long du tournoi de favoriser le Maroc, le pays-hôte
(matches contre la Tanzanie en 8e, face au Cameroun en quart, devant le Nigeria en demi). Le
paroxysme ayant été atteint en finale qui a basculé dans le chaos à la suite de décisions litigieuses ».

Le pénalty qui a tout déclenché

L’image la plus marquante de cette Coupe d’Afrique restera celle des sénégalais quittant le terrain après
le penalty accordé aux marocains à la toute fin du temps réglementaire ; et cela, dans la foulée d’un but
refusé aux « Lions » du Sénégal. Une réaction radicale, signe de la nervosité ambiante et de la méfiance
dont les officiels ont fait l’objet durant tout le long de cette CAN. Les critiques à l’encontre des directeurs
de jeu sont un classique à la CAN mais jamais ces griefs n’avaient pris une telle tournure, allant jusqu’à
gâcher la finale et ternir l’image d’une épreuve dont l’organisation avait été jusque-là irréprochable.
« Depuis le début, ça a été malsain », a déploré le sélectionneur du Maroc Walid Regragui à l’issue de la
défaite de son équipe devant son public (1-0 a.p.), en référence à l’atmosphère pesante qui a
accompagné chacune des sorties de son équipe. Au-delà de la pression mise par les supporters
marocains durant les matches des « Lions de l’Atlas », du peu de places allouées aux adversaires de la
nation organisatrice ou de certains comportements antisportifs, comme ces ramasseurs de balle tentant
d’arracher des mains d’un joueur sénégalais (le gardien remplaçant Yehvann Diouf) la serviette du
gardien Edouard Mendy, les motifs de crispation entre joueurs et arbitres ont été légions.

Arbitre dépassé

Mais c’est surtout la gestion de la finale par le congolais Jean-Jacques Ndala Ngambo qui est pointée du
doigt, cet arbitre ayant semblé totalement dépassé par la situation, et manquant d’autorité pour gérer
cette crise.
Concernant le but refusé au Sénégal pour une faute sur le défenseur du PSG Achraf Hakimi, il y a bien
« accrochage, mais c’est très léger », estime l’ancien arbitre international français Bruno Derrien,
interrogé par l’AFP. « Je pense qu’il siffle trop vite. S’il avait laissé jouer sans sanctionner cette faute, le
but aurait sans doute été vérifié à la VAR et probablement validé », ajoute-t-il. Ensuite, le penalty
accordé au Maroc après un contact entre Brahim Diaz et le défenseur sénégalais El Hadji Malick Diouf
est également douteux, ajoute l’ancien arbitre, et fait suite à une « micro-faute » alors que la tension était
énorme.
Cerné par les joueurs et l’encadrement des deux équipes, dans une ambiance rendue assourdissante
par les sifflets des spectateurs marocains, Jean-Jacques Ndala Ngambo a-t-il eu la sérénité nécessaire
au moment de consulter l’écran de la VAR ? Sa décision a en tout cas provoqué la fureur des sénégalais
dont certains ont quitté le terrain en signe de protestation, interrompant la partie pendant une vingtaine
de minutes.
A la décharge des Marocains, l’arbitre congolais a aussi été trop passif durant cet épisode
rocambolesque. Or, les Lois du Jeu définies par l’IFAB stipulent « qu’un joueur doit être averti s’il retarde
la reprise du jeu » ou s’il « quitte délibérément le terrain sans l’autorisation de l’arbitre ». Ce qui aurait pu
entraîner l’exclusion de plusieurs Sénégalais, déjà sous le coup d’un carton jaune. « C’était surréaliste.
Si les sénégalais n’étaient pas revenus sur le terrain, je pense que l’arbitre aurait mis un terme à la
rencontre, avec derrière des sanctions contre le Sénégal », affirme Bruno Derrien.
Et le ridicule dans cet épisode, c’est lorsque le président de la Fifa Gianni Infantino a condamné lundi
« le comportement de quelques joueurs sénégalais et des membres du staff technique » et a appelé la
CAF à prendre « les mesures appropriées ». Cette dernière a, dans la foulée, indiqué qu’elle « soumettra
l’affaire aux instances compétentes afin que des mesures appropriées soient prises à l’encontre des
personnes reconnues coupables ».
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Des leçons à tirer pour l’organisation

