Geum Sa Bopp pilonne Sonko-Diomaye: «Un mandat perdu, un peuple trahi»
Les femmes et cadres du mouvement Gueum Sa Bopp – les Jambaars, sous la direction de Bougane Gueye Dany, ont tenu ce jeudi après-midi une conférence de presse à Dakar. Leur diagnostic sur la situation nationale est sans concession : le Sénégal est « à genoux », miné par les inondations, l’inflation, l’injustice et une gouvernance qu’ils qualifient de catastrophique.
Inondations : l’argent englouti, le peuple noyé
Les cadres accusent l’État d’inaction face aux drames répétés chaque hivernage. Selon eux, les inondations ne sont pas des fatalités naturelles mais les conséquences directes de l’échec politique et institutionnel.
Les 766 milliards de francs CFA investis dans le Plan Décennal de Lutte contre les Inondations sont jugés « perdus », absorbés par des marchés opaques et la corruption, alors que les populations continuent de patauger dans l’eau et d’enterrer leurs morts.
Le rituel de l’indécence
Chaque année, déplorent les Jambaars, les Sénégalais assistent au même scénario : ministres bottés sous l’œil des caméras, discours convenus, mais aucune solution durable. Ils estiment que « les inondations tuent plus par la médiocrité des dirigeants que par la colère du ciel».
Le mouvement propose :
un plan stratégique national piloté par une cellule scientifique,
un projet-pilote à Touba pour transformer les bassins de Keur Niang et Darou Rahmane en systèmes d’irrigation,
une surveillance active des crues, avec une protection civile réactive en amont et non après les désastres.
Deux ans de Sonko-Diomaye : le mandat de la désillusion
Près de deux ans après l’alternance, Gueum Sa Bopp estime que le régime en place a échoué. Ils pointent une équipe pléthorique avec 31 ministres et secrétaires d’État pour zéro impact, des libertés verrouillées, une justice fragilisée, un chômage en hausse, une vie chère insupportable, et des entreprises étranglées par la dette intérieure.
Ils dénoncent aussi les déplacements présidentiels à l’étranger, jugés coûteux et sans retombées concrètes pour le pays.
Taxation et vie chère : le peuple à genoux
La pression fiscale est au cœur des critiques. Les Jambaars dénoncent un « matraquage » qui s’attaque directement au pouvoir d’achat, notamment avec l’asphyxie du mobile money. Selon eux, chaque taxe est devenue une contrainte insupportable qui transforme l’espérance née de l’alternance en « pénitence nationale ».
Mairie de Dakar : une démocratie confisquée
Le mouvement qualifie l’affaire Abass Fall de scandale politique. Selon eux, forcer un vote municipal avant la décision de la Cour suprême revient à piétiner l’État de droit. Ils exigent que le mandat de Barthélémy Dias soit rétabli et considèrent que toute autre option constituerait une fraude.
La cruauté sélective et le théâtre de Milan
Les cadres de Gueum Sa Bopp demandent la comparution immédiate d’Abdou Nguer et de Badara Gadiaga, présentés comme des otages de la mouvance présidentielle.
Ils critiquent également le voyage présidentiel à Milan, perçu comme un «spectacle» alors que les Sénégalais font face à de graves difficultés économiques et sociales. En contrepartie, ils mettent en avant les solutions de Bougane Gueye, notamment son projet Tekki, qui prévoit la création d’une Banque de la Diaspora reliée aux agriculteurs pour financer des projets concrets et viables.
La tragédie silencieuse des ménages
La crise sociale occupe une place centrale dans leur plaidoyer : 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, la jeunesse est sacrifiée au chômage et à l’informel, tandis que l’accès à l’éducation, à la santé, à l’eau et à l’électricité demeure un luxe. Les femmes, pilier de l’économie familiale, portent seules le poids de la précarité, aggravée par une inflation persistante.
Le temps des impostures est révolu
En conclusion, les Jambaars jugent que le Sénégal mérite un État sobre, juste et efficace, et non « une mascarade dirigée par des stagiaires ». Ils promettent de poursuivre leur combat contre l’injustice, la mauvaise gouvernance et la trahison politique, convaincus que « l’Histoire jugera et que le peuple décidera».
Abdou Latif NDIAYE
