Critique frontale: Gueum Sa Bopp dénonce une “rupture imposture” et pose sept exigences au pouvoir
Le Mouvement Gueum Sa Bopp, les «Jambaars», accuse le régime du président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko d’avoir trahi l’espérance populaire. Dans un communiqué au ton sévère publié ce 7 janvier 2026, le mouvement dresse un réquisitoire contre la gouvernance actuelle et formule sept exigences qu’il qualifie de non négociables.
Le désenchantement s’installe, selon Gueum Sa Bopp. Dans un communiqué incisif rendu public à Dakar, le mouvement de Bougane Gueye Dany affirme que la rupture promise par le duo Diomaye–Sonko s’est transformée en une «rupture avec le peuple», en particulier avec les couches populaires, les Goorgoorlou, aujourd’hui confrontés à une dégradation continue de leurs conditions de vie.
Cherté de la vie jugée insoutenable, chômage persistant, jeunesse «sacrifiée», étudiants précarisés, hôpitaux en difficulté et monde rural marginalisé : le tableau dressé est sombre. «Le peuple souffre, le régime parade», accuse les camarades de Bougane, qui fustigent une gouvernance qualifiée d’«hors-sol», marquée par l’improvisation, l’opacité et une jouissance du pouvoir en décalage avec la réalité sociale.
Reddition des comptes en panne
Au cœur des critiques figure la reddition des comptes, pourtant brandie comme pilier fondateur du nouveau régime. Gueum Sa Bopp estime que cette promesse a été vidée de sa substance et transformée en un mécanisme sélectif, inefficace dès lors que les cercles du pouvoir sont concernés. Le mouvement évoque une justice «tétanisée» face à l’Exécutif.
La gestion économique n’est pas épargnée.
Le communiqué alerte sur une dette publique jugée galopante, contractée dans des conditions «opaques et léonines», mettant en péril l’avenir du pays. La dégradation des notations, la méfiance des partenaires et l’effritement de la crédibilité internationale du Sénégal sont présentés comme des signaux alarmants d’une gouvernance défaillante.
Opacité sur les ressources et chiffres contestés
Gueum Sa Bopp dénonce également la rétention d’informations publiques, la confiscation de rapports institutionnels et l’absence de transparence dans la gestion des ressources naturelles. Selon le mouvement, ces pratiques violent les principes fondamentaux de contrôle citoyen et nourrissent la défiance.
La campagne arachidière cristallise aussi les critiques.
Le mouvement pointe de graves contradictions entre les chiffres avancés par les autorités, évoquant tour à tour 62 000 tonnes puis 450 000 tonnes achetées, alors que, sur le terrain, les producteurs protestent et que des enseignants contractuels attendent toujours le paiement de leurs salaires.
Sept exigences “non négociables”
Face à ce qu’il qualifie de «dérive grave», Guem Sa Bopp énonce sept exigences majeures, parmi lesquelles la publication intégrale de la situation réelle de la dette publique, la levée de la «séquestration» des rapports de l’IGE, de l’OFNAC et de la Cour des comptes, ainsi qu’une reddition des comptes sans protection politique.
Le mouvement exige également la publication immédiate et vérifiable des déclarations de patrimoine de plusieurs hauts responsables de l’État et des entreprises publiques stratégiques, estimant qu’il s’agit d’un test de crédibilité et non d’un exercice de communication. La suppression des caisses noires, l’activation du Pôle judiciaire financier sur des dossiers précis et une transparence totale sur la gestion agricole figurent aussi parmi les revendications.
Un avertissement politique
En conclusion, Guem Sa Bopp affirme refuser « le silence, l’indifférence et la résignation ». Le mouvement prévient qu’il ne reculera pas et que « la vérité s’imposera », estimant que l’histoire jugera la gouvernance actuelle. Un message clair adressé au pouvoir, dans un contexte où les attentes populaires restent fortes et la pression sociale bien réelle.
Abdou Latif NDIAYE