Cette 35e CAN que le Maroc voulait meilleure que la 34e en Côte d’Ivoire, a été exceptionnelle sur un
seul point. Les infrastructures footballistiques locales ont été de niveau international. La qualité,
l’efficacité et le coût des services ferroviaires sont au moins aussi bons, voire meilleurs, que ceux des
meilleurs au monde. L’hospitalité marocaine, avant, pendant et après le tournoi, a été remarquable. La
tache noire aura été la tenue des matches. S’ils se sont bien déroulés durant les phases de Groupes
avec presque zéro incident, les couacs ont fait leur apparition pendant les phases à élimination directe
avec principalement le match de 8e de finale Maroc-Tanzanie qui sera le point de départ de la mauvaise

qualité de l’arbitrage.

Selon le journaliste nigérian Kunle Ayovi, dans les compétitions internationales qu’il abrite, le Maroc doit
impérativement renforcer la sécurité dans les stades afin de contenir la colère des supporters et d’éviter
que les tensions ne dégénèrent en émeutes lorsque les décisions sont défavorables à l’équipe locale. Il
est inacceptable de voir des officiels et des joueurs marocains (dont Hakimi) jeter délibérément la
serviette du gardien sénégalais (servant à essuyer ses gants pendant le match).
Le même comportement a été observé contre le Nigeria, avec notamment une insulte raciste proférée
par un supporter marocain qui a jeté une banane sur le gardien nigérian Nwabali. Ces agissements
étaient puérils, inutiles et extrêmement provocateurs. Ils ont terni l’image de l’hospitalité exceptionnelle et
bienveillante dont les Marocains font toujours preuve envers les étrangers.
A son avis, la CAF doit renforcer la formation des arbitres et de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) afin
de minimiser les décisions controversées dans les moments cruciaux et de réduire les risques de litiges
et de retards prolongés. Lors de plusieurs matchs du tournoi, le niveau d’arbitrage était bien en deçà des
normes internationales acceptables. Ces erreurs d’arbitrage ont nui à la crédibilité de la compétition. Des
décisions ont été prises à tort, et d’autres, pourtant justifiées, n’ont pas été prises.
Par conséquent, les médias et les supporters étaient fondés à soupçonner une collusion entre les
arbitres, favorisant une équipe au détriment de l’autre. Que ce soit vrai ou non n’est pas la question.
Parfois, la perception est la réalité ! Si le Maroc veut réussir la coupe du monde qu’il va coorganiser avec
l’Espagne et le Portugal en 2030, il lui faudra bien veiller sur ce volet arbitrage. En tant que pays hôte de
la CAN, et en vue de la Coupe du Monde 2030, le Maroc devra considérer cette compétition comme un
test majeur et investir dans des stratégies renforcées de gestion des foules, notamment en renforçant la
présence des forces antiémeutes, afin de protéger les joueurs, les officiels et les supporters lors des
matches tendus.

