Dakar élève la voix pour Bazoum: un collectif international exige sa libération immédiate

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Réunis ce vendredi 2 janvier 2026 à Dakar, des personnalités politiques, universitaires et acteurs de la société civile ont lancé un appel solennel à la communauté internationale et au président sénégalais Bassirou Diomaye Diakhar Faye pour la libération du président nigérien Mohamed Bazoum, détenu depuis plus de deux ans par la junte militaire de Niamey.

 Dakar, capitale de la Teranga et de la démocratie, s’est imposée ce vendredi 2 janvier 2026 comme le nouveau point de ralliement du combat pour la libération du président nigérien Mohamed Bazoum. À l’initiative du Collectif international pour la libération de Mohamed Bazoum, une conférence de presse s’est tenue à l’Hôtel L’Adresse, marquant le début d’une nouvelle phase de mobilisation diplomatique et citoyenne.

Dans une déclaration liminaire forte et sans concession, les représentants du collectif ont rappelé que Mohamed Bazoum et son épouse sont détenus arbitrairement depuis le 26 juillet 2023, sans procès, dans des conditions qualifiées d’inhumaines par plusieurs organisations internationales. Une situation jugée « indigne, illégale et moralement inacceptable » par les intervenants.

Prenant la parole, Talla Sylla, président du parti Jëf Jël, a dénoncé une séquestration qui « porte atteinte aux fondements mêmes de l’État de droit en Afrique ». Il a insisté sur le caractère non partisan de la démarche :

« Ce combat n’est pas politique. Il est moral, juridique et humain. Il s’agit de défendre la démocratie et la dignité africaine. »

La conférence a également été marquée par un témoignage émouvant de Abdoulaye Elimane Kane, ancien ministre de la Culture et professeur de philosophie, qui fut l’enseignant de Mohamed Bazoum à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Évoquant ses années universitaires, il a décrit Bazoum comme « un étudiant brillant, rigoureux, profondément attaché au Sénégal, leader naturel du mouvement estudiantin et défenseur infatigable de ses camarades, armé d’arguments solides et d’une grande autorité morale ».

Nicolas N’Diaye, secrétaire général de la Ligue démocratique, a pour sa part donné lecture d’une lettre ouverte adressée aux Nations unies, à l’Union africaine, à l’Union européenne et à la CEDEAO, appelant à une mobilisation internationale urgente. Cette initiative, selon le collectif, a déjà recueilli plus de 4 000 signatures, dont celles d’anciens chefs d’État, premiers ministres, ministres, parlementaires, ambassadeurs et professeurs d’université à travers le monde.

Le collectif a également lancé un appel direct au président sénégalais Bassirou Diomaye Diakhar Faye, à un moment où le Sénégal s’apprête à jouer un rôle majeur au sein de la CEDEAO. Les organisateurs lui demandent de faire de la libération de Mohamed Bazoum une priorité diplomatique et d’engager une médiation ultime, en s’appuyant sur la tradition sénégalaise de dialogue et de sagesse.

Modérée par Alioune Tine, fondateur d’Afrikajom Center, la rencontre s’est déroulée dans un climat de gravité et de détermination. Plusieurs personnalités, dont Pape Kane, étaient également présentes pour marquer leur solidarité.

En conclusion, le collectif a adressé un message ferme à la junte militaire nigérienne, l’exhortant à choisir « l’issue honorable» : la libération du président Bazoum et l’ouverture d’un processus de réconciliation nationale.

«2026 ne doit pas être une troisième année de captivité, mais celle de la liberté, du pardon et de la réconciliation », ont martelé les membres du collectif, avant de lancer, depuis Dakar, un appel devenu slogan :

«Libérez Bazoum ! Pour l’honneur de l’Afrique.»

 

Abdou Latif NDIAYE 

 

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