Social / Énergie et Mines: 44 agents en cessation d’activités dénoncent 20 mois de “confiscation salariale”
Face à ce qu’ils qualifient de licenciement illégal et de mépris administratif persistant, les 44 agents en cessation d’activités du ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines annoncent la reprise de la lutte. Marches et sit-in sont programmés à Dakar et dans les régions, malgré des engagements écrits des autorités et des instructions présidentielles restées sans suite.
Le Collectif des 44 Agents en Cessation d’Activités du ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines est de nouveau monté au créneau. Dans un communiqué rendu public ce 6 janvier 2026 à Diamniadio, les concernés dénoncent vigoureusement la confiscation de leurs salaires et de leurs droits sociaux depuis plus de vingt mois, qu’ils imputent directement au ministre Birame Souleye Diop et au Directeur de l’administration générale et de l’équipement (DAGE), Abdoulaye Ndiaye.
Selon le collectif, cette situation perdure en dépit de plusieurs actes et engagements officiels censés régler définitivement leur sort. Parmi eux, la signature du décret n°2024-3524 du 20 décembre 2024 instituant le Comité de Gestion du Développement Géologique et Minier, organe stratégique chargé notamment du suivi des activités et des recrutements au sein du ministère.
Les agents rappellent également le Pacte social pour une croissance inclusive et durable, signé le 1er mai 2025 par le Premier ministre Ousmane Sonko, ainsi que l’installation, le 27 octobre 2025, du Comité de suivi de la mise en œuvre dudit pacte. Autant de cadres institutionnels qui, selon eux, auraient dû permettre leur réintégration.
Le communiqué souligne en outre des engagements précis pris lors d’une réunion restreinte tenue le 6 août 2025 au ministère du Travail, au cours de laquelle le représentant du ministre et le DAGE s’étaient engagés à réintégrer l’ensemble des 44 agents avant la fin de l’année 2025. À cela s’ajoutent les assurances données par le secrétaire général du Syndicat des Mines devant l’Assemblée générale du Front syndical pour la défense du travail, ainsi que l’installation effective du Comité de Gestion pour le Développement Géologique et Minier depuis le 16 octobre 2025.
Malgré ces engagements et, selon le collectif, « toutes les instructions données par le Président de la République Bassirou Diomaye Faye », les autorités de l’administration minière resteraient « figées » sur une position assimilée à un licenciement illégal de travailleurs qualifiés et expérimentés.
Face à ce qu’ils qualifient de léthargie et de lenteur administrative injustifiée, les 44 agents annoncent la reprise de la lutte par toutes les voies légales. Une marche de protestation est prévue ce vendredi 16 janvier 2026 à Dakar, suivie de sit-in devant les directions régionales des Mines le 22 janvier 2026.
Par cette mobilisation, le collectif entend non seulement obtenir la réintégration immédiate des agents concernés, mais aussi attirer l’attention des autorités et de l’opinion publique sur une crise sociale qui, selon eux, met à mal la crédibilité des engagements de l’État en matière de dialogue social et de gouvernance du secteur minier.
Abdou Latif NDIAYE