La panenka qui a perdu le Maroc

Buteur en série jusqu’à la finale, l’attaquant marocain Brahim Diaz est passé du statut de héros national
à celui de symbole de la défaite. Sa panenka manquée dans les tous derniers instants du temps
additionnel a refroidi le gigantesque stade de Rabat. Le destin d’un footballeur peut être particulièrement
cruel. Celui de l’attaquant marocain Brahim Diaz s’est joué en quelques secondes, le dimanche 18
janvier.
Alors qu’il avait entre les pieds l’occasion d’offrir le trophée à son pays, le joueur du Real Madrid, a
manqué son penalty. À la surprise générale, celui qui avait inscrit jusque-là cinq buts dans la compétition
a tenté une panenka beaucoup trop molle qui a terminé sans difficulté dans les bras du gardien
sénégalais Edouard Mendy.
Héros du Maroc pour avoir marqué à chaque match jusqu’au quart de finale inclus, Diaz avait
bruyamment demandé un penalty pour un léger accrochage avec El-Hadj Malick Diouf dans les
dernières secondes du temps réglementaire. Le défenseur sénégalais lui a mis la main sur l’épaule
gauche, mais le Madrilène a nettement accentué sa chute. Ensuite, il a contesté auprès du juge de ligne
et de l’arbitre central, réclamant la consultation de la VAR.
Dans le vacarme du stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala
Ngambo, protégé par les forces de l’ordre et sous la pression de membres des deux sélections, est allé
lui-même se placer devant le petit écran vidéo. Il a jugé qu’il y avait bien faute et a ordonné le penalty
dans une clameur immense. Et il a déclenché la fureur des sénégalais qui ont pendant quelques minutes
quitté la pelouse, avant que l’emblématique Sadio Mané ne leur demande de revenir sur le terrain.
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Le Maroc abritera-t-il la finale du Mondial 2030 ?


Le fiasco de la finale de la CAN 2025 pourrait avoir une sacrée incidence au Maroc pour une autre
compétition qui s’annonce : la Coupe du monde 2030. En effet, la finale de la CAN 2025 entre le Sénégal
et le Maroc a dépassé largement le cadre du football africain, et cela pourrait coûter cher aux « Lions de
l’Atlas ». Selon le média espagnol AS, les images chaotiques de Rabat ont fait le tour du monde au pire
moment possible pour le royaume chérifien, alors que la FIFA s’apprête à trancher sur le lieu de la finale
de la Coupe du monde 2030, disputée conjointement par l’Espagne, le Maroc et le Portugal.
« Sur le terrain comme autour, la finale a laissé une impression désastreuse. Tentative d’envahissement
de terrain dans un virage du stade, gestion sécuritaire jugée insuffisante, scènes de confusion
interminables après le penalty accordé au Maroc, puis raté par Brahim Diaz. À cela s’ajoutent des
images qui choquent les observateurs : ramasseurs de balle et joueurs marocains tentant d’arracher la
serviette d’Edouard Mendy pour l’empêcher de sécher ses gants, une scène déjà observée en demi-

finale contre le Nigeria ». Pour AS, ces comportements sont « inadmissibles pour une finale de ce niveau».
Une bonne pioche pour les espagnols en lutte avec les marocains pour abriter la finale du mondial 2030.
Une autre guerre des tranchées que le Maroc n’avait certainement pas besoin au moment où le pays est
critiqué de toutes parts pour la gestion de certains matches de cette CAN 2025.
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Fouzi Lekjaa, l’homme fort


