Affaire Aser: «Où sont passés les 37 milliards ?» : Thierno Alassane Sall charge frontalement le PASTEF
Dans une déclaration au vitriol publiée sur sa page X, Thierno Alassane Sall accuse le PASTEF de manipulation et de diversion dans le dossier explosif de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER). Près de deux ans après le lancement du projet, le bilan annoncé est jugé dérisoire au regard des engagements financiers et des objectifs initiaux. L’ancien ministre interpelle l’opinion : où est passé l’argent public ?
Le scandale présumé autour de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) refait surface avec fracas. Cette fois, c’est Thierno Alassane Sall qui monte au créneau, accusant le PASTEF de tenter une opération de diversion face à un dossier qu’il qualifie d’« indécent ».
Dans un message sans concession publié sur le réseau social X, l’ancien ministre de l’Énergie affirme que le parti au pouvoir « prend les Sénégalais pour de grands enfants ». En ligne de mire : la communication officielle autour du projet d’électrification rurale, présentée récemment comme un succès à travers l’annonce de l’électrification d’une quarantaine de villages.
Un chiffre jugé largement insuffisant, voire trompeur, par Thierno Alassane Sall. « Près de deux ans après le lancement du projet, alors que les deux tiers du calendrier sont écoulés, au moins 1 000 villages devaient être électrifiés », rappelle-t-il. Pour lui, brandir une quarantaine de localités comme bilan relève d’une « manipulation » destinée à masquer l’ampleur du retard et l’absence de résultats concrets.
Mais au-delà du faible taux d’exécution, c’est surtout la question financière qui cristallise la polémique. « Où sont passés nos 37 milliards ? », interroge frontalement Thierno Alassane Sall, mettant en doute l’existence même des financements annoncés. « Pas de preuve, pas de financement. La propagande et les manipulations n’y changeront rien », assène-t-il.
Ces déclarations relancent le débat sur la gouvernance des projets publics, la transparence dans la gestion des fonds et la reddition des comptes, dans un contexte où l’électrification rurale demeure une attente majeure pour des milliers de villages sénégalais.
À ce stade, aucune réponse officielle détaillée n’a encore été apportée aux accusations précises formulées. Mais une chose est certaine : le dossier ASER s’impose de nouveau comme un test politique et moral pour le pouvoir, sommé de fournir des explications claires, chiffrées et vérifiables.
Au-delà de la polémique, une exigence demeure : la vérité sur l’utilisation des deniers publics et le respect des engagements pris envers les populations rurales.
Abdou Latif NDIAYE
