Lions du Sénégal: La solidité de nerfs à tous bords
De notre envoyé spécial au Maroc : Cheikh Fantamady Keita
C’était serrée, très tendue, électrique à la limite ; mais les « Lions » ont tenu malgré les instants
ubuesques crées par l’arbitre congolais Jean Jacques Ngambo Ndala et qui ont débouché sur le
pénalty de la honte qui…a finalement été raté par le meilleur buteur de cette CAN, Brahim Diaz.
Et, il fallait être fort, très fort pour remporter cette finale-là, face au Maroc, porté par près de 65
000 spectateurs, poussé par les millions de prières psalmodiées dans tout le Royaume.
Et surtout se relever d’une décision arbitrale qui aurait dû décider du sort de cette rencontre.
Heureusement, les dieux du football en ont décidé autrement et évité que cela ne soit la finale de la
honte. Pas sur un coup de sifflet du Congolais Jean-Jacques Ngambo Ndala qui a failli rester dans
l’histoire si le pénalty de Brahim Diaz avait été marqué. Et pourtant le coach marocain, Walid Regragui
avait averti à la veille de cette finale : « Il faudra une équipe du Sénégal très forte pour venir nous battre
chez nous ». Le Sénégal a été immense, quand le vent marocain a soufflé très fort. Et s’il avait eu un
brin de réalisme en première période, il aurait certainement plié la rencontre avant la prolongation et
éviter le tournant de cette fameuse 98e minute.
Ce n’est jamais bon signe de voir un arbitre acteur principal d’une rencontre, à la place des joueurs.
C’est ce que le congolais a failli réussir hier devant le monde du football qui était venu pour voir un duel
de belle facture entre les deux meilleures équipes de la compétition. Mais cet accrochage entre El Hadji
Malick Diouf et Brahim Diaz dans un duel sur un corner a provoqué le scandale. Car les marocains,
maitres dans l’art de simuler, ont embarqué l’arbitre central et la VAR qui n’y ont vu que du feu.
Mais les dieux du football avaient écrit quelque part que ce pénalty ne franchirait pas la ligne de but et
que c’est plutôt Pape Guéye qui scellerait le sort des marocains. Que s’est-il passé dans la tête du
meilleur buteur de cette CAN pour oser tenter une panenka, mal exécutée du reste, devant le grand
Edouard Mendy ? Car cette occasion transformée aurait pu lui permettre de devenir le héros de toute
une nation et donner à son pays un second trophée qu’il recherche 1976.
Dés lors, Walid Regragui et ses joueurs n’avaient plus rien à perdre et cette finale avait pris l’allure d’une
folie furieuse entre le Maroc qui jouait son va-tout, attaque à tout-va, et un Sénégal qui s’accrochait à son
avantage comme un naufragé sur une bouée de sauvetage en pleine mer. Les occasions se sont
multipliées comme les sauvetages de Bono et de Mendy. Pour tout dire, ce serait insensé d’essayer de
lister les occasions de but de part et d’autre durant cette prolongation. Mais il a fallu deux immenses
gardiens pour ne pas voir plus de buts dans cette finale.
Les « Lions » ont gagné parce qu’ils ont su héroïquement garder leur avantage, aidés par l’expérience
de Sadio Mané, Edouard Mendy et Idrissa Gana Guéye, une nouvelle fois immense. Cette équipe du
Sénégal a étalé une maturité au cours de cette CAN dont l’apothéose a été cette finale. Il n’y avait
pourtant pas son capitaine Kalidou Koulibaly et Habib Diarra (suspendus) ni Krepin Diatta, forfait à
quelques minutes de la finale (malade). Et ce Maroc-là, intraitable en quarts face au Cameroun, qui a
éteint le Nigeria en demi-finale, a été incapable de trouver la clé face à un Sénégal qui a gagné la
bataille de la possession.
Incontestablement, ce sont les deux équipes du tournoi comme de l’Afrique qui se sont affrontées ce
dimanche 18 janvier. Ce fut un beau match, magnifié par les applaudissements du public au moment de
l’hymne marocain. Mais une image restera : celle des sénégalais et marocains qui se sont embrassés à
la fin du match après avoir été très près de s’envoyer des coups. Le meilleur a gagné et la Coupe
retourne à Dakar, après le premier sacre de 2022 au Cameroun.