Au centre de cet imbroglio sportif, un homme aussi puissant qu’on le pense et qui, selon certains, tire les
ficèles de tout ce qui touche aux « Lions de l’Atlas ». Président tout-puissant de la Fédération Royale
Marocaine de Football et Vice-Président de la CAF, Fouzi Lekjaa a vécu cette finale comme une
humiliation personnelle, un scénario inattendu joué devant les dignitaires et toute une nation. En fait cet
homme dont on accuse de tous les maux dans l’organisation de cette CAN, mais aussi et surtout son
influence grandissante au sein de la CAF, n’est pas passé inaperçu.
Pour qui le connaît et ses écarts de conduite notoires, il est pour le moins surprenant de l’entendre
s’indigner aujourd’hui du comportement de l’entraîneur sénégalais. Face à une décision qu’il a jugée
injuste, Pape Thiaw n’a ni proféré d’insultes ni fait preuve d’agressivité envers l’arbitre. Il a tout juste
demandé à ses joueurs de quitter le terrain et se mettre à l’abri face à l’agression dont ceux-ci ont fait
l’objet de la part du service d’ordre, des stadiers, ramasseurs.
Ce fut tout le contraire de Lekjaa si « respectable », qui s’est illustré à plusieurs reprises par des actes
condamnables : agression physique contre un arbitre, insultes envers un trio arbitral féminin namibien
lors de la finale de la CAN féminine que le Maroc avait abritée et perdue en juillet 2025, invectives contre
des officiels lors de la Coupe du Monde U17 après la défaite du Maroc contre le Brésil, etc.
En 2019, selon un rapport officiel et des témoins, Fouzi Lekjaa aurait porté un coup de tête à l’arbitre
international éthiopien Bamelak Tesema après la finale de la Coupe de la CAF opposant Zamalek au RS
Berkane, dont il était alors le président. Malgré une plainte de la Fédération éthiopienne, l’affaire fut
classée sans suite par la CAF… où il siégeait comme 3ème Vice-Président. Ce monsieur est vraiment
puissant au sein de la CAF car lui et d’autres officiels marocains auraient ensuite accusé la CAF de
partialité et menacé les arbitres. La FRMF avait déposé une plainte officielle, qui avait abouti en Juillet
2025 au remplacement du Directeur des Arbitres de la CAF, l’ivoirien Désiré Noumandiez Doué. Gianni
Infantino et Patrick Motsepe étaient informés.
Puis, en novembre 2025, après l’élimination du Maroc contre le Brésil en Coupe du Monde U17, Fouzi
Lekjaa a une nouvelle fois violemment critiqué l’arbitrage. Aucune sanction n’a suivi. Et plus récemment
encore, ce vendredi, selon des sources fiables relayées par Romain Molina, il aurait insulté et menacé
en réunion du Comité Exécutif de la CAF le président de la Fédération nigériane, Ibrahima Gusau, le
traitant de « fils de p*** » et d’ingrat. Le crime de ce dernier ? Avoir dénoncé l’arbitrage de Maroc-Nigeria
en demi-finale. C’est également à l’influence de Fouzi Lekjaa et de Patrick Motsepe que l’on devrait la
lourde suspension de Samuel Eto’o (4 matches) et son amende de 20 000 $ pour un geste de colère en
tribune lors du quart de finale Cameroun-Maroc.
Au regard de son parcours, Fouzi Lekjaa est bien la dernière personne qui devrait se poser en gardien
de l’équité et du fair-play. Avec ses « amis » et « protecteurs » Gianni Infantino et Patrick Motsepe, il
participe à une omerta qui étouffe le football africain, grâce à des arrangements et des combines qui les
rendent intouchables, baignant dans une hypocrisie et une arrogance sans borne. Sur ce plan, on attend
avec impatience et intérêt la réponse des nouveaux dirigeants du football sénégalais face à ces
menaces de sanctions.
Oui, Pape Thiaw n’avait pas réfléchi sur le qui-vive. En menaçant de quitter l’aire de jeu en pleine finale
pour protester contre un arbitrage scandaleux, il a malheureusement et involontairement mis le doigt sur
une plaie infectieuse. C’est tout l’appareil d’un système opaque qui s’est soudain senti mis à nu sous les
projecteurs mondiaux. La bête blessée, bien sûr, va tenter de mordre. En maître des provocations et des
passe-droits, Fouzi Lekjaa fait la pluie et le beau temps au sein des instances de la CAF.
Malheureusement dans cette CAF, seule une minorité ose lever le petit doigt face à une majorité
silencieuse qui continue à avaler les couleuvres. Ses comportements ont fini par ternir non seulement
l’image du Maroc, pourtant salué pour la qualité globale de l’organisation logistique de la CAN, mais
surtout celle de la CAF. L’instance continentale apparaît aujourd’hui affaiblie, incapable d’imposer
l’autorité de ses règlements face aux pressions, au lobbying et aux ingérences marocaines à travers la
FRMF.
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Vers une réforme de la CAF ?


