Finale de la CAN: Attention à l’injustice, chers dirigeants de la FIFA et de la CAF
La finale de la Coupe d’Afrique des Nations disputée à Rabat restera gravée dans les mémoires, non seulement pour l’exploit sportif du Sénégal, mais surtout pour les graves manquements arbitrales qui ont entaché cette rencontre.
Dès les premières minutes, les Lions de la Teranga ont été confrontés à des décisions contestables : un but sénégalais injustement refusé, une faute imaginaire sifflée avant la fin de l’action, puis une succession de coups de sifflet systématiquement défavorables aux coéquipiers de Sadio Mané. À cela s’ajoute une distribution abusive de cartons jaunes à l’encontre des joueurs sénégalais, visiblement sous pression dans un stade acquis à 98 % à la cause marocaine.
Face à cette adversité, les Gaïndés ont fait preuve d’un mental d’acier. Ils ont continué à jouer, sans excès de protestation, avec discipline et dignité, incarnant l’image d’un football africain mature et responsable.
Mais à la 90ᵉ minute, l’inacceptable survient : un penalty imaginaire est accordé au Maroc. Le Sénégal proteste légitimement. Son sélectionneur, Pape Thiaw, dans un moment de colère compréhensible face à l’injustice flagrante, appelle ses joueurs à quitter le terrain. Le match est interrompu pendant plus de dix minutes, signe du malaise profond qui s’est installé.
C’est alors que la sagesse et le sens de l’honneur sénégalais reprennent le dessus. Claude Le Roy et El Hadj Diouf conseillent à Sadio Mané de ramener ses partenaires sur le terrain. Le capitaine s’exécute. Le jeu reprend. Le penalty est tiré… et manqué par Brahim Díaz. La vérité sportive refuse d’être travestie.
En prolongation, le Sénégal impose sa supériorité. Sur une frappe lourde, limpide et incontestable, Pape Gueye libère tout un peuple. Le Sénégal s’impose et climatise un stade plein à craquer, remportant le trophée avec mérite et panache.
Et pourtant, au lieu de saluer la résilience et la grandeur de cette équipe, voilà que des menaces de sanctions planent sur le Sénégal, sous le diktat supposé de la FIFA et de la CAF. Une telle posture serait une double injustice : sanctionner la victime plutôt que de questionner les décisions arbitrales ayant provoqué cette situation.
Il est temps que le football africain soit enfin respecté.
L’Afrique n’a aucune leçon de civilisation ou de fair-play à recevoir de qui que ce soit. Ce continent est le premier pourvoyeur de talents dans les plus grands championnats européens. La CAN n’a rien à envier à l’Euro, ni en intensité, ni en passion, ni en qualité.
Nous sommes fiers d’être Sénégalais. Nous ne regrettons rien. Pape Thiaw a d’ailleurs fait preuve de responsabilité en présentant ses excuses. Mais reconnaître une émotion humaine ne signifie pas accepter l’injustice.
Sanctionner le Sénégal après tout ce qui s’est passé à Rabat serait une erreur grave, une décision injuste et dangereuse pour la crédibilité du football africain.
Chers dirigeants de la CAF, revoyez votre copie.
L’histoire, les peuples et la justice sportive vous regardent.
Mamadou Biguine Gueye
Journaliste écrivain