Cette crise survient alors que la CAF est déjà fragilisée par la situation de son secrétaire général, Véron
Mosengo-Omba, qui a atteint la limite d’âge et ne peut plus exercer depuis octobre. Longtemps en conflit
avec Lekjaa avant une paix de façade, il est désormais sur le départ, laissant une Confédération sous
pression, sommée de blanchir son image après une CAN marquée par le désordre et les polémiques.
« Maintenant, des sanctions sont promises et attendues contre des membres de la délégation
sénégalaise. Mais se focaliser uniquement sur cet aspect serait une erreur. Le véritable problème est
systémique. Les agissements répétés de la FRMF et l’attitude de son président n’ont fait qu’exposer au
grand jour une CAF minée par les passe-droits et l’absence de courage politique. De plus en plus, le
football africain réclame une Confédération plus calme, plus responsable et plus juste. Une CAF capable
de sanctionner sans distinction, de mettre fin aux ingérences et de protéger l’essence même du jeu. La
finale Maroc-Sénégal restera peut-être comme un grand moment de football. Mais elle pourrait surtout
marquer le point de rupture d’un système arrivé à saturation », s’est prononcée une voix autorisée du
milieu du sport.
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AWARDS DE LA CAN 2025
Des distinctions qui font grincer


Les incongruités, il y en a eu à l’issue de cette finale Sénégal-Maroc, notamment en ce qui concerne les
distinctions. Le Sénégal est champion d’Afrique et on n’en disconvient pas, Sadio Mané est élu meilleur
joueur de cette CAN 2025, Brahim Diaz meilleur buteur avec 5 buts, Ibrahim Mbaye plus jeune joueur à
remporter une finale de CAN, après le ghanéen Abedi Pelé en 1982. Jusque-là les bons choix ont
répondu à l’attente du public et des supporters. Mais là où le bats blesse c’est quand le marocain
Yassine Bounou est élu meilleur gardien au détriment du sénégalais Edouard Mendy ou encore Achraf
Hakimi comme joueur fair-play.
Rien que sur son geste appelant ses coéquipiers à revenir sur la pelouse, aurait conduit le jury à élire
Sadio Mané à cette distinction. Mais il fallait satisfaire les caprices de Fouzi Lekjaa. Achraf Hakimi qui
s’est illustré de mauvaise manière dans l’histoire de la serviette n’avait pas sa place dans cette liste des
élus ; lui qui devait donner le bon exemple s’est montré sous sa face hideuse de capitaine dans un autre
registre. En tout cas, l’éthique et la crédibilité de la CAF y ont pris un sacré coup. En fait, pour la CAF
rien n’est trop joli pour les beaux yeux de Fouzi Lekjaa.
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Le vibrant hommage de l’Archéveque d’Alger à Sadio Mané


L’archevêque d’Alger Mgr Jean Paul Vesco, a rendu un vibrant hommage à Sadio Mané : « La plus
grande leçon de leadership de ma vie »
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le cardinal Mgr Jean‐Paul Vesco, archevêque d’Alger,
a rendu un hommage appuyé à Sadio Mané, saluant chez l’international sénégalais un leadership qu’il
décrit comme profondément ancré dans le courage, l’humilité et la responsabilité.
Un texte au ton à la fois admiratif et méditatif, où le prélat dit avoir reçu « la plus grande leçon de
leadership de sa vie » en observant l’attitude du footballeur lors d’un match sous forte tension. C’est
alors, écrit-il, que Sadio Mané choisit de ne pas céder à la confusion. Il le décrit « debout, seul sur le
terrain », allant même « contre les ordres de son entraîneur », et prenant sur lui de rappeler ses
coéquipiers à l’essentiel. Le cardinal d’Alger rapporte les mots qu’il lui prête : « Soyons des hommes ! »
un cri d’appel à la dignité, à la tenue, à l’honneur.
Dans le message du prélat, cet instant marque un basculement. Les joueurs reviennent, se
ressaisissent, et la dynamique du match se transforme. L’équipe, écrit-il, renverse alors le cours des
événements « de la façon la plus inattendue qui soit » et parvient à « ramener finalement la victoire » à
son pays. Le cœur du message n’est pas tant la performance sportive que l’acte de leadership : tenir
debout quand tout se délite, choisir la responsabilité quand l’échappatoire semble plus facile.
« Ce dimanche soir 18 décembre 2026, j’ai reçu la plus grande leçon de leadership de ma vie… Quel
homme ! » écrit Mgr Vesco, évoquant une équipe tentée par le découragement et un joueur choisissant,
au contraire, l’exigence et la tenue face à l’adversité.
Au‐delà de l’épisode sportif, le cardinal insiste sur l’image d’un homme « reconnu par tous pour ses
qualités humaines », menant une vie simple et engagée dans le partage. Il rappelle notamment la

réputation de générosité du joueur, souvent cité pour ses actions de solidarité et ses investissements au
bénéfice de communautés au Sénégal.
En conclusion, Mgr Vesco salue la capacité de Mané à « tirer sa révérence le moment venu » et résume
son hommage d’une formule solennelle : « Chapeau bas Monsieur Mané ! »
Une formule simple, mais chargée de sens, qui dit l’estime pour un leadership perçu comme rare :
courageux dans l’épreuve, humble dans la victoire, responsable dans l’action.

COUVERTURE DES COMPETITIONS DE LA CAN
L’AIPS/Afrique honore des journalistes sportifs


Ils ont couvert dix (10) CAN ou plus contre vents et marées, sous la pluie ou le soleil et parfois
même dans l’insécurité en pays étranger. Mais ils se sont acquittés avec professionnalisme et
déontologie de la mission qui leur a été confiée ; c’est à dire rendre fidèlement compte de ce
qu’ils ont vécu sur les terrains d’Afrique. Ces hommes de la plume, du micro ou de la caméra, ce
sont les journalistes sportifs africains qui ont fait honneur à l’Association internationale de la
Presse Sportive/Section Afrique (AIPS/Afrique).
Le nouveau bureau Afrique de la FIFA à Rabat a reçu à quelques heures de la finale de la CAN Maroc
2025, les reporters sportifs du continent dans le cadre d’une cérémonie solennelle organisée par
l’AIPS/Afrique. La 2e édition des AIPS/Afrique Awards ou « Journalistes sur le podium », a vécue un des
moments les plus intenses de son existence. Cette organisation présidée par notre compatriote
Abdoulaye Thiam, par ailleurs président de l’ANPS (Association Nationale de la Presse Sportive
Sénégalaise), a rendu un vibrant hommage à des journalistes africains ayant couvert 10 Coupes
d’Afrique des nations (CAN) ou plus.
Parmi eux, d’illustres doyens de la presse sportive sénégalaise comme votre serviteur, Cheikh
Fantamady (ex Soleil), Adama Kandé (2sTv) et Youssouph Badji (Vox Pop) mais aussi Abdoulaye Diaw
(ex RTS), Mamadou Koumé (ancien DG de l’APS), Pape Saine (Gambie), Amadou Touré (Mali), Nana
Paul Sabin (Cameroun), Moctar Hmima (Tunisie), entre autres.
Ce fut d’abord un message vidéo du président de l’AIPS/Monde Gianni Merlo qui a félicité les
récipiendaires avant que le président Abdoulaye Thiam ne prenne la parole pour évoquer la célébration
d’une excellence. « Ce n’est pas ma fête, nous sommes réunis pour célébrer l’excellence. Nous sommes
au Maroc pour fêter le football africain. L’AIPS a fêté ses 100 ans en été 2024 à Paris, en France. Elle
est donc plus ancienne que la CAF. Nous avons jugé important de fêter l’excellence. En effet, nous
avons l’habitude de parler des joueurs, dirigeants mais il est très rare de parler de nous », a-t-il dit. Selon
lui, si toutes ces personnalités sportives ont été mises sur orbite, c’est grâce à la presse (radio, télé,
presse écrite, web).
Aussi, il a indiqué que l’Afrique est le continent de l’avenir, car sur les 3500 accrédités, l’écrasante
majorité est composée de journalistes africains qui sont venus porter le flambeau. « Le drapeau africain
doit donc trôner partout. L’idée de ces AIPS Awards était de récompenser les journalistes qui ont eu à
couvrir 10 CAN. Mais il ne faut pas oublier ceux qui ont marqué leur temps. Par exemple, moi, je ne pèse
pas assez lourd devant Mamadou Koumé, Abdoulaye Diaw, Cheikh Fantamady Kondé (Guinée) et
autres ainés qui ont montré le chemin à suivre non sans accompagner les générations de journalistes. Je
les remercie pour ce qu’ils ont fait pour leurs pays. », a déclaré Abdoulaye Thiam.
Invité à cette cérémonie, le directeur de la communication de la CAF, Luc September, a insisté sur la
nécessité de rester unis pour frapper plus fort. Pour, dit-il, apporter de la valeur ajoutée et non rester un
réservoir de voix. De son côté, Mohamed Ben Chérif, représentant de l’Association sportive marocaine, a
convoqué le message du Roi Mohamed VI sur le rôle de la presse sportive en tant que partenaire
incontournable.
D’où la nécessité à agir, selon lui, en toute liberté et responsabilité dans le respect des règles du sport de
manière à toujours faire prévaloir ses intérêts. « A travers cet événement, l’AIPS Afrique célèbre la
longévité et la crédibilité du football sur l’échiquier mondial. C’est de longues années de passion et
d’engagement au service du football africain », a-t-il ajouté.
Le président de la FIFA, Gianni Infantino, qui a débarqué au moment de la remise des prix, a souhaité la
bienvenue aux reporters sportifs au Bureau de la FIFA/Afrique à Rabat : « Vous êtes chez vous. C’est un
plaisir d’être ici, avec vous, un moment de bonheur, de joie, le jour de la finale de cette CAN qui a montré
le niveau atteint par le football africain. Nous devons être fiers de ce qu’a fait la CAF, mais aussi le Maroc
et les pays participants. Je m’en réjouis car c’est l’année de la Coupe du monde. On part donc, de la

meilleure des façons, vers un Mondial qui verra 9 ou 10 pays africains participants, après des décennies
où il y en avait 5 », a dit le président de la FIFA.
A son avis, le monde pourra voir par lui-même ce que l’Afrique peut faire. « Merci d’être toujours
présents pour relater les idoles, ceux qui font battre le cœur des fans. C’est grâce à vous que le football
est ce qu’il est. C’est pourquoi, en tant que président de la FIFA, je vous remercie toujours pour ce que
vous faites. Lors du dernier Mondial U20, au Chili, j’ai rencontré des jeunes reporters de l’AIPS Monde.
Ils ont relaté ce Mondial remporté par le Maroc avec passion. Je leur ai dit qu’un journaliste peut dire ce
qu’il veut, de belles choses, critiquer les joueurs et dirigeants, mais ce qu’il faut toujours garder, c’est de
protéger le jeu, le football. Parce qu’il y a des millions de filles et de garçons qui aiment le football et qu’il
faut aider afin qu’il en soit ainsi encore. » A l’issue de son intervention, Gianni Infantino a remis un prix à
Abdoulaye Thiam qui a aussi couvert plus de 10 CAN.

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